Radsport
La jeune star française Paul Seixas a signé son premier grand succès sur l’un des cinq « monuments » du cyclisme. À 20 ans, il s’est imposé ce dimanche à Como après 239 kilomètres, en solitaire, sur le 120e Tour de Lombardie. Il devance le vainqueur de la Vuelta espagnole Enric Mas (+0 h 48) et l’Italien Giulio Ciccone (+1 h 05). Juste avant le départ, les coureurs avaient déjà fait passer un message : plus de sécurité, notamment face aux récents incidents dans le sport professionnel.
Seixas n’a pas laissé la pression du moment le perturber. Après une troisième place au classement général sur le Tour de France plus tôt cette saison, il a décroché son plus beau résultat jusqu’ici.
Sur Liège–Bastogne–Liège, autre grand classique du calendrier, il avait déjà frôlé le sommet en terminant deuxième derrière Tadej Pogačar. De son côté, Pogačar reste le détenteur du record de victoires sur le Tour de Lombardie : il peut compter sur une série impressionnante de succès avant cette course.
Côté classement, le Néerlandais Remco Evenepoel n’a pas réussi à suivre la cadence : il concède 1 minute et 20 secondes et se contente de la quatrième place, ex æquo avec le nouveau champion Brandon McNulty (États-Unis).
Le meilleur coureur autrichien, Felix Großschartner (UAE Team), prend la 80e place à 13 minutes et 30 secondes.
Un appel sans détour pour la sécurité
Avant la course, les principaux coureurs ont choisi une scène très visible pour protester publiquement. Leur demande est claire : améliorer les dispositifs de sécurité à la suite d’événements récents.
Au départ de Bergame, le peloton a même marqué un arrêt de cinq minutes, une façon de dire que ce n’est plus seulement une question d’organisation, mais bien de conditions de course.
Le message était notamment adressé à l’UCI, jugée insuffisamment proactive sur le sujet.
Evenepoel s’est ensuite adressé aux médias, en prenant la parole « au nom de tous » dans le cyclisme professionnel.
Son idée : ne plus accepter l’inacceptable, notamment lorsque des coureurs sont blessés — ou pire — pendant qu’ils font ce qu’ils aiment le plus.
Il a aussi été direct au sujet des mesures à mettre en place : permettre des courses où l’on peut se concentrer sur la route, sans avoir à se demander ce que feront les voitures, les motos et autres véhicules aux abords du parcours.
Le contexte est lourd. Cette saison a notamment été marquée par le décès du Britannique Finlay Tarling, en août, lors du Tour du Portugal. Le coureur de 19 ans avait été impliqué dans une collision avec un véhicule et avait succombé à ses blessures.
Après cet accident, d’autres scènes jugées dangereuses avaient encore été signalées, impliquant des véhicules et des motos sans lien direct avec l’épreuve.
Le père de Tarling avait ensuite demandé, via une déclaration publiée sur les réseaux sociaux, que l’UCI et les organisateurs prennent les mesures nécessaires.
Points à retenir
- Paul Seixas remporte le Tour de Lombardie à Como après un effort en solitaire, et signe ainsi son plus grand succès à ce stade de sa carrière.
- Le podium est très resserré : Enric Mas prend la deuxième place à moins d’une minute, Giulio Ciccone complète le top 3 à environ une minute d’écart.
- La course n’était pas seulement sportive : au départ, les coureurs ont stoppé le peloton cinq minutes pour demander davantage de sécurité.
- Evenepoel a porté le message en insistant sur la nécessité de réduire les risques liés aux véhicules et aux motos autour du parcours.
- L’émotion reste vive après le décès de Finlay Tarling, survenu quelques mois plus tôt au Portugal.
À mes yeux, ce qui est frappant dans cette histoire, c’est que le cyclisme se bat à la fois contre la pente et contre l’incertitude.
Quand même les grandes figures du sport font une pause collective pour réclamer des changements concrets, on sent que la question dépasse largement une course : elle touche à la façon dont on protège les coureurs, vraiment.
Et en tant que journaliste, je pense qu’on doit continuer à exiger des actes — pas seulement des paroles, ni des gestes symboliques qui font la une puis retombent dans l’oubli.