Aujourd’hui, c’est le jour le plus attendu par tous les passionnés de la Vuelta a Burgos. Les coureurs arrivent à Las Lagunas de Neila, la montée mythique de cette course, portée au calendrier depuis les années 1980 et qui ne déçoit presque jamais. C’est ici que se joue (souvent) le vainqueur final : les supporters se massent en nombre, avec des bas-côtés bien remplis, surtout sur les passages les plus durs, là où les pourcentages dépassent fréquemment les 15%.
« On devrait assister à un beau spectacle », a confié Xabier Zandio, directeur d’Ineos, avec Oscar Onley dans la liste des favoris pour la victoire d’étape comme pour la course.
La bataille finale se résume à peu de choses : en à peine six kilomètres, le vainqueur de la Vuelta a Burgos peut basculer. Ce final fait partie de ceux qui se jouent souvent au millimètre, et à l’arrivée on retient surtout l’intensité des dernières sorties.
Trois grands favoris se détachent : Felix Gall, Giulio Ciccone et Oscar Onley. Et comme si ce n’était pas déjà assez serré, ils ne sont séparés que par sept secondes. Sur une montée comme Neila, c’est une marge minuscule. Derrière, les principaux rivaux semblent être Enric Mas, Rondel et Pellizzari. Les deux premiers sont à 27 et 29 secondes, tandis que l’Italien pointe à 43. En pratique, il paraît peu probable que les trois premiers laissent tout s’effondrer… ce qui les maintient logiquement en tête des chances.
Felix Gall a déjà prouvé, sur El Escudo, qu’il était en pleine forme : il apparaît donc comme le favori le plus solide. Il ne connaît pas le col de Neila, même si on peut supposer que les repères lui ont été transmis avec un soin particulier. De son côté, Giulio Ciccone a été l’un des plus combatifs et a frôlé la victoire à deux reprises. Son avantage, lui, c’est qu’il connaît parfaitement la montée : il y a déjà gagné en 2025, devant Isaac del Toro, et sa motivation semble intacte pour viser la victoire finale. Quant à Oscar Onley, il a lui aussi montré qu’il est dans le bon timing, comme on l’a vu à Pineda et sur El Escudo.
Les coureurs et le peloton se retrouveront à partir du deuxième kilomètre d’ascension, avec des rampes souvent au-dessus de 10%, et par moments qui franchissent allègrement le cap des 15%. Une situation qui transforme rapidement l’ascension en test grandeur nature.
Points à retenir
- Sept secondes entre les trois favoris, ça veut dire que la moindre erreur coûte cher… et qu’on ne peut pas vraiment se permettre de « gérer ». (Enfin, pas longtemps.)
- Neila ne pardonne pas : dès le départ de l’ascension, les pourcentages montent rapidement, et le peloton devient une affaire de sélection.
- Le facteur “connaissance du terrain” compte : Ciccone a déjà gagné ici, ce qui donne toujours un petit avantage mental.
- Les poursuivants ont de quoi rêver, mais leur retard impose d’être patients… puis très agressifs au bon moment.
Et moi, en tant que journaliste, j’avoue que j’attends ce final avec cette petite tension agréable : une montée aussi exigeante a le mérite de révéler les forces… sans trop laisser de place aux effets de style. Si la course bascule, ce ne sera pas par hasard : ce sera un choix, un moment, et une intensité assumée. Et franchement, c’est exactement le genre de spectacle qui donne envie d’y croire — pour de vrai.