lun. Août 17th, 2026
Chantelle Cameron : Pour l’égalité des droits et des salaires, on ne peut pas faire des rounds de deux minutes

Chantelle Cameron : entre les blessures du passé et un combat pour l’égalité dans la boxe féminine

À moins de deux semaines du défi qui pourrait être l’un des meilleurs combats féminins de l’année, Chantelle Cameron s’apprête à défendre son titre WBO des super-welters face à Mikaela Mayer, dans une affiche déjà saluée comme un grand moment du sport. Mais le chemin de Cameron n’a pas été linéaire: dès l’adolescence, elle a été confrontée à des messages qui visaient à l’enfoncer dans un destin tout tracé. « À quatorze ans, en plein GCSE de psychologie, mon professeur m’a parlé devant toute la classe et m’a dit, sans raison apparente, que je finirais caissière chez Tesco avec deux enfants d’ici mes seize ans », raconte-t-elle. « Je me suis dit que ce n’était pas possible, mais ce genre de remarque peut laisser des traces. »

Cameron est aujourd’hui la seule femme à avoir battu Katie Taylor en carrière professionnelle et elle est devenue une voix forte en faveur des boxeuses de haut niveau et de leur droit à boxer trois rounds de trois minutes. Pour l’anecdote: l’année dernière, elle a abandonné son titre mondial WBC lorsque l’organisme a évoqué l’idée que les femmes n’étaient pas capables de boxer plus de deux rounds de deux minutes. Elle défendra donc bientôt sa ceinture mondiale WBO face à Mayer, adversaire expérimentée et championne du WBC.

Avant d’affronter Mayer, Cameron se remémore l’impact des mots d’un professeur sur son rapport à elle-même. « À l’époque, c’était difficile à supporter », confie-t-elle lors d’un entretien dans le nord-ouest de l’Angleterre. « Mes parents sont allés parler à l’école pour dire que juger quelqu’un sur ses origines est injuste. » Le professeur ne s’est jamais excusé, et la jeune Cameron a fini par quitter la psychologie. Pourtant, ce moment a aussi forgé sa résilience et sa volonté de démontrer ce dont elle est capable.

Aujourd’hui, à 35 ans, Cameron porte un regard plus large sur la psychologie et les dynamiques du sport. Après sa victoire sur Taylor en Dublin en mai 2023, elle a traversé une période personnelle et professionnelle difficile, notamment lors du rappel de l’échec en rematch six mois plus tard. Le fossé entre ses origines et son succès a été ressenti de manière très concrète: « être originaire du Northampton Eastern District peut faire penser que l’on n’est pas légitime », affirme-t-elle. « On vous accuse, sans rien prouver, d’être en marge ou de puiser dans des ressources mal vues. »

Si Cameron a connu des humiliations, elle a aussi connu des moments forts: elle a conclu que le pugilisme pouvait l’aider à prendre confiance en elle et elle a trouvé des soutiens solides autour d’elle, notamment ses entraîneurs qui ont cru en elle lorsque tout semblait perdu. Elle se montre résolue quant à l’importance des choix sportifs et personnels qui l’ont forgée. En matière de rivalité, elle nourrit une certaine admiration pour Mayer, reconnue pour sa ténacité et son endurance: « c’est une combattante coriace. Je la respecte en tant que boxeuse et en tant que personne. Je la prends au sérieux, comme n’importe quelle adversaire de haut niveau. »

Sur le plan des règles et du futur, Cameron ne cache pas sa position sur les combats à trois rounds de trois minutes, une question qui divise le monde de la boxe féminine. Bien que certains soutiennent que deux rounds de deux minutes offrent un format plus sûr, elle est convaincue que trois minutes seraient bénéfiques pour la crédibilité et l’avancement du sport féminin. Elle reconnaît cependant qu’en fonction des niveaux (national, européen, mondial), un système hybride pourrait être envisagé, mais elle estime qu’au plus haut niveau, trois minutes devraient être la norme.

Le débat autour du format n’est pas qu’une question technique: il touche aussi à la sécurité et à l’avenir des athlètes. Cameron s’est engagée publiquement contre les arguments qui minimisent les capacités féminines, affirmant que les sportives peuvent être aussi endurantes que leurs homologues masculins et qu’il est temps d’aligner les standards pour gagner en reconnaissance et en égalité.

Par ailleurs, Cameron a pris des mesures concrètes pour protéger sa santé cérébrale: elle passe régulièrement des IRM et suit des programmes de rétablissement cognitif et de bien-être pour limiter les risques à long terme. Elle se veut lucide sur les dangers inhérents à la boxe et s’efforce de préserver sa carrière tout en restant consciente de sa santé à long terme. « Je veux quitter la boxe en bonne santé et avec mon cerveau intact », affirme-t-elle.

Ses racines restent essentielles. Cameron parle avec chaleur de Northampton et de sa famille, qui restent sa source d’inspiration. Elle se voit représenter fièrement son district et affirme que son parcours peut montrer à d’autres jeunes qu’il est possible de réaliser ses rêves, peu importe d’où l’on vient.

Points à retenir

– Cameron a grandi dans le Northampton Eastern District et a dû surmonter des préjugés, notamment dans son enfance et sa jeunesse.
– Elle est la seule femme à avoir battu Katie Taylor en pro et milite pour que les boxeuses puissent boxer trois rounds de trois minutes.
– Elle a quitté le WBC en 2025 pour revenir à des rounds de trois minutes et tenter l’unification contre Mayer.
– Elle respecte Mayer comme adversaire et reconnaît sa puissance et sa condition physique.
– Cameron porte un souci réel pour la sécurité et la santé cognitive, multipliant les contrôles et les exercices de brain training.
– Son objectif est de continuer à boxer tout en préservant sa santé et de quitter la scène sportive dans un état sain, dans les deux prochaines années.
– Elle demeure fière de ses origines et déterminée à représenter Northampton et le district Est avec humilité et détermination.

Conclusion et ouverture de réflexion
Pour moi, en tant que journaliste, ce récit ne raconte pas seulement une future grande affiche, mais une question fondamentale sur l’évolution du sport féminin: jusqu’où peut aller l’égalité entre domaines sportifs quand les enjeux de sécurité et de reconnaissance se croisent ? Cameron incarne ce dilemme avec franchise et courage. Si ce duel contre Mayer s’inscrit comme une étape majeure, il sera aussi un symbole du chemin à parcourir pour que les femmes boxent non pas en marge, mais à égalité avec leurs homologues masculins. Et moi, journaliste engagé, je continuerai à suivre ce débat avec rigueur et sensibilité, afin que l’esprit du sport l’emporte sur les vieux préjugés et que la sécurité des athlètes reste centrale.


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