dim. Oct 11th, 2026
Dernier jour de course : vous donnez tout ! Per Strand Hagenes conclut l’année avec une victoire en solo sur Paris-Tours

Per Strand Hagenes (Visma-Lease a Bike) a lancé une attaque en solitaire sur le tard, juste avant la flamme rouge, avant de tenir bon jusqu’au bout pour s’offrir la victoire sur Paris-Tours (120e édition). Derrière, il a résisté au retour d’un groupe réduit, pour gagner cette classique au charme un peu “sans calcul” qui fait toujours parler d’elle.

Jasper Stuyven (Soudal-QuickStep) a tenté le tout pour le tout dans la ligne finale, mais il a dû se contenter de la deuxième place. Christophe Laporte a, lui, réglé le sprint du peloton réduit pour monter sur la troisième marche, pendant que Visma faisait une belle razzia avec 1-3.

Paris-Tours

L’échappée partie tôt a longtemps entretenu le suspense.
(Image credit : A.S.O./Gaëtan Flamme)

Sur 216 km entre Chartres et Tours, la course a commencé sur un rythme plutôt calme… avant de se réveiller assez vite. Malgré un départ qui pouvait laisser croire à une journée “tranquille”, un groupe s’est dégagé après moins de 10 km : 12 coureurs ont pris la route, avec notamment Jakob Söderqvist (Lidl-Trek), Stefan Bissegger (Decathlon CMA CGM) et Yves Lampaert (Soudal-QuickStep). Le peloton ne semblait pas ravi d’avoir autant d’atouts à gérer dans une seule échappée, et a d’abord serré les freins.

Après quelques “ça va ? ça ne va pas ?” dans la dynamique, l’écart a fini par se stabiliser : la fuite a gagné progressivement de l’air, jusqu’à environ 3 minutes sur les premiers 120 km. Forcément, sur une course longue, tout le monde économise un peu : les secteurs non goudronnés et les relances “qui piquent” arrivent pour rappeler que le confort n’est pas une option.

Mais comme souvent dans ce genre d’exercice, la trajectoire change au moindre incident : Martijn Rasenberg a dû quitter le groupe de tête après une crevaison, ramenant l’échappée à 11 coureurs.

À 50 km de l’arrivée, l’ambiance a basculé au moment d’une chute collective sur une portion de tarmac, avec plusieurs coureurs déportés vers l’herbe. Des noms capables d’aller chercher un bon résultat étaient impliqués, et certains n’ont tout simplement pas pu reprendre le rythme.

La course a ensuite continué “comme si de rien n’était” — ce qui est une façon polie de dire que ça repart fort dès que c’est possible. Un groupe de cinq s’est formé en tête : Yves Lampaert, Stefan Bissegger, Matys Louvel, Storm Ingebrigtsen et Julius van den Berg. Ils ont travaillé, tout en sachant que le peloton n’attendrait pas sagement son tour.

Le suspense a encore bougé avec une nouvelle accélération, puis un contre efficace : Pierre Gautherat a attaqué dans une montée, a repris les leaders puis est reparti pour aller chercher le prochain secteur “avant tout le monde”. Derrière, l’armada du peloton a mis du temps à refermer la parenthèse. C’est à 14 km de l’arrivée que Per Strand Hagenes a enfin rejoint — et avec lui Rasmus Pedersen, le temps de remettre du concret dans la bataille.

Au final, la dernière partie a tourné à plein régime. Les tentatives se sont succédé : des attaques au long cours, des intentions de sprint, puis à nouveau des relances. À 5 km du but, un groupe réduit a pris ses responsabilités. Et dans ce moment charnière, les choix ont fini par payer.

Dans les derniers kilomètres, la séquence la plus décisive vient de Toms Skujiņš : son accélération à environ 1,3 km a déclenché une réaction en chaîne. C’est sur ce coup que Hagenes a fait le bon geste : une attaque qui part de loin, mais avec une intention claire. Il a ensuite tenu sa ligne jusqu’au sprint final.

Stuyven a réagi le plus vite, mais le retour n’a pas suffi. Hagenes a franchi la ligne en premier, tandis que Laporte a assuré la troisième place avec un sprint bien géré. Visma a signé une belle performance d’équipe, et le final a encore une fois prouvé que Paris-Tours est rarement une course “calibrée”.

Points à retenir

  • Attaque au bon moment : Hagenes part juste avant la flamme rouge et transforme l’instant en avantage durable.
  • Échappée longtemps vivante : le groupe de 12 coureurs est resté crédible bien plus longtemps que ce que les équipes auraient aimé.
  • Les secteurs changent tout : la chute et les imprévus au milieu de course ont redessiné la hiérarchie sans demander la permission.
  • Un final à tiroirs : des tentatives au long cours, puis un plan sprint… jusqu’à ce que le dernier coup tranche vraiment.
  • Une victoire collective, pas solo : même quand un coureur file, le travail autour compte beaucoup (et ça se voit dans le 1-3).

À mes yeux, ce genre de victoire raconte la même histoire à chaque fois : on peut préparer, calculer… mais dès que la course accélère dans un secteur ingrat, il ne reste plus qu’à être au bon endroit, au bon moment. Et quand c’est le cas, ça donne un spectacle qui fait plaisir à un journaliste, surtout quand on pense que le vélo n’est pas qu’un chiffre ou un classement, mais une manière de vivre la compétition avec responsabilité — et un peu d’enthousiasme pour les efforts réels.

Classement

Place Coureur Écart
1 Per Strand Hagenes (Nor) — Visma-Lease a Bike 04:31:46
2 Jasper Stuyven (Bel) — Soudal-QuickStep +00:00:02
3 Christophe Laporte (Fra) — Visma-Lease a Bike —
4 Matys Grisel (Fra) — Lotto-Intermarché —
5 Jonas Abrahamsen (Nor) — Uno-X Mobility —
6 Paul Lapeira (Fra) — Decathlon CMA CGM —
7 Thibaud Gruel (Fra) — Groupama-FDJ United —
8 Lewis Askey (GBr) — NSN Cycling Team —
9 Florian Senechal (Fra) — Alpecin-Premier Tech —
10 Toms Skujins (Lat) — Lidl-Trek +00:00:09


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