Antonio Tiberi

Antonio Tiberi se prépare pour un moment clé de sa saison avec un état d’esprit renouvelé. Ce coureur de 24 ans, membre de l’équipe Bahrain Victorious, a eu un bon début d’année, se fixant un objectif précis : une première participation au Tour de France le 4 juillet prochain. Cette saison, son approche diffère des précédentes, tant en termes de calendrier que de préparation. Par ailleurs, suite au départ de Michele Bartoli de l’équipe, Antonio a commencé à travailler avec Andrea Fusaz, qui lui a concocté un programme sur-mesure pour la Grande Boucle. Après de belles performances aux UAE Tour et au Trofeo Laigueglia, il a connu des complications durant le printemps avant de reprendre l’entraînement en altitude sur le Teide, en vue du Giro de Suisse et du Tour. À quelques semaines de cet événement marquant, Antonio partage son parcours, ses apprentissages des récentes années et ses attentes face à ce premier Tour.

Ton début de saison était prometteur avec le UAE Tour et Laigueglia. Ensuite, qu’est-ce qui s’est passé en avril, entre les Pays Basques et la Romandie ?
“J’avais démarré sur les chapeaux de roues, c’était un des objectifs pour moi et l’équipe. Après une préparation ciblée depuis décembre, je commençais à ressentir la fatigue, ce qui a impacté mes performances. C’était à prévoir. Après la Romandie, j’ai pris quelques jours de repos, puis je suis reparti à l’entraînement et suis monté au Teide pour peaufiner ma préparation.”

Comment as-tu vécu ta déception de 2025 au Giro d’Italie, et quel impact cela a-t-il eu sur toi ?
“C’est derrière moi. C’était une expérience formatrice, mais aujourd’hui, je regarde vers l’avenir.”

Giulio Pellizzari traverse une période similaire à la tienne. En Italie, n’y a-t-il pas trop de pression sur les jeunes coureurs à la recherche de succès ?
“On juge souvent sur le court terme sans voir le travail derrière : les efforts au quotidien et les aspects psychologiques. La pression est forte. On fait des comparaisons avec des athlètes exceptionnels comme Pogacar ou Vingegaard, mais il est normal d’avoir des hauts et des bas. Quand tout va bien, on est encensé ; quand ça se complique, on est critiqué. J’ai appris à ne pas laisser ces voix m’affecter et à rester concentré sur ma carrière.”

En approchant du Tour, ressens-tu moins de pression ?
“Oui, je ressens moins de pression. Bien sûr, on espère toujours donner le meilleur de soi-même, mais je suis enthousiaste et désireux de faire bonne impression. Cela dit, je suis conscient que c’est ma première Grande Boucle, la course la plus difficile et prestigieuse.”

Qu’est-ce qui a conduit toi et l’équipe à choisir le Tour de France ?
“C’est une décision basée sur plusieurs éléments. J’ai acquis de l’expérience avec le Giro d’Italie et la Vuelta, et l’équipe a estimé que c’était le bon moment pour aborder le Tour, physiquement et mentalement.”

Allez-vous aborder le Tour avec des capitaines désignés, toi et Lenny Martinez, ou les rôles seront-ils déterminés sur la route ?
“Nous partirons avec Lenny et moi en tant que co-capitaines. Comme toujours dans les Grands Tours, la route déterminera la hiérarchie. Lenny vise les victoires d’étape et la maillot à pois, tandis que je me concentrerai sur la général.”

Atteindre le top 10 est-il un objectif réaliste pour toi ?
“Le top 10 est un but personnel, mais je veux rester réaliste. Étant donné que c’est ma première participation, je préfèrerais garder les pieds sur terre, sachant que les meilleurs coureurs du monde seront sur la ligne de départ.”

Qu’attends-tu du Giro de Suisse dans un avenir proche ?
“Je cherche surtout des confirmations. Je veux voir si je me sens bien et si mon corps répond comme il se doit. Si c’est le cas, j’aborderai le Tour avec plus de sérénité.”

La Vuelta fait-elle partie de tes projets pour cette saison ?
“Non, je ne ferai que le Tour cette année. Je me concentrerai sur les courses italiennes et le Mondial par la suite.”

Le Mondial en septembre aura un parcours difficile. Avez-vous en déjà discuté avec le sélectionneur Amadio ?
“Pas encore. Pour l’instant, toute mon attention est sur le Tour de France. Nous verrons ensuite la suite.”

En quoi l’Antonio Tiberi d’aujourd’hui est-il différent de celui qui avait fini cinquième au Giro d’Italie 2024 et que te manque-t-il pour atteindre ta meilleure version ?
“J’ai beaucoup évolué sur le plan mental et dans ma manière de gérer ma carrière. J’ai enfin compris ce que signifie être un athlète professionnel. Je vis les choses avec plus de naturel, ce qui économise mon énergie pour la compétition. Je me sens plus calme : si le regard des autres me pesait avant, je me concentre désormais sur moi-même et mes sensations, ce qui est essentiel. Cependant, je sais que j’ai encore du potentiel à exploiter. Comme m’a appris Damiano, il y a toujours des marges de progression.”

Points à retenir

  • Antonio Tiberi fait preuve d’une approche plus mature face à son premier Tour de France.
  • Les risques de pression excessive sur les jeunes coureurs en Italie sont souvent soulignés.
  • L’équilibre mental est essentiel dans un sport aussi exigeant que le cyclisme.
  • Les performances passées, bien qu’importantes, ne définissent pas l’avenir d’un athlète.
  • La planification d’une saison doit prendre en compte à la fois l’expérience et la préparation physique.

En tant que passionné de cyclisme, j’imagine souvent comment la pression peut affecter un jeune athlète. Les attentes, la concurrence, tout cela peut peser lourd sur les épaules. Cela nous invite à réfléchir sur la manière dont nous jugeons la performance des sportifs et sur l’importance d’un soutien psychologique dans leur parcours. C’est essentiel de se rappeler que chaque victoire passe par une multitude de défis à surmonter. En tant que journaliste, je suis engagé dans la quête d’une compréhension plus profonde de ces réalités.


Partager : X Facebook WhatsApp LinkedIn Reddit

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *