On aura beau chercher : Alexander Zverev n’a pas seulement un faible pour le tennis. Il a aussi un faible pour Majorque. Depuis quelques temps, le joueur allemand apparaît régulièrement sur l’île, que ce soit pour souffler ou pour s’entraîner… et souvent dans les parages de la terre de Rafael Nadal.
Le dernier signe en date ? Une semaine plus tôt, le vainqueur récent de Roland-Garros profitait encore de quelques jours de repos aux côtés de Nadal, le tout à bord d’un bateau au milieu des îles. Mais cette parenthèse “vacances” est terminée : Sascha a repris le rythme des entraînements, cette fois en préparation de la tournée américaine sur courts rapides. Et comme l’an dernier, il a posé ses valises à la Rafa Nadal Academy.
« Hola, Sascha. Un placer dar la bienvenida a Alexander Zverev de vuelta a la Rafa Nadal Academy. Siempre un placer tenerte con nosotros », annonce l’académie dans une publication récente, accompagnée d’une vidéo où l’on voit l’Allemand s’entraîner sur la Central Court de l’établissement, sous l’œil de son père et entraîneur, Alexander Zverev Sr.
L’académie : là où sa meilleure remontée a pris forme
En 2025, Zverev s’entraînait déjà à cette période à la Rafa Nadal Academy, aux côtés de Toni Nadal. Sauf que le contexte n’avait rien à voir. À l’époque, l’Allemand arrivait après une élimination dès le premier tour à Wimbledon, et après avoir évoqué des difficultés de santé mentale. Autrement dit : il ne venait pas seulement travailler les coups, mais aussi chercher du soutien sur le plan mental, et évidemment sur le plan tennistique.
Alexander Zverev à Wimbledon
Après une semaine d’entraînements et de discussions avec Toni et Rafa, Zverev semblait repartir avec un esprit plus léger et un niveau de jeu plus solide. Les résultats ont commencé à suivre : demi-finales aux Masters 1000 de Toronto et Cincinnati, puis à Paris, et encore une finale à l’ATP 500 de Vienne, dans un duel très long face à Jannik Sinner (presque trois heures de jeu).
À partir de là, tout s’est accéléré pour Alexander Zverev. Le premier test sérieux pour vérifier que la trajectoire était la bonne : l’Australian Open au début de l’année. Et le test a été “passé” : éliminé en demi-finale par Alcaraz après un match de plus de cinq heures, l’Allemand a surtout prouvé qu’il était de retour dans le coup… et dans le bon timing.
Ensuite, la courbe est montée en confiance et en niveau. Il a notamment décroché son premier Grand Chelem sur terre battue à Paris, a été finaliste à Wimbledon — un tournoi où il a connu sa plus grosse chute — et a terminé la saison avec un bilan très solide, notamment comme l’un des joueurs comptant le plus de victoires, avec Jannik Sinner (44).
Alexander Zverev avec le trophée de Roland-Garros
Des airs de champion… sans trop forcer l’allure
Majorque, et plus précisément Manacor, semblerait vraiment convenir à l’Allemand. Cette fois, les sensations n’ont rien à voir avec celles de l’année précédente. Sascha peut respirer plus librement, débarrassé de certaines préoccupations — et surtout, désormais en tant que champion de Grand Chelem. De l’île, il prépare donc la suite avec en ligne de mire Montréal et Cincinnati, où il a des demi-finales à défendre. Et au-delà, le regard se fixe logiquement sur le dernier Grand Chelem de l’année : l’US Open.
Points à retenir
- Zverev s’entraîne à nouveau à la Rafa Nadal Academy, un lieu qu’il connaît bien… et pas seulement pour “visiter”.
- L’année dernière, le passage à Majorque a servi de point d’appui après des moments compliqués à Wimbledon.
- Après cette période, ses résultats ont nettement repris de la traction : des demi-finales partout, puis un retour au premier plan.
- Cette fois, l’objectif annoncé est clair : préparer la tournée sur courts rapides, avec la pression des tours à défendre à Montréal et Cincinnati.
- Et pendant qu’on parle de tennis, il y a un détail qui compte : quand le mental respire, la balle semble voyager plus facilement. Enfin, c’est ce qu’on aimerait croire.
Au fond, ce que raconte cette reprise d’entraînement, c’est une histoire de trajectoire : quand Zverev a besoin d’un terrain stable, il revient là où il a déjà trouvé une méthode pour repartir. Je trouve ça presque rassurant : le sport n’avance pas uniquement grâce aux coups gagnants, mais aussi grâce aux choix de rythme et aux lieux qui vous remettent d’aplomb. Et en tant que journaliste, je me dis qu’on devrait aussi parler davantage de ce que ça change, concrètement, quand la santé mentale n’est plus un “détail”, mais une partie du jeu à part entière.