Pourquoi Line Beauchamp en avait plein son casque


14 mai 2012  |  Mis en ligne à 21h33  |  Modifié à 06h09  |  Guy Mathieu Leroux
Cela fait un bout de temps que je me demande ce qui pousse Line Beauchamp à persévérer en politique, elle qui est une bonne personne, honnête et intègre. Hier, j’ai eu ma réponse : absolument rien. Résultat : elle part.
 
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Ex-conseiller de Mario Dumont, il est le principal concepteur de la position autonomiste de l’ADQ, «S’affirmer sans se séparer», endossée par la CAQ.
 

C’est que les gens ne réalisent pas à quel point la politique est un véritable cauchemar. Pour plusieurs, c’est même l’équivalent d’un «Hotel California» dans lequel on peut s’enregistrer, mais jamais n’en sortir.

En vérité, je vous le dis, il n’y a rien d’amusant en politique.

Si vous êtes dans l’opposition, vous dépensez le meilleur de vos énergies à attaquer votre adversaire dans le but de prendre sa place. Vous faites de la hargne votre pain quotidien. Pas très édifiant.

Si vous êtes au pouvoir, une fois l’ivresse de l’accession passée, vous réalisez que ce pouvoir est imaginaire et qu’il vous échappe complètement. Vous avez très peu d’autorité. Le cabinet du premier ministre gère tout, s’immisce dans tout et malheur à vous si vous avez de l’initiative (surtout si vous faites partie du gouvernement de Stephen Harper).

Lorsque la situation s’envenime, le contrôle vous échappe complètement. Vous êtes relégué au rang de simple exécutant et votre performance est scrutée à la loupe. On ne cessera de vous critiquer quand ce n’est pas vous-mêmes qui, par perfectionnisme, vous attribuera les pires reproches.

Puis, il y a le regard constant des médias, du public, des électeurs, des membres du parti et des autres partis, membres de comités, groupes tiers, lobbies, corps professionnels et, bien sûr, toujours ce mariage très délicat avec l’argent (dépenses, factures, entrées de fonds).

Ces facteurs représentent autant de menaces à votre réputation que vous devez être préparé à défendre à tout moment.

De fait, les risques réputationnels de la politique sont énormes, voire même décuplés depuis l’arrivée des médias sociaux. Personnellement, je vous le dis franchement : mieux vaut rester inconnu et anonyme parmi les loups que de risquer de voir son nom déchu et terni par une sale histoire.

La vie de famille, la vie de couple, les enfants, les choses simples qui rendent la vie belle et pleine de sens, tout cela prend le bord en politique. La politique se vit la semaine, mais aussi, et surtout, le soir et les fins de semaine. C’est là que se tiennent les souper spaghettis et que tel et tel groupe «sera bien déçu si vous ne vous montrez pas la fraise».

Malheur à celui qui se lance en politique avec de jeunes enfants, une hypothèque et peu d’argent en banque. Quel risque incalculable, quelle décision folle et insensée!

Maintenant, imaginez cet enfer épouvantable durant une crise prolongée, comme Line Beauchamp et la grève étudiante. Là on se retrouve au cœur du Soleil, à 27 millions de degrés. Ce n’est plus vivable, ce n’est plus supportable et avec un Jean Charest de surcroît qui gère tout croche et qui se fout carrément de la santé mentale de ses proches, c’est au-dessus des forces de tout être humain.

Sachant cela, je dis donc : bravo Line, bonne décision.

Ce n’est pas un coup de tête. C’est que tu en avais plein ton casque.

 

3 commentaires sur “Pourquoi Line Beauchamp en avait plein son casque

  1. Gnouff! Gnouff! Gnouff! Je ne peux pas arrêter de pleurer. C’est tellement triste cette histoire-là.
    Non mais! Ëtes-vous naîf à ce point ou nous prenez-vous pour des caves? Relisez-vous s’il-vous-plait et posez-vous la question pourquoi ils y sont. Les politiciens n’ont plus d’ idéaux, plus d’envergure. Tout est jaugé à la piastre. Est-ce que ça vous une petite idée du pourquoi?

    • je pense que line beauchamp a dimissionné de tout ces parce qu’elle n’etait pas daccord pour appuyer la loi 78 et elle a eu raison car depuis vendredi on a bien vu que le calme n’est pas revenu

  2. Faut croire que ce n’east pas si mal ils refusent d’en décrocher rien qu’à voir le nombre d’années que l’on a les mêmes faces. Pas de pitié pour des gens qui nous gouvernent comme des pieds.

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