Toronto : Mirra Andreeva lance son “millier” en mode express et vise Leila Fernandez
Le tournoi « mille » féminin de Toronto prend de la vitesse… et Mirra Andreeva aussi. La joueuse russe a ouvert le bal de la meilleure des façons, en écrasant la Tchèque Karolína Plíšková 6-0, 6-2. Prochaine étape : un match contre la Canadienne Leila Fernandez, à suivre de très près.
Plíšková balayée en moins d’une heure
Dans son premier match au Canada, Andreeva a dominé l’ancienne n°1 mondiale Karolína Plíšková. Le tout s’est joué en moins d’une heure : au premier set, elle a même infligé un « double zéro » (“bаранка”) à son adversaire.
Sur l’ensemble de la rencontre, Mirra a marqué 56 points contre 28 pour Plíšková. Elle a enchaîné avec 16 coups gagnants pour seulement 9 fautes directes, et a remporté 77% des points derrière sa première balle.
Avec cette performance, Andreeva devient aussi la deuxième joueuse adolescente (depuis l’introduction du format WTA-1000 en 2009) à compter autant de victoires sur ce niveau de compétition. Elle en a déjà 52 à son actif, et seules Corry Gauff (54) fait mieux.
Des observateurs qui voient un “reset” dans sa dynamique
La réaction du Tennis Letter résume bien le changement : « Depuis sa victoire à Roland-Garros, tout avait légèrement ralenti… mais elle a l’air à nouveau reposée. Elle a gagné 9 de ses 11 derniers matchs. 39e victoire de l’année 2026. Et en plus, elle a atomisé une ancienne finaliste de ce tournoi. »
Un point de vue rejoint par l’analyste américain Matt Cronin, qui souligne le rythme élevé affiché par les jeunes joueuses : « Andreeva et Yovitch ont gagné en montrant une vraie vitesse. Andreeva peut être très offensive, et Yovitch joue très bien sur les angles. Elles sont toutes les deux très jeunes, mais elles sont sacrément solides, et ça ne fait que progresser—à condition de rester calmes. »
Andreeva dit être “satisfaite” de son début, et raconte Toronto
En conférence de presse, Mirra a aussi parlé de son match et de son adaptation : « J’ai vraiment aimé ma façon de jouer aujourd’hui. Je me demandais si ce serait difficile pour mon premier match dans une nouvelle ville… Mais je suis très contente de ce que j’ai montré. Et je suis évidemment heureuse de passer au tour suivant. »
Elle a également partagé son ressenti sur Toronto. L’an dernier, le « mille » avait lieu à Montréal, donc ce déplacement sur les courts de la ville canadienne était une première. Sa visite a été simple, mais marquante : Unionville, une petite rue avec restaurants et glaciers. « On dirait un décor de film : de belles maisons, de petits endroits très sympas… et avec Conchita, on s’offre toujours quelques yaourts glacés. Ça a clairement donné une image très positive de Toronto. »
Pause après Wimbledon : “j’avais besoin de déconnecter”
Avant le Canada, Andreeva avait eu un arrêt plus long que d’habitude. Après Wimbledon, elle n’a pas joué pendant plus d’un mois. Elle explique que ce break était volontaire : « Oui, je pense que cette pause m’a fait du bien. Je voulais vraiment m’éloigner du tennis et me reposer. Je n’avais pas joué presque une semaine, donc c’était agréable mentalement—et maintenant j’ai envie de remettre le pied sur le court. J’étais contente de commencer à Toronto. »
Pause, gazon… et sujets “WTA” : elle dit être prête
Andreeva a aussi évoqué le passage aux surfaces rapides après Roland-Garros, expliquant qu’elle n’aurait pas forcément changé la suite du calendrier : « Si ça dépendait de moi, je prendrais une pause. Mais ce n’aurait pas forcément été la meilleure décision : il fallait préparer sérieusement la saison sur gazon. Je ne suis pas particulièrement fan des courts en herbe, mais j’aime venir jouer à Londres et en Allemagne. Donc je ne changerais rien. »
Dans le même entretien, elle s’est exprimée à propos des tests liés au genre que la WTA compte mettre en place : « Je n’ai rien contre ces évolutions. Je suis concentrée sur mon maximum à chaque tournoi—Toronto, Cincinnati, New York… Je suis d’accord avec les règles de l’association et je les suivrai. »
Un petit “bug” à l’US Open, et une note d’espoir
Enfin, elle a répondu à une question qui revient souvent : pourquoi ses résultats à l’US Open sont moins réguliers que dans d’autres tournois du Grand Chelem. Son meilleur résultat reste un 3e tour en 2025. En 2023 et 2024, elle s’est arrêtée au 2e tour. Son discours est à la fois factuel et motivé : elle aime jouer à New York, mais n’y trouve pas encore le bon déclic.
