L'art perdu de prendre des décisions difficiles


12 juillet 2012  |  Mis en ligne à 11h45  |  Modifié à 13h25  |  Andy Nulman
C’est une dure semaine avec le début du Festival Juste pour rire qui en est cette année à sa 30e édition.
 
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Andy Nulman est le fondateur de Just For Laughs et d'Airborne Mobile qu'il a vendu pour 100 M$.
 

Et samedi dernier, j’ai assisté avec Gilbert Rozon à une représentation de Post Mortem, un spectacle muet conçu spécifiquement pour nous.

Dans sa version originale, c’est une oeuvre visuelle spectaculaire et souvent touchante, mais à plus de deux heures, excluant l’intermission, c’est également un spectacle qui est trop long.

Les artisans du spectacle ont réussi en 60 heures de travail acharné à retrancher certaines scènes et en réduire d’autres. Et mardi soir il y avait une amélioration notable.

Mais quand nous nous sommes assis avec l’équipe au terme du spectacle, tout le monde a dû faire face à une dure réalité : Post Mortem n’est pas prêt.

Tout le monde le savait.

Et la décision très difficile à prendre a été prise : ne diffuser le spectacle que quand il sera parfait, comme c’est le souhait de tout le monde.

Les décisions difficiles ne sont jamais faciles à prendre.

Mais celui qui vous écrit a déjà dû prendre la décision de débrancher un parent d’un respirateur artificiel. Alors l’arrêt temporaire d’un spectacle n’est pas si difficile que cela en perspective.

Passer du blanc au noir sans jamais une zone de gris est difficile. Cela fait mal, mais c’est aussi nécessaire.

Si nous n’avions pas fait face à la réalité, les choses auraient été bien pires. Nous aurions offert un spectacle qui n’était pas prêt. Et si nous le savions, les critiques, et surtout le public, l’auraient su aussi.

Les conséquences de cela sont connues : un mauvais bouche-à-oreille, des ventes anémiques, des salles remplies de gens qui ont reçu des billets de faveur, mais qui ne voulaient pas voir le spectacle de toute façon, une équipe et des comédiens démotivés, des pertes financières et une belle tache sur les célébrations du 30e anniversaire du festival.

Plutôt, après avoir enregistré le choc initial (incluant le fait qu’un de mes amis avait acheté 500 billets pour la première pour souligner un évènement important), nous avons réduit nos risques immédiats.

Nous avons aussi une idée claire de la direction que doit prendre le spectacle. Nous avons aussi plus de temps pour atteindre notre objectif de créer une oeuvre unique. Et nous avons aussi plus de temps pour nous ressaisir et connaître le succès que toute cette équipe mérite.

Alors, cette semaine, la leçon apprise est difficile.

Nous sommes souvent confrontés à des décisions difficiles. Les repousser ne règle rien. En fait cela rend les choses difficiles, beaucoup plus difficiles.

Alors :

CE N’EST PAS FACILE D’AVOIR LE COURAGE DE PRENDRE UNE DÉCISION DIFFICILE.

MAIS C’EST NÉCESSAIRE ET C’EST TOUJOURS LA BONNE CHOSE À FAIRE.

 

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