sam. Août 8th, 2026
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Skjelmose a récemment donné un aperçu de la façon dont Jonas Vingegaard aborde la rivalité, loin du protocole des conférences de presse. Le coureur danois a en effet échangé régulièrement avec Tadej Pogačar, notamment pendant les courses, au fil de discussions qui dépassent le strict cadre sportif.

« Qu’est-ce que je suis censé faire ? »

« Jonas, c’est quelqu’un qui a vraiment évolué en tant que personne », a déclaré Skjelmose dans le podcast Hva så?! de Christian Fuhlendorff. « J’ai eu la chance de pouvoir lui parler assez souvent pendant les courses. On a de bonnes discussions. »

Une de ces conversations tournait directement autour de Pogačar. Skjelmose rapporte notamment les mots de Vingegaard : « Il dit : “Je produis le meilleur que j’aie jamais fait. Je ne peux pas faire plus. Qu’est-ce que je suis censé faire ? Je fais mon meilleur, et lui s’en va. Je ne peux pas faire plus.” »

Sur le plan des résultats, la saison 2026 de Vingegaard ne donnait pas franchement l’impression d’un déclin. Il a remporté Paris-Nice puis la Volta a Catalunya, avant de dominer le Giro d’Italia dès sa première participation : cinq étapes gagnées, et, au passage, trois Grands Tours au compteur avec des succès.

Cinq semaines plus tard, en revanche, Pogačar a de nouveau montré qu’il était le plus fort lors du Tour. Vingegaard a notamment semblé en difficulté quand le champion du monde accélère sur des passages plus courts et plus abrupts. Une faiblesse que Vingegaard a ensuite évoquée comme possible conséquence d’une préparation trop orientée vers les longues ascensions du Giro.

Dans la foulée, Michael Rasmussen a balayé cette explication à l’issue du Tour. L’ancien prétendant au Tour de Danemark a qualifié cela de « mauvaise excuse » et a estimé que Visma disposait de suffisamment de temps pour affûter Vingegaard entre les deux Grands Tours. Rasmussen est même allé plus loin sur le duel : « Visma aurait pu envoyer Jonas sur la Lune, le résultat aurait été le même : défaite face à Tadej Pogačar. »

Jonas Vingegaard en action lors de la 6e étape du Tour de France 2026

Le Tour 2026 a aussi marqué un changement de dynamique : l’abandon de Vingegaard a été le premier Tour depuis 2020 à ne pas voir Pogačar et Vingegaard finir 1er et 2e (dans un ordre ou dans l’autre).

Vingegaard porte toujours l’attente

La domination récente de Pogačar n’a pas vraiment fait émerger un coureur capable de s’approcher de façon régulière lors des Grands Tours. Vingegaard reste, lui, le seul à avoir battu le Slovène deux fois au Tour, et à finir soit premier soit deuxième lors de ses cinq premières apparitions sur l’épreuve.

En 2026, sa tentative a été interrompue par une blessure, alors qu’il était encore deuxième au classement général.

« Je pense qu’il y a une pression énorme sur lui », a ajouté Skjelmose. « Parce qu’il est le seul à avoir réussi à le concurrencer, et aussi parce qu’il est celui qui est le plus proche. Les attentes ne sont pas uniquement danoises : tout le monde se focalise sur lui. En quelque sorte, on a juste de la chance qu’il soit danois. »

Cette pression suit Vingegaard, même quand l’écart de Pogačar dépasse largement le cadre du Tour. Depuis que Pogačar a repris le maillot jaune en 2024, il a enchaîné des succès supplémentaires : Grands Tours, Monuments et Championnats du monde, en restant la référence face à laquelle Vingegaard est jugé, chaque mois de juillet.

Vingegaard aura 30 ans en décembre. Il est encore sous contrat avec Team Visma | Lease a Bike jusqu’en 2028. Son objectif immédiat : récupérer d’une fracture de la clavicule subie lors de la 15e étape du Tour. À ce stade, aucune date de retour n’a été confirmée.

Et quand arrivera leur prochaine confrontation au Tour, Vingegaard aura déjà prouvé qu’il pouvait battre les performances qui l’avaient conduit à deux titres. D’après Skjelmose, c’est précisément ce qui nourrit la question, répétée, et presque lancinante : qu’est-ce qu’il reste à trouver, au juste ?

Points à retenir

  • Le duel ressemble moins à une “formule” qu’à un mur : Vingegaard a l’impression de faire le maximum, puis de voir Pogačar partir quand même.
  • La saison 2026 n’annonce pas une baisse nette : victoires et domination sur plusieurs objectifs avant que le Tour ne bascule autrement.
  • Le Tour 2026 a brisé une habitude : Pogačar et Vingegaard ne terminent pas 1er et 2e dans l’un des deux ordres.
  • Le débat sur la préparation reste ouvert : Rasmussen conteste l’idée d’un travail trop orienté “longues ascensions”.
  • La pression dépasse le sport : Vingegaard porte des attentes qui viennent de tout le monde, pas seulement du Danemark.
  • Le retour dépend d’une récupération : la fracture de la clavicule rend la reprise plus incertaine que les annonces “à l’avance” qu’on aimerait tous entendre.

À mes yeux, l’intérêt de cette histoire n’est pas seulement de savoir qui a gagné, mais de comprendre ce que ça coûte d’être “le seul” à pouvoir répondre. Et quand je vois Vingegaard chercher encore ce qu’il “pourrait” améliorer, je me dis qu’on parle peut-être moins de performance que de limites humaines. En tant que journaliste, j’observe aussi les conséquences de cette domination : elle pousse le peloton à se dépasser… mais elle risque aussi de rendre la course encore plus difficile pour ceux qui n’ont pas la machine complète. L’esprit, au final, c’est : qui inventera la prochaine approche, et à quel prix ?


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