WTA : des tests génétiques obligatoires dès le 21 juillet pour participer aux tournois féminins
La WTA (Women’s Tennis Association) a décidé d’imposer un dépistage génétique à toutes les sportives souhaitant prendre part aux tournois féminins professionnels. Les nouvelles règles entreront en vigueur le 21 juillet, rapporte BBC. Concrètement, les joueuses devront fournir, une seule fois dans leur vie, un échantillon via un écouvillon à l’intérieur de la joue, ou bien un prélèvement de sang ou de salive.
Les échantillons seront analysés pour détecter la présence du gène SRY, localisé sur le chromosome Y et associé au développement de certains caractères sexuels masculins. Si le gène n’est pas détecté, la joueuse pourra participer aux compétitions. En revanche, si le test révèle la présence du gène SRY, une sera exigée avant toute décision.
Par ailleurs, les joueuses devront également signer un document indiquant qu’un refus de se soumettre au test peut entraîner une
Ces mesures s’inscrivent dans la continuité d’un cadre adopté en 2024, qui permettait aux femmes transgenres de participer aux tournois féminins à condition que leur taux de testostérone ne dépasse pas 2,5 nanomoles par litre sur une période de deux ans. À ce jour, selon les informations disponibles, aucune femme transgenre connue ne figurerait dans le groupe des participantes WTA.
La WTA justifie ces changements par la volonté d’assurer des conditions équitables et une compétition “honnête”. L’association indique avoir travaillé à la suite de consultations menées auprès des acteurs du tennis féminin, tout en tenant compte des évolutions observées dans d’autres organisations sportives internationales.
Le sujet n’est d’ailleurs pas isolé : en septembre 2025, la Fédération internationale d’athlétisme a mis en place un dépistage génétique lié au gène SRY, et l’association mondiale de boxe a approuvé une démarche similaire en mai 2025. En mars 2026, le Comité international olympique a, lui, interdit aux personnes transgenres de participer aux compétitions féminines sous son égide, tout en prévoyant également un contrôle génétique des athlètes.
Mais la question reste complexe sur le plan médical. La présence du gène SRY ne concerne pas uniquement les femmes transgenres : elle peut aussi être observée chez des personnes présentant des variations du développement sexuel, identifiées à la naissance comme femmes. Le docteur endocrinologue Leonardo Álvarez expliquait auparavant que le caryotype, à lui seul, ne permet pas toujours de trancher clairement sur le sexe, car les chromosomes ne déterminent pas automatiquement le dimorphisme sexuel.
Le débat s’est encore intensifié après les Jeux olympiques de 2024. Dans la catégorie de boxe féminine, l’or a été remporté par Iman Khelif (Algérie) et Lin Yu-ting (Taïwan). Toutes deux sont nées avec une attribution féminine à la naissance et ne revendiquent pas un parcours de transition transgenre. Pourtant, la fédération de boxe a affirmé qu’elles ne correspondaient pas aux critères de genre définis par l’organisation, sans toutefois publier les résultats des tests.
Points à retenir
- La WTA met en place un test génétique une seule fois dans la vie, avec écouvillon ou prélèvement (sang/salive).
- Le test vise le gène SRY : absence = admission, présence = examen médical supplémentaire avant décision.
- Un refus de test peut mener à des conséquences disciplinaires (promesse de paperasse à signer, évidemment).
- La règle s’inscrit dans un mouvement plus large : d’autres sports ont déjà adopté ou envisagent des dépistages du même type.
- Sur le plan médical, un gène ne raconte pas toujours toute l’histoire : il peut exister des situations de variations du développement sexuel.
Pour ma part, je vois surtout une accélération : on veut “trancher” plus tôt, avec des critères biologiques précis. Mais quand la réalité humaine est, par nature, moins carrée que les tableaux de résultats, la question devient vite : qui décide, sur quoi, et avec quelle marge d’incertitude ? En tant que journaliste, je ne peux pas regarder ce virage vers le dépistage génétique sans poser une exigence simple : que la protection de la compétitivité aille de pair avec le respect des personnes, la transparence des méthodes et une réflexion honnête sur ce que l’on cherche réellement à garantir.