mer. Juil 22nd, 2026
Tennis à Rothenbaum : Korpatsch affronte les quarts de finale après une performance remarquable sur le court

Wau — et puis du tennis. La joueuse allemande Tamara Korpatsch (31 ans) a une nouvelle fois franchi le cap des quarts de finale au MSC Hamburg Ladies Open (dotation : 247 674 €) sur les courts du Rothenbaum, où se joue toujours une partie de l’ambiance. Cette fois, dans un match franchement imprévisible, la n°1 allemande et grande espoir du DTB, Julia Stusek (18 ans, Rheinfelden), n’a rien pu faire : 6-0, 3-6, 6-3. Face aux tribunes qui sentent l’avantage maison, Korpatsch a le sourire facile : « Je suis dans le tournoi, c’est super. Et dès le début, j’ai dit que je voulais rester jusqu’au bout à la maison. »

Dès le premier set, elle a envoyé du tennis plein champ et a dominé la jeune joueuse, partie avec une invitation. « Là, j’ai sorti mon meilleur tennis. » Sauf qu’au fil des échanges, Stusek a changé de rythme. Korpatsch a alors eu l’impression de jouer avec la météo hambourgeoise : tantôt solide, tantôt plus hésitante, entre passages brillants et quelques fautes en trop.

Dans le troisième set, les breaks se sont enchaînés, jusqu’à ce que Korpatsch prenne l’avantage décisif. Après 2h01 de jeu, elle a réussi à conclure sur un dernier moment bien placé — une balle qui finit sur la ligne et qui déclenche la délivrance. Et, comme si le corps n’avait besoin de rien d’autre, elle s’est ensuite dirigée vers les quarts « sur quatre pattes» : une petite touche de narration… mais surtout, une belle image d’énergie.

Tamara Korpatsch et sa chienne Stella
Stella, la compagne de tribune de Tamara Korpatsch.

Dans les tribunes, ce n’étaient pas seulement ses parents, Thomas et Birgit, qui suivaient chaque échange. Il y avait aussi sa chienne Stella, une petite Maltipoo de sept mois — installée au chaud sur les genoux de sa maîtresse. Pour affronter la fraîcheur du nord, Korpatsch a pris les devants : une tenue rose et blanche, bien moelleuse. Et la chienne, elle, n’a pas fait de théâtre : « Je l’ai naturellement habillée chaudement. Même quand elle m’a vue jouer, elle est restée calme. »

Le plus drôle (et le plus touchant) dans cette routine, c’est la façon dont Korpatsch décrit le rôle de Stella : « Elle est toujours là. Si je gagne, elle se réjouit avec moi. Si je perds, elle me réconforte. Je suis vraiment heureuse de l’avoir avec moi. » Un soutien qui n’a pas besoin de justifier sa présence.

Et pendant que Stella faisait son travail de « chauffage affectif », Korpatsch, elle, a dû composer avec un autre adversaire : les conditions de jeu. « Je déteste le froid. Sur le Central, il faisait froid, mais en même temps il y avait une forte humidité, j’ai énormément transpiré. Ça ne me plaît pas du tout. À la fin, j’ai eu de sacrés crampes aux pieds, et j’ai essayé de jouer plus agressif pour reprendre le contrôle des points. » Rien de glamour, mais c’est exactement ce qui rend la victoire crédible.

En quarts de finale, elle affrontera Anhelina Kalinina (29 ans), tête de série n°2, et classée n°57 au classement mondial.

Autre élément intéressant : huit joueuses allemandes avaient lancé leur tournoi dans le tableau principal WTA 250. Seule Korpatsch est encore en lice. Sa coéquipière de club, Noma Noha Akugue (22 ans), a en effet chuté lors du dernier match de la journée, en simple comme en double, contre Anna Bondar (29 ans, Hongrie), vainqueure sur une rencontre longue et tendue (1-6, 6-3, 5-7).

Points à retenir

  • Le match a basculé : Korpatsch a démarré très fort avant de devoir gérer un retour en puissance de Stusek.
  • La température a compté : entre froid ressent, humidité et sueur, les crampes ont clairement pesé dans la fin de rencontre.
  • Le duo humain-animal fonctionne : Stella n’a pas joué le point, mais elle a visiblement tenu son rôle côté moral.
  • Prochaine étape : les quarts s’annoncent plus exigeants face à Kalinina, tête de série n°2.
  • Les Allemandes ont été éliminées les unes après les autres — et Korpatsch reste, ce qui change la dynamique du tableau.

Au fond, ce qui me marque dans cette victoire, ce n’est pas seulement le score. C’est la manière : tenir quand le jeu s’emmêle, quand la météo s’en mêle aussi, et quand le corps réclame son dû. Je trouve ça assez rare pour être souligné — et c’est exactement le genre de détails qui rappelle pourquoi le tennis mérite qu’on s’y attarde. En tant que journaliste, je garde aussi un œil attentif sur tout ce qui donne une place à l’émotion, au collectif et aux histoires humaines dans un sport trop souvent résumé à des statistiques. Parce que, franchement, quand on voit une joueuse se battre jusqu’au bout (et être soutenue par sa chienne sur les genoux), on ne parle pas seulement de points : on parle de présence.


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