Jermaine Franklin espère qu’un changement d’environnement et d’entraîneur l’aidera à créer la surprise face au boxeur poids lourd le plus en vue du moment.
La boxe a ce côté particulier de tisser des liens entre des personnes qui, dans n’importe quel autre domaine, ne se croiseraient probablement jamais.
Il est par exemple étonnant d’imaginer un Américain de 32 ans s’installer au Royaume-Uni – à Luton, pour ne rien arranger – et développer une relation avec un Londoniens dans la soixantaine.
Cette situation devient cependant moins insolite lorsqu’on apprend que l’Américain est un boxeur poids lourd et que le Britannique est un entraîneur renommé, se qualifiant souvent de « spécialiste du poids lourd ».
Ce duo inhabituel, c’est donc Jermaine Franklin et Don Charles, qui s’associent avant le choc de Franklin contre Moses Itauma, prévu à Manchester le 28 mars, initialement le 24 janvier avant que le Britannique ne se blesse au biceps durant son entraînement.
Lors d’une première conversation via Zoom, Franklin a surpris tout le monde en affirmant : « Je suis à Luton en ce moment ». L’occasion était trop belle pour creuser davantage, mais la réponse de Franklin était assez floue.
« Je préfère garder mes affaires privées », a-t-il déclaré. « Je ne veux pas en dire trop, mais nous sommes à ‘La Ferme’ ».
Ce mot, « ferme », a été un indice révélateur, permettant à nos sources d’en savoir plus sur cette association Franklin-Charles.
« J’aime cet endroit ; ça me rappelle chez moi », poursuit Franklin, tout en restant mystérieux sur son partenariat avec Charles.
Une fois de plus, le prétendant de 1,90 mètre laisse peu de place à l’imaginaire, quiconque connaissant Luton peut aisément imaginer l’environnement qu’il appelle chez lui.
« Grandir dans le Michigan était normal, comme la plupart des enfants américains dans une communauté urbaine. Mais c’est un peu rough par là-bas ; il y a cinq ou six villes qui sont particulièrement dures », précise-t-il.
« Être dans ce genre d’environnement et devoir trouver ma propre identité m’a aidé à devenir un combattant. Là d’où je viens, on ne peut pas reculer. Si tu recules, tu as probablement plus de problèmes à l’avenir. »
Il indique aussi : « Je ne dis pas que tout le monde au Michigan est un gangster, mais il y a beaucoup de gens qui ne tolèrent pas l’absence de respect. »
Visiblement, Franklin fait partie de ceux qui n’hésitent pas à se défendre.
Cette détermination s’est révélée lors de sa dispute avec Dmitry Salita, qui a marqué l’actualité avant son affrontement avec Anthony Joshua en 2023.
À ce moment-là, Franklin avait engagé une action en justice contre Salita Promotions, dénonçant des conditions contractuelles injustes, et a finalement réussi à se mettre dans une position plus favorable.
Pour l’heure, il préfère ne pas s’étendre sur le sujet, mais il est soulagé d’avoir mis cette affaire derrière lui. « Je ne peux pas vraiment parler de ça, mais le milieu de la boxe a ses travers », avoue-t-il.
« Les boxeurs ont plus de pouvoir qu’ils ne le pensent et ils doivent réaliser que tout le monde travaille pour eux. Sans nous, tout le reste disparaît. Beaucoup d’entre nous sont mis de côté et n’obtiennent pas d’opportunités car nous ne voulons pas faire ce que certains souhaitent », ajoute-t-il.
Franklin est convaincu qu’il faut établir une sorte d’union pour protéger les boxeurs. « Maintenant que j’ai surmonté ma situation, je suis vraiment heureux. Je peux décider par moi-même – j’ai la liberté de choix », conclut-il.
Alors qu’il se prépare à affronter Itauma, un prodige de 21 ans souvent cité comme futur champion du monde, Franklin est persuadé d’être prêt à relever ce défi colossale.
« Venir d’un environnement difficile m’a rendu intrépide, et même si parfois cela peut être un danger, je n’ai pas peur », assure-t-il. « Dans le ring, je ne crains pas ce que les autres peuvent faire. Je suis prêt à tout, et je dis à mes adversaires : ‘Si tu n’es pas prêt à subir autant, peut-être qu’il vaut mieux choisir un autre chemin.’ »
Il ajoute : « C’est cette mentalité qui me permet de rester concentré sur mon objectif. Je suis là pour me battre et je vais me battre jusqu’au bout. »
Franklin a traversé des épreuves sombres : son père est décédé juste deux semaines avant son dernier combat, mais il a gardé son attention sur l’adversaire et a gagné. « Cela prouve mon caractère », affirme-t-il.
Avec Charles à ses côtés, l’outsider espère une nouvelle surprise, cette fois face à un boxeur réputé pour son excellente technique et ses attaques explosifs.
« Itauma a certes de bonnes jambes, mais pas à la hauteur de ce que tout le monde prétend. Ce n’est pas un danseur ; il avance et recule », note-t-il. « Sans vouloir lui manquer de respect, je n’ai rien vu d’exceptionnel. »
Pour Franklin, ce défi est une occasion d’affirmer qu’il peut surmonter tous les obstacles. Reste à voir s’il réussira face à ce jeune talent prometteur. En se retirant quelques temps à “La Ferme” avec son “spécialiste des poids lourds”, il semble avoir mis toutes les chances de son côté.
Points à retenir
- Franklin, en quête de surprise, combine stratégie et détermination.
- Sa relation avec son entraîneur Charles illustre la richesse des échanges inattendus.
- Les obstacles légaux ne l’ont pas freiné, mais l’ont renforcé.
- Face à des adversaires réputés, il reste pragmatique quant à ses capacités.
- Son parcours personnel éclaire sa résilience dans le ring.
En somme, je me demande comment cette dynamique entre les boxeurs et leurs entraîneurs peut influencer le résultat d’un combat. Franklin ne cache pas ses ambitions, mais peut-il vraiment se mesurer à cette nouvelle génération de champions ? À l’heure où les luttes pour le pouvoir se poursuivent dans la boxe, il est crucial de se rappeler que, derrière chaque coup, il y a une histoire qui mérite d’être racontée. En tant que journaliste engagé, je trouve essentiel de mettre en lumière ces voix souvent ignorées dans l’arène.