Au Masters 1.000 de Montréal, il n’y a guère de débat : le point du jour, c’est celui que Botic van de Zandschulp a réalisé face à Hubert Hurkacz. Le plus marquant ? Sa capacité à réagir depuis le sol. Alors que la position est complètement compromise, le Néerlandais avance sa raquette devant son corps pour tenter de contrer un retour. La balle traverse la totalité du court, passe au-dessus du filet… et finit par tomber dedans.
Le point est aussi né au bon moment. Hurkacz avait remporté le premier set et menait avec un break d’avance dans le second. Le Polonais, lui, a un service qui fait souvent des dégâts—et ça ne pardonne que rarement. On était à 6-3, 5-4 et service. Même à 40-15, Hurkacz a eu deux balles de set… que Van de Zandschulp a sauvées. Juste après l’égalité, le “coup” se produit à nouveau, cette fois transformé en break. Au final, le Néerlandais signe la remontée : 3-6, 7-6 (7/4) et 7-5. Il affrontera ensuite le Tchèque Mensik.
Autre détail qui intrigue : la réaction du vainqueur. Pas vraiment d’explosion, comme s’il venait de gagner un point parmi d’autres. À l’inverse, le public n’a pas mâché ses émotions, entre cris et applaudissements. Mais c’est assez cohérent avec son style : Van de Zandschulp cherche à maintenir, tout au long du match, une concentration très stable, que le match lui sourie… ou non.
Vand de Zandschulp : des victoires qui parlent (même quand les titres restent discrets)
Aujourd’hui, Van de Zandschulp pointe au 70e rang mondial. Son meilleur classement a été le 22e. Dans son palmarès, aucun titre en solo ne figure pour le moment. En revanche, il a déjà accroché des résultats qui comptent.
Il a notamment réussi un succès sur trois contre Novak Djokovic, celui qui date d’Indian Wells 2025 : 6-2, 3-6, 6-1. Il possède aussi une victoire contre Alcaraz, lors du 2e tour de l’US Open 2024 : 6-1, 7-5, 6-4. Et surtout, il était du “bon côté” du filet lors du dernier match pro de Rafael Nadal en Coupe Davis 2024, à Malaga : victoire de Van de Zandschulp pour 6-4 et 6-4.
Points à retenir
- Le fameux coup part d’une position très instable : il faut le voir pour comprendre pourquoi Hurkacz n’y a jamais vraiment cru.
- Le tournant arrive alors que Hurkacz sert et qu’il a deux balles de set : ces détails-là font souvent basculer un match entier.
- Van de Zandschulp garde une attitude plutôt neutre, presque “robotique” quand le public, lui, est en mode fête.
- Dans le dossier “gros noms”, son parcours rappelle qu’il peut battre très fort—même sans empiler des titres.
De mon point de vue, ce match montre surtout une chose : le tennis récompense parfois la capacité à rester lucide au pire moment, pas uniquement celle à être “meilleur” sur le papier. Et quand un joueur transforme deux balles de set sauvées en dynamique de break, j’avoue que ça me donne envie d’y croire—au-delà des classements. Journaliste engagé, je trouve qu’on devrait regarder davantage ce genre d’histoires : elles rappellent que l’émotion sportive naît souvent d’un instant, et pas d’un grand discours.