ven. Août 7th, 2026
Katarzyna Niewiadoma-Phinney wipes away a tear on the podium after winning stage seven of the 2026 Tour de France Femmes

Katarzyna Niewiadoma-Phinney a réalisé un numéro en solitaire jusqu’au sommet du Mont Ventoux pour signer sa première victoire d’étape sur le Tour de France Femmes, tout en prenant la tête du classement général.

Cette édition marque une grande première : le Mont Ventoux fait partie du parcours du Tour de France Femmes, en “reine des étapes”, comme on dit quand on veut annoncer du lourd.

Niewiadoma-Phinney lance sa chevauchée après un départ de La Voulte-sur-Rhône, longue de 146,8 km. Elle y est troisième au général, à 1 minute 17 secondes de la leader Marlen Reusser, tandis que Demi Vollering occupe la deuxième place.

Sur le Ventoux, il ne lui reste plus que 9 km quand la Polonaise Canyon-SRAM décide d’attaquer. Celle qui a remporté le Tour en 2024 met alors tout le monde sous tension.

À l’arrivée de la septième étape, elle se retrouve seule avec assez d’avance pour se jouer de ses rivales… et installer une vraie bataille pour le maillot jaune.

Au final, Niewiadoma-Phinney franchit la ligne d’arrivée au sommet avec 1 minute 16 secondes d’avance sur la Néerlandaise Vollering. Reusser termine ensuite à 30 secondes supplémentaires, et la championne en titre Pauline Ferrand-Prevot accuse plus de 10 minutes de retard.

Désormais, la coureuse prend la tête avec un avantage de 15 secondes sur Vollering. À la troisième place, Reusser compte 39 secondes de retard.

« Je suis encore sans voix avec ce qui vient de se passer », a déclaré Niewiadoma-Phinney. « Cette victoire, elle appartient à beaucoup de personnes. Il y avait celles et ceux qui m’accompagnaient sur cette route très longue, sans toujours avoir la chance de décrocher un gros succès. »

Elle raconte aussi un moment marquant : « C’était drôle… Quand on a commencé à grimper le Mont Ventoux, j’ai regardé à droite et j’ai vu mes parents. Ils étaient venus me surprendre, et j’ai vu mon père pleurer. Je me suis dit : “Je veux juste réussir à les rendre fiers.” »

Samedi, l’avant-dernière étape sera la plus longue de la course. Avec 171,9 km majoritairement plats de Sisteron à Nice, le parcours devrait davantage convenir aux sprinteurs.

La suite promet toutefois une fin plus animée : il restera ensuite une étape de montagne de 99,2 km, toujours au départ et à l’arrivée à Nice, pour départager les concurrentes au classement général ce dimanche.

Points à retenir

  • Le Ventoux fait son entrée au Tour de France Femmes : un choix qui ne fait pas semblant d’être “juste décoratif”.
  • Niewiadoma-Phinney a attendu le bon moment, avec une attaque à 9 km du sommet : le genre de timing qui change un classement général en un clin d’œil.
  • Elle compte 15 secondes d’avance avec deux étapes restantes : assez pour respirer un peu, pas assez pour relâcher.
  • La journée de samedi, plutôt plate, pourrait donner un peu de marge aux équipes… mais la montagne de dimanche rappelle que l’histoire se décide souvent au dernier acte.
  • Le récit familial de Niewiadoma-Phinney ajoute une dimension humaine : parfois, le sport ne gagne pas tout seul—il est aussi poussé par des gens au bord de la route.

À mes yeux, ce qui rend cette étape vraiment intéressante, c’est le mélange entre stratégie et émotions : une attaque calculée, une bascule au Ventoux, et des repères personnels qui viennent habiller la performance. En journaliste, je ne peux pas m’empêcher de le dire : si le cyclisme féminin continue d’offrir des étapes “révélatrices” comme celle-ci, alors on aura du mal à faire semblant de ne pas y regarder de plus près—et je compte bien continuer à le défendre avec attention, sans détour.


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