sam. Août 29th, 2026
Rafa Nadal (40 ans) : sa vision entrepreneuriale sur un changement majeur de mentalité

La difficulté croissante à acheter un logement a bousculé les habitudes financières des jeunes. D’après une étude récente, seuls un jeune emancipé sur quatre parvient à épargner plus de 300 euros par mois. Un montant qui ne suffit généralement pas à rassembler l’apport nécessaire pour une hypothèque. En toile de fond, la perte de pouvoir d’achat accumulée sur plusieurs décennies a progressivement déplacé le logement du haut de la liste des priorités, au profit d’autres envies liées au temps libre.

Interrogé par CNBC, Rafa Nadal résume ce changement de cap : « Avant, on essayait d’économiser pour acheter une voiture ou une maison. Maintenant, les gens accordent beaucoup plus de valeur aux expériences et investissent beaucoup dans les voyages et la découverte d’endroits différents. » Pendant que les prix de l’immobilier continuent de monter et que l’offre se contracte, les dépenses touristiques des ménages augmentent de 2,6% sur un an, selon des données de l’INE, même si le nombre de voyages recule de 4,7%.

Loisirs et voyages : une place de plus en plus grande dans le budget

Les voyages et les activités de loisir se sont imposés comme une des lignes majeures du budget familial.

Rafa Nadal

Ce phénomène ne s’explique pas seulement par des contraintes économiques. Il reflète aussi une évolution culturelle dans la manière de concevoir le bien-être et l’usage du temps libre.

Nadal met le doigt dessus avec une formule simple : « L’état d’esprit des gens a beaucoup changé. » Il dit avoir forgé cette perception en passant des décennies à voyager dans le monde en tant que sportif de haut niveau.

Rafa Nadal, avec Zel Hotels

Du sport à l’entreprise : une autre manière de vivre sa discipline

À 40 ans, Nadal cumule un palmarès remarquable. Sa carrière a été rythmée par les déplacements et de longs séjours à l’hôtel, dans plusieurs pays. Forcément, cette exposition a influencé ses projets hors des courts.

En 2022, il fonde Zel Hotels avec Gabriel Escarrer, président de Meliá Hotels International. L’ambition : proposer des établissements centrés sur le bien-être, les loisirs et les expériences. « Nous avons décidé de lancer cette aventure ensemble parce que nous partageons les mêmes valeurs et un mode de vie méditerranéen », indiquent-ils dans la présentation du projet.

Depuis sa retraite en 2024, Nadal dit rester actif et s’investir dans de nouveaux projets. « Je ne suis pas le genre de personne qui se lève le matin sans savoir quoi faire. Mon objectif était de continuer », explique-t-il.

Un héritage au-delà de la piste

En plus de Zel Hotels, Nadal soutient la Rafa Nadal Academy, fondée à Manacor en 2016, en lien avec d’autres centres sportifs et éducatifs à l’international. Son message est clair : « De la même façon que j’ai construit un héritage sur le terrain, c’est maintenant le moment d’en construire un en dehors. »

Il rappelle aussi que les apprentissages du sport lui ont servi pour aborder cette nouvelle étape, notamment pendant la période de récupération après sa blessure à la hanche en 2023. « Le sport t’apprend à supporter la frustration, à travailler en équipe, à accepter qu’on perd parfois et à gérer aussi les victoires. »

Points à retenir

  • Épargner pour l’accès au logement devient un parcours du combattant : quand l’apport manque, les projets immobiliers passent en mode “pause”.
  • Les données montrent un paradoxe intéressant : moins de voyages, mais des dépenses qui continuent d’augmenter—comme si on finissait par “choisir mieux” plutôt que “voyager plus”.
  • Le déplacement des priorités ne se réduit pas à l’argent : le rapport aux expériences et au temps libre pèse de plus en plus dans les décisions.
  • Nadal illustre cette bascule en transformant une logique de vie (déplacements, rythme, bien-être) en projets concrets, loin du simple “après-carrière”.

Au final, je trouve que l’histoire raconte moins un caprice qu’un ajustement : quand le logement devient difficile à atteindre, on recompose ses priorités—et on appelle ça “vivre”. À mon sens, la vraie question est politique et sociale : combien de temps faudra-t-il pour que le projet d’un foyer ne ressemble plus à un luxe, mais à une option réaliste ? C’est là que, en tant que journaliste, je veux qu’on continue à pousser le débat.


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