Tensions autour du double programme international de football entre l’Irlande et Israël avant des matches sur terrain neutre
Des tensions croissantes entourent un double affrontement international de football entre l’Irlande et Israël, les deux nations utilisant des propos provocateurs alors que des manifestants à Dublin appellent au boycott des matches. Les rencontres, prévues dimanche et le 4 octobre sur terrain neutre, se tiendront après que la Fédération irlandaise de football (FAI) a demandé à l’UEFA de suspendre l’Israeli Football Association en signe de protestation contre l’action militaire d’Israël dans Gaza ; la demande a été rejetée par l’instance européenne.
Des militants ont intensifié leurs actions pour empêcher l’Irlande de disputer le premier match face à Israël, notamment par un rassemblement devant l’hôtel de l’équipe à Dublin lundi soir. Plus de 160 sportifs irlandais ont signé une lettre ouverte, lancée par Irish Sport for Palestine, appelant la FAI à reconsidérer sa décision et affirmant : « Avec ce moment, vous avez l’opportunité de faire ce qui est juste ».
Après avoir dévoilé sa sélection, l’entraîneur irlandais Heimir Hallgrímsson a déclaré sans pointer du doigt des joueurs en particulier : « Sans viser des individus, aucun d’entre nous ne se sent à l’aise de jouer dans ces matches, mais une fois la décision prise, nous sommes ensemble et nous jouons unis. » Hallgrímsson, originaire d’Islande, a aussi été interrogé sur la manière dont ses joueurs pourraient rester concentrés pendant ces rencontres.
Israël a démenti toute intention de viser délibérément des civils et a répliqué à certaines accusations, y compris celles de groupes de droits humains, en publiant sur les réseaux sociaux une réponse reprochant notamment à Hallgrímsson son attitude. Le message évoquait les contributions d’Israël au monde et à l’humanité, tout en critiquant ce qui était présentés comme de l’ignorance et de l’hypocrisie de la part de l’entraîneur.
Plus tôt, Israël a été contraint de déplacer ses matches à domicile, souvent en Hongrie pour des raisons de sécurité, depuis octobre 2023, l’UEFA ayant estimé que le pays ne pouvait pas accueillir des rencontres internationales en raison du conflit en cours. Le ministère de la Santé de Gaza a rapporté que le conflit au Hamas a fait plus de 73 821 morts parmi les Palestiniens. L’Organisation mondiale et d’autres organismes internationaux s’appuient sur les chiffres du secteur health de Gaza, qui ne distingue pas systématiquement civils et militants, mais indique que les femmes et les enfants représentent une part importante du bilan.
Pourquoi l’Irlande joue ces matches
Les appels à boycotter les matches contre Israël ont été forts en Irlande. Lors d’un match amical en mai contre le Qatar, des activistes avaient lancé des balles de tennis sur le terrain en signe de protestation. La FAI a soutenu que boycotter les rencontres pourrait nuire à leurs chances de qualification pour le championnat d’Europe 2028, qui se tiendra en partie en Irlande, et elle a donc décidé de maintenir les matches afin d’éviter ce qu’elle décrit comme des dommages importants et durables.
Le match du dimanche aura lieu à Debrecen, en Hongrie, et le match retour — présenté comme une « rencontre à domicile » pour l’Irlande — se disputera à huis clos à Bačka Topola, dans le nord de la Serbie. L’Irlande a choisi d’organiser les rencontres sur terrain neutre en raison de ce que la FAI appelle des « défis opérationnels » susceptibles d’apparaître si l’affrontement avait lieu à Dublin. Israël a été contraint de déplacer ses matches à domicile, souvent en Hongrie pour des raisons de sécurité, l’UEFA ayant interdit au pays d’organiser des matches internationaux en raison du conflit.
Aucune billetterie ne sera mise à disposition des supporters irlandais pour ces deux matches.
Pourquoi les deux sides jouent-ils quand même ?
– Le contexte de sécurité et les implications sportives ont conduit les organisateurs à privilégier des lieux neutres afin d’éviter des risques logistiques et sécuritaires susceptibles d’éroder l’intégrité des matches.
– L’UEFA, et les instances responsables du football européen, restent confrontées à des pressions politiques autour de ces rencontres, ce qui complique les décisions et alimente les débats publics.
– Les autorités sportives veulent préserver les chances des équipes dans les compétitions à venir tout en répondant, dans une certaine mesure, aux sentiments publics et à leurs responsabilités en matière de sécurité.
– Des voix antiguerre et pro-palestine en Irlande estiment que l’enjeu dépasse le seul cadre sportif et reflète une position éthique sur le conflit dans la région.
– D’un côté comme de l’autre, les épaules restent tournées vers la sécurité des joueurs et du personnel, avec des mesures adaptées dans les stades et autour des sites des rencontres.
Bon à savoir
– Les matches se disputent sur terrain neutre pour des raisons dites opérationnelles, afin de réduire les risques et les tensions entourant la rencontre.
– L’Irlande évoque le risque que le boycott puisse nuire à sa qualification pour l’Euro 2028, co-organisé avec le Royaume-Uni.
– Le premier match se tient en Hongrie (Debrecen) et le retour en Serbie (Bačka Topola) à huis clos.
– Aucune place n’est vendue aux supporters irlandais pour ces deux rencontres.
– La controverse et les échanges entre les fédérations des deux pays illustrent comment le sport peut devenir un terrain de débat politique et humanitaire, au-delà de l’aspect purement sportif.
– Le contexte humanitaire dans la région demeure grave, avec des bilans plus élevés dans les victimes civiles selon les sources officielles de Gaza et des observateurs internationaux.
– La couverture de NBC News a mis en avant les tensions et les positions des parties, rappelant que le sport peut être une arène où les enjeux géopolitiques se manifestent, même lorsque les compétitions se jouent sur un terrain neutre.