« J’espère que ça va changer. Tôt ou tard, ça doit arriver. À l’US Open, c’est toujours l’un de ces tournois du Grand Chelem où je n’arrive pas encore à faire ce que je veux… Mon meilleur résultat ici, c’est le troisième tour—donc ce n’est pas mon “top”. J’aime New York : pour l’instant, ce n’est pas parfait, mais je veux croire qu’aquesta fois, ou un jour prochain, je jouerai mieux. »
Andreeva face à Leila Fernandez : un match qui peut faire mal… des deux côtés
Pour la suite, Mirra affrontera Leila Fernandez. Andreeva prévient que la rencontre sera difficile, notamment parce que la Canadienne joue chez elle : « Oui, ça va être compliqué. Elle joue devant ses supporters, donc évidemment ça l’aide. Mais c’est aussi une joueuse incroyable. La dernière fois qu’on s’est rencontrées, c’était un match très dur. Ce sera intéressant pour le public—et très exigeant pour nous deux. J’espère simplement que nous aurons bien préparé, avec Conchita. »
Fernandez, elle, n’arrive pas en touriste : elle compte cinq titres sur le circuit WTA en simple. En 2026, elle n’a pas encore gagné de trophée, mais elle a deux tournois à son actif la saison dernière : Washington (catégorie 500) et Osaka (WTA 250). Elle a également déjà remporté deux fois Washington (Monterrey) en 2021 et 2022, et un WTA 250 à Hong Kong en 2023.
Un autre repère : en 2021, Fernandez avait fait sensation en atteignant la finale de l’US Open, avant de s’incliner face à Emma Raducanu (4-6, 3-6).
Leurs confrontations : un avantage léger pour Andreeva, mais sur le bon type de terrain
Cette saison, le meilleur résultat de Fernandez sur les “500” et “1000” comprend notamment un quart de finale à Stuttgart et à Strasbourg, ainsi qu’un quart à Madrid. Et justement : à Madrid, Fernandez avait stoppé Andreeva 7-6, 6-3.
Au total, elles se sont rencontrées trois fois : deux matchs sur terre battue (où Andreeva a gagné) et un sur dur (que Fernandez a remporté). On peut donc résumer l’historique simplement : Andreeva mène 2-1 en face-à-face, mais la dernière rencontre sur surface rapide a souri à la Canadienne.
Après un succès en 2023, Fernandez avait expliqué que face à Andreeva, ce n’est jamais “facile” : « Mirra est une joueuse incroyable. C’est toujours dur contre elle. J’étais contente de voir comment j’ai combattu, comment j’ai cherché des solutions… et je pense que le soutien du public m’a aussi aidée à aller plus loin. »
Reste à savoir si Andreeva trouvera une réponse supplémentaire cette fois-ci. Le match est programmé pour vendredi 7 août.
Points à retenir
- Andreeva a lancé Toronto avec une démonstration claire : 56 points contre 28 et un premier set quasi “silencieux”.
- Son interruption après Wimbledon semble avoir servi de vrai récup—et elle dit avoir eu besoin de décrocher, pas seulement de “changer d’heure”.
- Fernandez joue à domicile et arrive avec un palmarès solide : même si Andreeva mène en face-à-face, le match ne se résume pas à un score sur papier.
- Leila et Mirra partagent un point commun : un style qui peut accélérer très vite… à condition de rester maître de ses choix.
- Au-delà de Toronto, le thème de l’US Open reste un chantier pour Andreeva : elle a identifié le problème sans dramatiser, et c’est souvent là que ça commence à bouger.
Et si je dois donner mon impression de journaliste un peu trop curieux : ce tournoi peut devenir un test grandeur nature pour Mirra—pas seulement sur le court, mais aussi dans la manière d’enchaîner. Parce qu’entre une dynamique qui monte, une préparation plus “lucide” et un adversaire qui sait profiter du bruit autour du court, la suite a de quoi piquer l’intérêt. Je suis curieux, et je vais suivre ça de près—avec l’envie que le tennis féminin garde ses conversations, ses règles, et ses athlètes au centre, sans filtre inutile.
