mer. Sep 23rd, 2026
Toni Nadal, le mentor de Rafa, recadre Zverev : Je lui ai dit de ne pas manquer de respect à son père, son entraîneur
Toni Nadal
Toni Nadal. (Matthieu Mirville)

Alexander Zverev a voulu Toni Nadal dans son équipe. L’ex-entraîneur de Rafael Nadal a toutefois expliqué qu’il n’avait pas accepté, alors même que l’Allemand était classé numéro 3 mondial et cherchait à relancer son projet avec un staff plus “près du terrain”.

Au cours de la deuxième journée du Forum international du sport (FID) Ciudad de León ABANCA, Toni Nadal a raconté sa réponse : ce n’était pas, selon lui, une simple affaire de changement de coach. Il a insisté sur la nécessité de faire évoluer le caractère de Zverev : “Je lui ai dit non. Ce n’était pas une question de changer d’entraîneur, mais d’essayer de changer son tempérament. S’il le faisait, le succès viendrait naturellement.”

Le Majorquin a aussi demandé à Zverev de ne pas “faire de tort” à son père, qui était alors son entraîneur. Il a ajouté un point plus personnel : ne pas laisser un autre technicien “gagner un Grand Chelem” avec lui avant que son père n’y arrive. Et Toni d’être cash : “Je ne suis plus de ce monde, je suis plus âgé et je ne suis pas là pour courir derrière un joueur partout.”

Toni Nadal (ancien entraîneur de Rafael Nadal)
Toni Nadal, ancien entraîneur de Rafael Nadal. (Europa Press)

Pour contextualiser, Toni Nadal a rappelé que Zverev connaissait déjà “la maison”. L’Allemand avait passé dix jours dans l’Académie Nadal à Majorque, et il avait ensuite affirmé que sa trajectoire s’était débloquée grâce à cette expérience. “J’ai été dix jours, je me suis très bien entendu avec Toni, et je pense qu’il s’est aussi bien amusé. J’essaie de le convaincre de travailler davantage de semaines avec moi, mais c’est une personne très occupée”, avait alors confié Zverev.

Après l’US Open, Toni Nadal a aussi commenté la dynamique de Zverev : pour lui, ce succès donnait un nouvel élan et rapprochait encore davantage l’Allemand de ses principaux rivaux, Carlos Alcaraz et Jannik Sinner.

Son analyse va plus loin : le changement, d’après Toni Nadal, se voit dans la manière d’aborder les grands rendez-vous. “Il est passé d’un joueur que ce type de tournois paralysait, à quelqu’un qui réussit désormais à montrer sa meilleure version”, a-t-il expliqué. Et il a reconstitué le fil : après Paris, Zverev a livré son meilleur Wimbledon jusqu’ici, puis à New York il a de nouveau prouvé qu’il pouvait revenir au premier plan.

Alexander Zverev avec le trophée de l'US Open
Alexander Zverev avec le trophée de l’US Open. (Reuters/Robert Deutsch)

À León, Toni Nadal a également regardé vers le tennis espagnol, avec Zverev une fois encore dans l’équation. Il a salué un vivier qui ne se résume pas à une seule star : “On a l’un des meilleurs, sinon le meilleur, du circuit avec Sinner et Zverev. Mais l’Espagne a aussi un niveau très élevé, pas seulement avec Carlos Alcaraz, mais aussi avec Rafa Jódar, Martín Landaluce ou Daniel Mérida. Et comme tout le monde est encore jeune, on peut penser qu’on restera à un niveau très haut pendant des années.”

Interrogé sur son image de coach exigeant, Toni Nadal n’a pas cherché à enjoliver : “J’ai été un entraîneur exigeant parce que je cherchais toujours la progression personnelle chez les joueurs que j’entraînais.” Avec Rafa, il disait qu’il fallait la même exigence que lorsqu’on va chez le médecin : on veut “le maximum d’engagement”. Et il a insisté sur une idée simple : “Le sport vaut pour la progression. La valeur de la plupart des choses, c’est ce qu’elles te coûtent. C’est de ça que je parle.”

Points à retenir

  • Zverev n’a pas eu Toni Nadal dans son staff : la raison n’était pas uniquement technique, mais aussi mentale.
  • Toni Nadal met l’accent sur le “caractère” avant la méthode : changer d’entraîneur ne remplace pas le travail sur soi.
  • La loyauté envers son entourage (y compris son père/son entraîneur) compte, et ça ne se négocie pas “à la légère”.
  • Le déclic de Zverev, d’après les échanges, passe aussi par une immersion à l’Académie Nadal.
  • Sur le plan sportif, Toni Nadal voit une évolution nette chez Zverev dans sa façon d’aborder les grands tournois.
  • Côté Espagne, il souligne une génération montante, pas seulement une vitrine médiatique.
  • Et surtout : derrière son image de coach strict, il revendique une obsession assez logique pour l’effort et la progression.

Au final, je me dis que ce discours résume bien un truc qu’on oublie souvent : on parle beaucoup d’entraîneurs, mais on joue surtout sur la durée, avec la tête et le comportement. Et à ce niveau-là, je trouve que le tennis ressemble de plus en plus à la vie : le résultat suit quand l’attitude suit aussi—avec des principes clairs, et des choix assumés. En journaliste, je le dis franchement : le débat sur le sport devrait aussi parler d’exigence, de responsabilité et de construction, pas seulement de “coups” et de buzz.


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