En attendant la Commission Charbonneau


29 mai 2012  |  Mis en ligne à 10h20  |  Modifié à 11h30  |  Michel Brûlé
Personne n’est contre la vertu, et c’est pourquoi tout le monde est pour la construction d’un nouvel amphithéâtre qui permettrait le retour des Nordiques à Québec.
 
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Michel Brûlé est le PDG de la maison d'édition Les Intouchables, l’un des plus gros éditeurs au Québec.
 

La cause de tous les remous des derniers mois — démissions au PQ, tensions au sein du PLQ et obstruction d’Amir Khadir — s’expliquerait par une réticence de donner un chèque en blanc à Régis Labeaume et Pierre Karl Péladeau.

Malgré tout, le gouvernement Charest a fait adopter le projet de loi 204, qui protègera l’entente entre les deux hommes. La croisade de Denis de Belleval prendrait alors fin, et le ciel du Québec redeviendrait azur dès septembre.

Quant à moi, les vrais problèmes ne feront que commencer. La construction d’un nouvel amphithéâtre tournera assurément au cauchemar, parce qu’au Québec, dès qu’on parle de construction, il y a d’importants dépassements de coûts.

Il y a quelques mois, une nouvelle entente collective est passée en douce. Dorénavant, il en coûte 63 $ de l’heure pour engager un ouvrier. Non, vous n’hallucinez pas! J’ai fait mon enquête et ailleurs dans le monde, il en coûte au mieux deux fois moins.

Le pire, c’est que l’ouvrier lui-même ne gagne pas autant. La Commission de la construction du Québec (CCQ) et les différents syndicats tels que la FTQ et la CSN ont droit à leur large part du gâteau. Et croyez-moi, ces deux organismes veillent à leurs intérêts!

En tant que particulier, si vous avez le malheur d’engager des ouvriers, qui n’ont pas leurs cartes, vous prenez le risque qu’un enquêteur de la CCQ ferme le chantier et vous mette à l’amende.

Mais avoir ses cartes, est-ce une garantie de compétence et de probité? Pas du tout. Un ouvrier peut être le roi des incompétents et le pire des fraudeurs, la CCQ et les syndicats s’en fichent royalement et le défendront à la vie, à la mort, parce que tout ce qui compte pour ces organismes, c’est qu’il les enrichisse.

En plus d’être parasitaire et antidémocratique, la CCQ, qui est un organisme gouvernemental, fonctionne exactement comme une mafia.

Le commun des mortels, qui s’engage dans un premier chantier, sera à même de le constater. Au mieux, il verra que les travaux lui coûtent les yeux de la tête et au pire, il devra poursuivre des entrepreneurs incompétents et peu scrupuleux.

Parce que, oui, l’industrie de la construction est infestée d’ouvriers et d’entrepreneurs incompétents et peu scrupuleux. Pas surprenant que les mafias italiennes et québécoises y aient fait leur nid.

La solution est simple et comporte deux volets. Primo, réduire ce que ça coûte d’engager un ouvrier, qui a ses cartes et diminuer l’énorme part du gâteau de la CCQ et des syndicats.

Secundo, que le gouvernement donne le mandat à la CCQ de chasser avec autant de zèle les mauvais ouvriers et les mauvais entrepreneurs qu’elle ne le fait avec les particuliers, qui embauchent des ouvriers, qui n’ont pas leurs cartes.

En attendant, la CCQ reste un organisme parasitaire, antidémocratique et malheureusement, gouvernemental.

Tant et aussi longtemps que le gouvernement ne mettra pas de l’ordre dans le secteur de la construction, il faudra s’attendre à des dépassements budgétaires ridicules.

Expliquez-moi comment au Québec, on réussirait à construire un nouvel amphithéâtre au coût de 400 millions de dollars comme c’est le cas ailleurs en Amérique du Nord, alors qu’il nous en coûte le double pour engager un ouvrier?

Qu’est-ce qui arriverait si le nouveau Colisée coûtait le double? Et pourquoi pas un milliard?

