Andrei et Sergei Kostitsyn
Source : Predatorial
Les Kostitsyn à Nashville : pourquoi ça fonctionne


20 avril 2012  |  Mis en ligne à 13h46  |  Jean-Pierre Racine
Alors qu’ils étaient à Montréal, Sergei et Andrei Kostitsyn ont plus souvent qu’autrement fait blasphémer les partisans par leur indiscipline et leur manque apparent d’ardeur.
 
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Jean-Pierre Racine est impliqué dans les sports de compétition d’élite (hockey, baseball et football) depuis plus de 35 ans.
 

Bien que les Kostitsyn n’aient jamais réussi à s’intégrer pleinement aux Canadiens, une des organisations les plus médiocres de la LNH, leur intégration semble une réussite au sein de ce qui est actuellement la meilleure équipe de la ligue, les Predators de Nashville.

Ce simple constat semble mettre en relief les problèmes de développement et de gestion des joueurs à Montréal. Conséquemment, trouver ce que les Predators font de
différent avec ces joueurs  devrait offrir des pistes de solutions intéressantes pour les Canadiens.

Une bonne organisation se doit de bien connaître chacun de ses joueurs à la fois sur le
plan des habilités individuelles et celui des propriétés caractérielles.

Les Kostitsyn possèdent de belles aptitudes techniques, mais ils ont tendance à être nonchalants et passifs. Ainsi, pour que les qualités techniques des Kostitsyn émergent pleinement, ils doivent être entourés de joueurs qui minimiseront leur nonchalance.

Les Kostitsyn suivent la parade. Dans un environnement approprié, ils performeront.
Dans un environnement vicié, ils se chercheront.

Les Predators peuvent compter sur  un solide noyau de leaders efficaces constitué de Mike Fisher, David Legwand, Ryan Suter, Shea Weber et Paul Gaustad, le spécialiste des mises en jeu (près de 60% d’efficacité sur les mises en jeu, l’un des 10 meilleurs de la ligue à ce chapitre).

Ces gars-là sont non seulement bons, gros et travaillants, mais ils se sont également approprié la culture locale bien typique de Nashville. Sutter, Legwand et Gaustad, des
Américains du nord du mid-west, sont bien chez eux à Nashville.

Le capitaine et meilleur défenseur de la LNH, Shea Weber, originaire de l’ouest canadien, et Fisher, quant à eux, sont deux canadiens imbibés de la culture du Tennessee.

Fisher qui évoluait avec les Sénateurs d’Ottawa jusqu’en février 2011, a été échangé aux Predators,  à sa plus grande satisfaction, puisqu’il a pu y rejoindre son épouse, la chanteuse pop country Carrie Underwwod, originaire et résidente de Nashville.

Les gros ténors des Predators trippent donc tous sur la culture locale. Dans le vestiaire la musique blues et country résonne à fond la caisse comme la musique francophone, à une certaine époque, à Montréal.

L’intégration de joueurs comme les Kostitsyn à Montréal aurait selon moi été plus efficace si ces derniers auraient pu bénéficier du leadership d’un noyau de joueurs
francophones comme au début des années 90 avec les Roy, Carbonneau, Lemieux, Richer et Desjardins.

C’est avec une telle dynamique que les Kostitsyn auraient été à même de mieux comprendre l’importance de la victoire et ce que représente le CH pour le Québec francophone. Ce n’est pas avec les Saku Koivu et Alexei Kovalev de ce monde qu’ils auront pu s’imbiber de notre culture!

En plus d’être bien encadrés par un solide noyau de joueurs fiers de représenter la
ville de Nashville et sa culture, les Kostitsyn bénéficient également de l’encadrement que leur procure l’entraîneur Barry Trotz, l’un des meilleurs de la ligue.

Trotz est en poste depuis la première saison des Predators dans la LNH en 1998-1999. Ces 14 saisons à la tête d’une même équipe constituent la plus longue séquence en
cours dans la ligue après celle de Lindy Ruff avec les Sabres de Buffalo (15
saisons).

Comme je l’expliquais dans mon billet du premier avril dernier, un bon entraîneur-chef se doit d’être craint par ses joueurs avant d’être respecté et aimé.

Pour qu’un entraîneur-chef soit craint par ses joueurs, il faut non seulement qu’il ait des traits de caractère particuliers (Trotz les possède), mais qu’il bénéficie également de l’appui de l’organisation à long terme, comme Trotz à Nashville.

Ironiquement, Alexander Radulov, un autre Russe qui va très bien avec les Predators de Barry Trotz, et qui a été sous la gouverne de Patrick Roy alors qu’il évoluait avec les Remparts de Québec dans les rangs juniors, mentionnait cette semaine qu’il voyait très bien Patrick Roy à la tête des Canadiens de Montréal.

Barry Trotz fait également une utilisation judicieuse des Kostitsyn. Depuis son arrivée à Nashville, Andrei joue sur le jeu de puissance alors que ce n’était pas le cas à Montréal où l’on préférait utiliser des Scott Gomez et Travis Moen sur l’avantage numérique.

Les Kostitsyn et les cinq autres Européens de Nashville (Pekka Rinne, Roman Josi,
Alexander Radulov, Martin Erat et Patrick Hornqvist) s’intègrent donc bien pour trois raisons : ils sont bien encadrés par un solide noyau de joueurs de premier plan, ce noyau de joueurs se nourrit de la culture locale et en donne goût aux autres et, finalement, l’entraîneur-chef, Barry Trotz, sait ce qu’il fait et il est en plein contrôle.

Les Kostitsyn et Radulov pourraient connaître le plus beau printemps de leur carrière à Nashville! Du plaisir à jouer au hockey et la Coupe Stanley au son de l’excellent Gregg Allman et de son fameux low country blues.

Les Kostitsyn auraient pu connaître ce printemps à Montréal, mais ils ne pouvaient
pas compter sur un noyau de joueurs aussi solide qui leur aurait fait connaître
le plaisir de jouer au hockey au son de Lisa Leblanc.

Y faudra expliquer aux fefans de Réjean Tremblay que le succès de l’intégration des autres cultures à notre équipe et notre société passe avant tout par notre propre capacité à être fier de notre propre culture (et nos joueurs)!

Vivement les Predators de Nashville qui devraient se rendre jusqu’au bout!

 

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