Juan Carlos Ferrero a récemment partagé ses réflexions dans une interview accordée à El Cafelito, un espace dirigé par le talentueux Josep Pedrerol. Dans cet échange, il a clarifié que sa décision de ne plus suivre Carlos Alcaraz sur les réseaux sociaux n’est en aucun cas le reflet d’un ressentiment, mais plutôt d’un besoin de recul. À 46 ans, le valencien a expliqué : “Je ne le suis plus pour prendre un peu de distance. Sur Instagram, les contenus de tennis s’imposent à moi.” Près de trois mois après leur séparation et deux titres remportés par Alcaraz, Ferrero admet mal vivre cette période de transition. En décembre dernier, le joueur avait annoncé la fin de leur collaboration, indiquant des « temps de changement » pour tous les deux.
Depuis lors, Alcaraz a triomphé lors de l’Open d’Australie puis à Doha, tandis que Ferrero a rejoint le projet de golf d’Ángel Ayora en tant que coach mental. Bien qu’il se sente « bien » psychologiquement, il admet que la coupure est difficile à accepter. Après sept années d’investissement auprès du numéro un mondial, il ressent encore de la douleur à chaque fois qu’il voit jouer son ancien protégé : “D’un côté, je veux qu’il réussisse, mais d’un autre, cela me rend triste de ne pas être là.”
Ferrero a reçu de nombreuses offres, ce qui le rassure sur la reconnaissance de son travail, mais il préfère pour l’instant se concentrer sur son académie de Villena (Alicante) et faire quelques interventions auprès d’Ayora. Néanmoins, il a pris le temps de contacter Alcaraz depuis leur dernière rencontre à Turin fin novembre : “Je lui ai écrit après l’Open d’Australie et après Doha pour dire bonjour, sans aucun problème. J’ai même envie de lui donner un câlin pour normaliser la situation et jouer au golf ensemble si possible.”
La séparation, selon Ferrero, découle principalement de divergences contractuelles et non d’un conflit personnel, même si l’entourage d’Alcaraz a pu jouer un rôle dans sa décision : “Il est certain que de telles décisions se discutent en famille. Nos visions pour l’avenir différaient.” Il tient à rassurer : “Rien de dramatique ne s’est produit, et nous nous adaptons à la situation.”
“Je ne pourrais pas lui dire non”
Samuel López, un ancien collègue de l’académie de Villena fondée par Ferrero, a pris la relève en tant qu’entraîneur d’Alcaraz. Bien que Ferrero l’ait encouragé à rejoindre Carlos pour sa confiance et son expérience, il ressent une certaine peine. Cela dit, il confie que la situation s’améliore avec le temps : “Les débuts étaient compliqués, mais cela va mieux.”
Ferrero considère qu’il est prématuré de clore ce chapitre, soulignant qu’un café tranquille avec Alcaraz serait bénéfique. “J’aimerais vraiment prendre le temps de discuter de tout ce qui s’est passé et de partager un moment ensemble.”
Interrogé sur un éventuel retour dans le circuit, il se montre réfléchi : “Je reviendrai, car je sens qu’il me reste beaucoup à offrir. J’ai reçu des propositions, mais je ne suis pas encore prêt à m’engager. Si Carlos me sollicitait pour revenir, comment pourrais-je dire non ?”
Enfin, Ferrero dissocie la fin de leur relation professionnelle de la docuserie diffusée en avril, Alcaraz: A ma façon. Dans cette série, il avait exprimé ses doutes sur la compréhension du travail par Alcaraz, mais il souligne que les résultats parlent d’eux-mêmes : “Carlos prouve qu’il est capable de jongler entre ces deux mondes. L’avenir ? Personne ne peut le prédire. J’espère qu’il réussira, car j’aimerais toujours faire partie de cette aventure.”
Points à retenir
- La décision de Ferrero de quitter Alcaraz est plus stratégique que personnelle.
- Alcaraz a remporté deux titres après la séparation — l’un peut se demander si cela lui a donné un coup de fouet.
- Ferrero semble toujours attaché émotionnellement au jeune prodige, illustrant la complexité des relations entraîneur-joueur.
- Samuel López est désormais l’entraîneur d’Alcaraz, ce qui pourrait entraîner de nouveaux succès — ou pas.
- Les discussions sur la séparation mettent en lumière les défis de la gestion d’une carrière sportive à haut niveau.
Au fond, cette situation soulève la question : jusqu’où la relation entre un entraîneur et un athlète peut-elle évoluer sans que cela empiète sur leur performance ? Je suis curieux de voir comment les choses vont se déployer pour ces deux talentueux individus. Les saga sportives sont souvent aussi fascinantes que sportives, non ? C’est un point de vue qui mérite d’être discuté.