Dans ce cas, la Ville de Québec tomberait-elle en faillite? Peut-être que oui. Cent quatre-vingt-sept millions de dollars, c’est énorme ; imaginez 374 millions de dollars ou même un demi-millard!
Pour ne pas s’engager dans un parcours cauchemardesque, il y a deux solutions : ou bien faire plier la CCQ et les syndicats, ce qui règlerait une bonne partie des problèmes du Québec, ou bien défier ces organismes.
Étant donné que dans les cas de rénovations, le Décret de la construction ne s’applique pas, il faudrait non pas construire un nouvel amphithéâtre, mais bien rénover celui qui existe déjà.
Au pire, rénovons-le à 90 %, mais échappons coûte que coûte au décret. On paierait les ouvriers 25 dollars de l’heure et ils ne seraient pas syndiqués. Dans ce contexte, le Colisée rénové pourrait coûter encore moins que 400 millions de dollars.
 

4 commentaires sur “En attendant la Commission Charbonneau

  1. Encore un qui parle à travers son chapeau!
    Oui il nous en coûte cher d’engager un ouvrier qui, on ne sait jamais d’avance, s’il va être efficace ou non. Mon conjoint étant lui même un salarié de la construction et de mon côté une employeur de l’industrie, je vois les deux côtés de la médaille mon cher M. Brûler. Mais je peux vous affirmer que lorsque notre médecin à découvert que mon conjoint faisait une rare sorte de leucémie et qu’il nous en coûtait 4600$ de médicament par mois, nous avons pu nous compter CHANCEUX d’avoir un organisme comme la ccq qui nous a supporté, remboursé SANS problèmes. Et croyez moi que lorsque vous passez au travers le processus pour avoir vos cartes, et qu’il y a une compagnie de chaudron qui vient vous volez votre job, ehbien l’inspecteur de la ccq; on est bien content de le voir!!!
    Allez donc écrire des bouquins pour enfants au lieux de narguer des organismes qui, pour ma part, on amplement fait leur part du travail dans notre bien-être.

    • Avenir, je ne vois pas pourquoi vous vous permettez de répondre avec des arguments autant centrés sur votre personne. On parle ici du bien être collectif. Avant d’insulter l’auteur et de lui repprocher un manquement quelconque, considéré donc la situation dans son ensemble. Il est certain que les personnes qui vont bénéficier de cette argent, vont être satisfaites, dans ce cas je parle de vous, ça ne signifit tout de même pas qu’elle est bien investit pour le bien de notre société.

    • J’ai deux commentaires à partager. Le premier est en réponse à Avenir.
      “nous avons pu nous compter CHANCEUX d’avoir un organisme comme la ccq qui nous a supporté”
      Il est évident que vous avez grandement bénéficié d’un tel organisme. Il est donc normal que vous soyez pour. Par contre, une société n’est pas représentée par une seule personne. C’est pourquoi il est important de considéré l’avantage d’avoir le CCQ sur un plan collectif, et non individuel. Vous ne faites donc que dire que c’est un organisme qui à déjà réussi à aidé des individus. De tels arguments ne justifit aucunement la présence de cet organisme puisqu’il serait possible d’obtenir le même résultat avec d’autres méthodes.

      Ensuite, en réponse du commentaire de Mart :
      “Je crois que vous devriez revérifier vos dires car vous êtes complètement dans le champ avec vos dire … vous ne connaissez vraiment rien à la loi R20, celle qui régis l’industrie de la construction au Québec”
      La société moderne est dépendante des lois que ses représentant rédiges. Elles permettent une vie stable dans la société. Par contre, même si en théorie les lois rédigées sont sans défauts, elles sont tellement déformées en réalité par les avocats qu’on ne peut se fier entièrement sur la présence des lois pour assurer une certaine équitabilité. C’est d’ailleur pourquoi, les analystes se fient plus sur l’aspect concrète des choses pour tirer des hypothèses et des conclusion. Le bonheur collectif ne se trouve pas sur papier.

  2. Je crois que vous devriez revérifier vos dires car vous êtes complètement dans le champ avec vos dires, des erreurs importantes, comme je peux voir vous ne connaissez vraiment rien à la loi R20, celle qui régis l’industrie de la construction au Québec, mais bon bel essaie quand même.

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