dim. Août 9th, 2026

8 août (Reuters) – La FIFA a averti samedi contre ce qu’elle a qualifié d’un « effort concerté et continu » visant à saper le président Gianni Infantino, estimant que toute tentative de remettre en cause sa direction doit s’inscrire dans les statuts de l’instance et les procédures démocratiques.

Cette déclaration intervient dans un contexte d’escalade des tensions autour de la gouvernance d’Infantino, après l’échec de sa proposition de lever environ 4,2 milliards de dollars en vendant une part des droits commerciaux liés à la Coupe du Monde et à d’autres tournois. Le plan a suscité des critiques de la part de l’UEFA, des associations nationales et de hauts responsables de la FIFA, a donné lieu à des appels à la démission d’Infantino et a déclenché une réunion de crise au Maroc cette semaine, au cours de laquelle la direction de la FIFA a réaffirmé son soutien au président. La FIFA n’a pas identifié ceux qui, selon elle, chercheraient à saper Infantino ni précisé quelles informations ou allégations elle visait.

La déclaration a suivi des reportages du Daily Telegraph sur des paiements effectués par l’UEFA à un ancien employé pendant le mandat dInfantino en tant que secrétaire général de l’instance européenne, des allégations qu’il a niées et que la FIFA a rejetées comme infondées.

« Ceux qui n’ont pas le soutien des associations membres de la FIFA ne devraient pas chercher à obtenir, par des allégations, des insinuations ou de la désinformation, ce qu’ils ne peuvent obtenir par les processus démocratiques établis par la FIFA », a déclaré l’instance. Elle a ajouté que les reportages récents comprenaient des « affirmations sans fondement et des allégations manifestement fausses » concernant la FIFA et son président, ajoutant qu’elle contesterait les rapports inexacts ou trompeurs « directement et vigoureusement ».

La FIFA a également affirmé qu’elle ne soutiendrait, faciliterait ni tolérerait aucun processus relatif à l’élection de son président qui ne serait pas conforme à ses statuts, procédures démocratiques et cadre de gouvernance. « Le président de la FIFA a été démocratiquement élu par les associations membres et continue à servir avec leur mandat », a-t-elle déclaré.

SOUTIEN DE LA FIFA DIVISÉ

À la suite d’une réunion de crise au Maroc mercredi, la FIFA s’est excusée auprès de ses 211 associations membres pour les erreurs dans la gestion de la proposition et a déclaré que sa direction avait réaffirmé son soutien total à Infantino. Les retombées de ce différend pèsent sur la candidature d’Infantino à un quatrième mandat lors du Congrès de la FIFA prévu à Marrakech en mars. Aucun candidat clairement en mesure de le contester n’a encore émergé.

L’UEFA a déclaré ne plus avoir confiance en Infantino, tandis que Lise Klaveness, présidente de la fédération norvégienne de football, a appelé à sa démission vendredi, affirmant qu’il ne disposait plus de la confiance institutionnelle nécessaire pour gouverner la FIFA. Cependant, Infantino bénéficie toujours d’un soutien solide parmi les 211 associations membres de la FIFA. La Confédération africaine de football (CAF) a approuvé son leadership à l’unanimité jeudi, tandis que la CONMEBOL d’Amérique du Sud a rejeté toute tentative de le démettre sans un vote de l’ensemble des membres de la FIFA. La fédération de football du Mexique (FMF) a également apporté son soutien à Infantino, alors que sa confédération régionale CONCACAF avait appelé à une « mise à plat complète » de sa présidence. « La FMF ne reconnaîtra ni n’approuvera aucun processus convoqué en dehors de ce cadre institutionnel », a déclaré la fédération mexicaine.

(Rédaction par Janina Nuno Rios à Mexico, édition par Pritha Sarkar)

Bon à savoir

– Le différend reflète des tensions entre fédérations régionales et la FIFA sur la direction du football mondial.
– Le prochain Congrès de la FIFA à Marrakech en mars fera office d’épreuve majeure pour Infantino.
– L’UEFA s’est déclarée sans confiance, tandis que certaines confédérations africaines et sud-américaines soutiennent Infantino.
– Des informations sur des paiements allégués et les réponses de la FIFA montrent que le dossier est également alimenté par la communication et les médias, notamment des articles du Daily Telegraph relayant des accusations.
– Le cadre statutaire et les procédures démocratiques de la FIFA restent les garde-fous pour tout changement de leadership.


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