sam. Sep 12th, 2026
Alexander Zverev : du doute au titre, et direction la finale de l’US Open

Alexander Zverev (29) est passé, en l’espace de quelques mois, d’une soirée à moitié euphorique… à une soirée carrément épique. En janvier, après son élimination en demi-finale à l’Open d’Australie contre Carlos Alcaraz (23), il s’était retrouvé comme “à plat”, à bout physiquement. Dans l’ascenseur, une fois la pression retombée, il s’appuyait contre le mur, se laissait presque tomber vers l’avant et finissait par se soutenir sur ses genoux. À ce moment-là, on ne devinait pas ce qu’allait contenir la suite.

Sept mois et demi plus tard, la trajectoire a pris une autre forme. À Roland-Garros, il a décroché son premier titre du Grand Chelem. Puis à Wimbledon, il a atteint la finale—alors qu’auparavant, il n’allait jamais au-delà des huitièmes de finale. Ce dimanche (20 h, heure française), il retrouve l’affiche du moment à l’US Open, où il dispute la finale contre l’Américain Ben Shelton (23). C’est son troisième match décisif consécutif et son deuxième à Flushing Meadows. Une performance que peu de joueurs “masculins” du circuit ont déjà réussi à faire, et encore moins sans y laisser des plumes.

Alexander Zverev a dû laisser passer Jannik Sinner à Wimbledon

Cette saison, je l’ai suivi au plus près : j’ai vu tous ses matchs de Grand Chelem au stade. Il a remporté 24 victoires, mais il y a aussi eu deux défaites qui ont marqué le récit—d’abord à Melbourne face à Alcaraz, puis à Wimbledon contre Jannik Sinner (25). Et vendredi, direction New York : je l’étais également dans les tribunes pour sa victoire en demi-finale, 6-3, 7-6, 7-6, contre le Russe Karen Khachanov (30). Deux tie-breaks, deux fois le même scénario : Zverev a tenu quand il fallait. Pas “par hasard”. Plutôt comme quelqu’un qui a compris le plan de bataille.

Zverev : « J’y ai toujours cru »

Le tournant a commencé dans la douleur. En janvier, Zverev ne se contentait pas de perdre un match : beaucoup remettaient en question sa capacité à remporter enfin un Major. Lui se souvient autrement. Après sa qualification pour la finale à New York, il a déclaré : « J’ai toujours cru que je gagnerais un Grand Chelem. Je pense que la plupart d’entre vous ne l’ont pas fait. » Puis il a ajouté que “si” le titre est arrivé, c’est parce que les conditions ont fini par être réunies. Et cette fois, elles se sont tenues jusqu’au bout.

Natalia Fateeva, aux côtés de Sophia Thomalla, à Halle/Westfalen

Sur le court, un détail a compté : son changement de style, avec davantage d’agressivité, lui a ouvert des portes. À Paris, il a frappé très fort—et Sinner a encaissé un “mur” en deuxième tour, sous une chaleur proche des 40 degrés. Alcaraz n’était pas non plus au rendez-vous, blessé au poignet. À Wimbledon, même histoire. L’impression qui ressort ? Le tirage et les circonstances ont aidé, évidemment. Mais j’avais quand même un doute : dans des configurations favorables, il y avait souvent “quelqu’un” pour le stopper. Cette fois, personne n’a réussi à lui barrer la route. Le demi-réglé est devenu accompli.

Une scène qui en dit long

Trois jours plus tard, nous avions rendez-vous à Herzogenaurach pour une interview. L’appel arrive : le Premier ministre—lui-même—décide de passer par la conversation. Friedrich Merz (70) explique qu’il a suivi le match et que Zverev s’est absenté, a traversé un couloir sombre, puis est revenu après six minutes, visiblement fier. Au moment de la finale à Wimbledon, Merz avait même pris place dans une loge royale. Ce genre de détails ne change pas la balle… mais ça montre que l’événement a débordé le cadre du tennis.

En janvier à Melbourne, Zverev semblait épuisé après sa défaite

Qu’il ait perdu à Melbourne, ça, c’était presque “dans la logique”. Ce qui surprend, c’est son état d’esprit après : il n’avait jamais été aussi détendu qu’alors. La nuit tombait, le parc des joueurs se démontait déjà, et lui—avec des amis—riait comme si le match avait finalement tourné à son avantage. « Paris a tout changé. À Paris, j’ai retrouvé le calme. J’ai ce titre et personne ne pourra me l’enlever », a-t-il confié.

