dim. Juil 19th, 2026

La victoire renversante de l’Allemagne face à la France lors des quarts de finale de l’Euro 2025 constitue un solide tremplin pour les Allemandes avant leur demi-finale contre l’Espagne, analyse Rebecca Knaak.

En début de match, Kathrin Hendrich a écopé d’un carton rouge à la 13e minute pour avoir tiré les cheveux de Griedge Mbock, offrant ainsi à la France un penalty transformé par Grace Geyoro. Pourtant, dix minutes plus tard, Sjoeke Nusken a remis les compteurs à zéro pour l’Allemagne, même si elle manquera plus tard un penalty, à 21 minutes de la fin.

Malgré une prolongation tendue, c’est la gardienne allemande Ann-Katrin Berger qui, avec deux arrêts décisifs lors de la séance de tirs au but, a permis à son équipe de se qualifier pour le dernier carré.

Ce retour marque la septième demi-finale atteinte par l’Allemagne depuis l’introduction de la phase de groupes en 1997, un record dépassant celui de toutes les autres nations. Mais ce mercredi, l’épreuve la plus difficile les attend face à l’Espagne.

Si l’Allemagne a perdu cinq de ses neuf derniers matchs à élimination directe dans les grandes compétitions (trois victoires, un nul), elle reste invaincue face à l’Espagne en Euro et en Coupe du Monde, sans avoir encaissé le moindre but.

Avant cette confrontation au Stadion Letzigrund, Rebecca Knaak reste confiante, estimant que ce succès contre la France a renforcé la confiance du groupe.

« C’est l’exemple parfait de la passion, de la force et de la détermination mentale – des qualités qui nous caractérisent », a-t-elle déclaré en conférence de presse. « Tactiquement, le coach nous prépare, mais ces fondamentaux ont été bâtis pour affronter les Espagnoles à partir du match contre la France. »

Le sélectionneur allemand Christian Wueck souhaite surtout éviter de se retrouver en infériorité numérique, une bonne résolution après avoir déjà perdu Carlotta Wamser expulsée lors de la phase de groupes contre la Suède (4-1).

Le carton rouge de Hendrich a d’ailleurs été le plus rapide jamais donné en phase finale d’un Euro féminin (à 12 minutes et 21 secondes), faisant de l’Allemagne la première équipe à voir deux joueuses expulsées dans une même édition du tournoi.

Wueck a aussi prévenu que son équipe n’aurait probablement pas la maîtrise du ballon face aux championnes du monde en titre. L’Espagne impressionne avec une moyenne de 620 passes réussies par match jusqu’ici, un record depuis 2011 dans les Euros ou Coupes du Monde féminins.

La Roja a également réalisé 30 tirs après des séquences de dix passes minimum durant la compétition, soit au moins 20 de plus que ses futurs adversaires allemands et les Anglaises (toutes deux à dix).

« Nous allons les poursuivre beaucoup, nous n’aurons pas la possession, nous allons souffrir, mais il faudra saisir les bons moments pour imposer notre style », a commenté Wueck. « Nous sommes forts en possession et c’est cela qui fera la différence, car nous voulons jouer avec le ballon. »

Malgré plusieurs blessures, notamment celle de la capitaine Giulia Gwinn, le groupe allemand reste uni, selon Knaak.

« Le fait que nous ayons accepté chaque situation au fil des événements en dit long sur l’équipe », a-t-elle ajouté. « Dans toutes ces circonstances inhabituelles, nous nous sommes adaptés, nous nous sommes soutenus. Finalement, peu importe qui joue à côté de qui, nous restons un collectif, justement pour pouvoir s’ajuster. »

Points à retenir

  • L’Allemagne a su rebondir après une situation compliquée, notamment avec une expulsion ultra-rapide qui aurait pu leur coûter cher.
  • La vaillance de la gardienne Ann-Katrin Berger lors des tirs au but a été déterminante, un rôle-clé souvent sous-estimé.
  • Avec sept demi-finales depuis 1997, la Mannschaft s’impose comme une habituée des grands rendez-vous, même si les blessures et expulsions compliquent la préparation.
  • Face à l’Espagne, maître incontesté du « tiki-taka », l’Allemagne sait qu’elle devra courir beaucoup plus qu’admirer le cuir.
  • Le groupe affiche une bonne dose de résilience, se consolidant autour des difficultés, chacune des circonstances étranges nuances la profondeur et la flexibilité de cette équipe.

En somme, on tiendra pour acquis que la demi-finale sera un combat d’usure où l’Allemagne jouera à quitte ou double, et où la possession de balle pourrait bien être un luxe réservé aux Espagnoles. Et si la science du ballon rond est censée triompher, il reste à voir si la capacité allemande à s’adapter aux imprévus suffira à faire pencher la balance. Pour ma part, j’ai un petit doute : le football féminin continue de nous surprendre, mais parfois, n’est-ce pas un peu trop ?


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