Donateurs, la vigilance est de mise!


14 juillet 2012  |  Mis en ligne à 06h00  |  Modifié à 06h11  |  Louis Michel Gratton
Anderson Cooper sur CNN nous présentait, il y a quelques jours, une émission sur l’utilisation des dons de charité par certaines organisations caritatives, dont la SPCA de Montréal qui doit encore plus de deux millions à une organisation spécialisée en campagne de financement, Quadriga Art.
 
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Louis Michel Gratton est un spécialiste du financement d'entreprises et un passionné de la politique.
 

À la suite de cette mésaventure, la SPCA, est passée à un cheveu de faire faillite, et son conseil d’administration a congédié son président-directeur général, Pierre Barnoti. Rien de nouveau, son congédiement, date de 2008, et La Presse rapportait le tout dans son édition du 26 août 2009.

Anderson Cooper nous réservait pourtant une surprise. Il existe actuellement une société de protection des animaux qui opèrent sous le nom de SPCA international, et qui dirige? Vous l’aurez deviné : Pierre Barnoti.

SPCA internationale fait toujours affaires avec Quadriga Art et aurait ramassé au cours des dernières années plus de 27 millions de dollars. Aucune indication sur l’utilisation des fonds. Les bureaux de SPCA internationale sont situés à Washington. Plus ça change, plus c’est pareil.

L’émission concluait avec une recommandation et nous invitait à visiter le site du Better Business Bureau américain (www.bbb.org/us/charity/) qui offre un service qui nous permet d’obtenir des informations sur les œuvres caritatives qui sollicitent des fonds.

Le site est bien fait, établit un certain nombre de critères et nous présente les résultats d’une analyse pour plus de 2 000 sociétés caritatives. SPCA internationale est sur la liste, et il est clairement indiqué que l’organisme n’est pas conforme aux normes.

J’ai cherché à voir si le Bureau d’éthique commercial (la version francophone du BBB) offrait un service similaire au Québec. J’ai d’abord appris que les Bureaux d’éthique commerciale aux États-Unis et au Canada formaient maintenant un système intégré et que ce service n’était pas disponible pour desservir le territoire du Québec, et ce, depuis le mois d’août 2011.

Une recherche un peu plus poussée m’a permis d’apprendre qu’une organisation au ronflant titre d’Office de certification commercial du Québec (OCCQ) avait repris les activités du Bureau d’éthique commercial du Québec. Une visite du site m’a désappointé et ne m’a rien donné sur les œuvres caritatives et très peu sur les entreprises dites certifiées.

Pour se retrouver dans le répertoire de l’OCCQ, une entreprise doit demander une certification à partir d’un court questionnaire. La demande de certification doit être approuvée par le conseil d’administration de l’organisme. Or, le nom des membres de ce conseil d’administration n’apparaît pas sur le site, ni d’ailleurs le nom des dirigeants. Rien pour nous mettre en confiance.

Je suis donc retourné sur le site du BBB pour connaître les critères qu’ils utilisent et j’en retiens deux en particulier : l’organisme caritatif doit avoir un conseil d’administration formé d’au moins cinq membres qui se réunit un minimum de trois fois par année. Il va s’en dire que les noms des administrateurs doivent être dévoilés, accompagnés d’une brève biographie. La deuxième exigence est aussi importante que la première, soit la publication chaque année d’états financiers détaillés.

J’ai ensuite visité les sites web de deux organismes bien connus de la région de Montréal soit Moisson Montréal et Jeunesse au soleil. Moisson Montréal brille par sa transparence : un conseil d’administration de treize personnes bien identifiées et des états financiers détaillés, incluant une liste de donateurs. Tout pour nous mettre en confiance.

Jeunesse au soleil est une autre histoire. Aucune mention d’un conseil d’administration et aucune information financière. Les dirigeants tentent de nous mettre en confiance en nous informant qu’ils ont comme partenaire le gouvernement fédéral, le gouvernement provincial et la Ville de Montréal. C’est loin d’être suffisant. Les responsables de Jeunesse au soleil auraient avantage à démontrer plus de transparence.

La création d’un site similaire à celui du BBB au Québec serait une belle occasion d’affaires pour un jeune entrepreneur.

 
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