Mayla joue déjà au tennis

Dans la discussion, il y a aussi la famille. Sa fille Mayla (5) l’accompagnait à quelques tournois. Elle s’entend très bien avec sa compagne, Sophia Thomalla (36). Et son baiser de victoire à Acapulco après un match en double, devant sa fille, m’a remué plus qu’aucun sommet sportif. Pour une relation père-fille, le podium n’est même pas nécessaire.

Il raconte que Mayla a du talent : « Elle joue déjà un peu, elle est gauchère. » Et pour lui, cette proximité compte énormément. Dans l’équipe, un autre visage a aussi pesé sur l’ambiance : sa grand-mère Natalia (78), présente au printemps jusqu’au tournoi à Halle/Westfalen. Avec elle, l’atmosphère devient plus vivante—dans un monde du tennis où la plupart des loges restent plutôt sérieuses.

Zverev à Acapulco avec sa fille Mayla

Il y a aussi Dr. Hans-Wilhelm Müller Wohlfahrt (84). L’ancien médecin de la sélection allemande (et surtout, ex-Bayern) semble faire partie de son environnement depuis des années. Après une longue carrière de haut niveau, les traces restent. Selon des informations rapportées l’an dernier, il aurait fait l’objet de soins réguliers à la fin de 2025. Avant Roland-Garros, une nouvelle étape semblait programmée. Dans tous les cas, Zverev insiste : il a trouvé un rythme—sur le court et avec son corps.

Zverev : gagner malgré le diabète

Ce rythme, il est aussi médical. Zverev est diabétique depuis l’enfance : à 4 ans, le diagnostic tombe. Il est, avec Typ-1, un des rares joueurs à avoir bâti une carrière au plus haut niveau dans ces conditions. Grand Chelem, titres majeurs, Jeux olympiques : la liste existe, et elle n’est pas “un miracle”. Elle parle de discipline, d’adaptation et de gestion au quotidien.

Je peux en parler avec un peu plus de recul : de mon côté, j’ai appris que j’avais un diabète de type 2. Et dans ce contexte, Zverev—ainsi que son frère et manager, Mischa (39)—m’a aidé avec des conseils concrets sur la façon d’appréhender la maladie. Et, au fond, c’est aussi ça, Zverev : pas uniquement un joueur, mais quelqu’un qui a compris comment transformer un dossier compliqué en plan de match.

Remise de récompense à Cincinnati : Alexander Zverev

Récompense en plus : il a reçu le prix du “Star de l’année” au Masters de Cincinnati. Et si cette saison avait besoin d’un signe supplémentaire… eh bien, le voici : la finale à New York arrive enfin. « C’est un gros match », a-t-il résumé. « J’espère ne pas laisser le rêve américain se réaliser. » On peut le lui souhaiter. Moi, je serai là.

Points à retenir

  • La finale de l’US Open n’est pas tombée du ciel : elle prolonge une trajectoire commencée par une refonte de son jeu et sa manière d’attaquer.
  • La chaleur et le calendrier ont parfois aidé, mais ce qui compte vraiment, c’est sa capacité à tenir les moments serrés—notamment dans les tie-breaks.
  • Son quotidien ne se résume pas au court : le diabète fait partie du décor, et la préparation passe aussi par la gestion de son corps.
  • En dehors du tennis, sa relation avec sa fille Mayla et la présence de proches contribuent à stabiliser l’ensemble. On a vu plus “sportif” comme levier, mais moins efficace.
  • Enfin, le contraste entre janvier et aujourd’hui est saisissant : parfois, une défaite ne dit pas “fin”, elle dit “tournant”.

À mes yeux, ce qui se joue ici dépasse largement une finale de Grand Chelem : c’est une histoire de constance, de travail—et d’aptitude à remettre l’énergie au bon endroit. Je trouve que le sport adore construire des mythes… mais la réalité, elle, ressemble davantage à une routine et à des choix patientés. Et franchement, quand un athlète transforme des doutes en trajectoire, moi je préfère regarder ça de près plutôt que de se contenter de phrases toutes faites. En tant que journaliste, je suis convaincu que ce type de parcours mérite d’être raconté avec sérieux, sans tomber dans le cynisme : on peut aimer la compétition, tout en restant du côté humain.


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