Le Québec à la dérive


31 mai 2012  |  Mis en ligne à 10h10  |  Modifié à 10h38  |  Michel Brûlé
Le 29 mai dernier, j’ai écouté l’entrevue de Paul Arcand avec les responsables de la police du contrôle des manifestations étudiantes.
 
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Michel Brûlé est le PDG de la maison d'édition Les Intouchables, l’un des plus gros éditeurs au Québec.
 

D’entrée de jeu, je vais peut-être paraître snob, mais ces gens-là devraient connaître la conjugaison du subjonctif présent. À moins que cet exploit soit hors de la portée des cadres du SPVM! Si oui, c’est inquiétant.

La teneur de l’entrevue n’a rien fait pour me rassurer. Comme la désinformation fait partie inhérente de cette crise, je ne peux m’empêcher d’évaluer l’objectivité de l’animateur du 98,5 FM, qui a semblé avoir un préjugé favorable à l’égard de ses invités.

Tout comme Jacques Parizeau, je n’en reviens pas qu’on ait pu laisser pourrir cette situation à ce point. Des frères, qui se lancent des insultes et des projectiles et qui se tapent dessus, c’est plus que déplorable, c’est inacceptable pour un peuple comme le nôtre.

À cause de la loi du nombre, qui joue contre nous, les Québécois sont condamnés à la solidarité autant avec les policiers qu’avec tous les citoyens. Le profond schisme, suscité par ce conflit, laissera des cicatrices pour longtemps.

Jean Charest comprend-il la spécificité du Québec? Je crois qu’il ne l’a jamais compris. John James agit et pense comme un Anglo-Québécois, et ces derniers se comportent comme s’ils ne faisaient pas partie du Québec. Ils étaient même absents du grand rassemblement du Jour de la Terre.

Le nouveau directeur de cabinet de Charest, Daniel Gagnier, qui a repris du service en remplaçant Luc Bastien, s’adresse toujours à son patron dans la langue de Lady Gaga, selon les révélations de Luc Lavoie, un ex-patron de Quebecor, qui a la réputation d’être un homme de droite et fédéraliste.

Si Jean Charest n’est pas conscient de l’extrême urgence de solidarité du peuple québécois, qu’est-ce qu’il fait comme premier ministre du Québec? Cet homme a toujours rêvé et rêve encore d’être le premier ministre du Canada, un pays qui est de plus en plus étranger à nos aspirations. En fait, le Québec d’aujourd’hui montre que la séparation est déjà une réalité.

La police a besoin d’un guide surtout en périodes de crise et de toute évidence, personne n’est là pour les éclairer.

Ce qui est ressorti de l’entrevue avec Paul Arcand est clair : la police perçoit les manifestations actuelles au même titre que les batailles à la sortie des bars dans le centre-ville. La direction du SPVM semble ne pas avoir conscience de la dimension politique de ce conflit. Quel manque de perspective!

Jean Charest s’est caché pendant plus de trois mois et il a laissé le Québec se diviser. Diviser pour régner a toujours été sa devise.

Réussira-t-il encore à se faire réélire en profitant de la division du vote francophone et du vote massif des anglophones, des allophones et des plus réactionnaires d’entre nous?

Si tel était le cas, il ne faudrait plus parler de petite ou de grande noirceur, mais bien des ténèbres les plus profonds. Le Festival Juste pour rire de Gilbert Rozon, qui a défendu avec véhémence la loi 78, pourrait alors mourir de sa belle mort, parce que le Québec n’aurait plus de raisons de rire pendant longtemps..
 
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