lun. Juin 29th, 2026
Au-delà du peloton : les voitures et fourgonnettes qui ont marqué l’histoire du Tour de France

Le Tour de France, cette course par étapes incontournable du cyclisme mondial, donne le coup d’envoi ce week-end en terres catalanes. Le “cœur” de l’événement bat à Barcelone, tandis que les départs sont également annoncés à Tarragona et à Granollers. Symbole par excellence des courses sur route, la Grande Boucle représente aussi le grand objectif de la saison pour coureurs et équipes.

Créée en 1903, l’épreuve a très tôt élargi son décor. Des voitures, des fourgons et même des motos ont été ajoutés comme moyens d’appui pour l’organisation et les équipes. Et c’est dans les années 1930 que les premiers véhicules publicitaires apparaissent, capables de précéder ou de suivre le peloton.

Après la Seconde Guerre mondiale, le cyclisme explose vraiment, et avec lui l’idée de marquer les esprits. Les entreprises investissent alors dans la publicité en “carrosserie” : des véhicules transformés, parfois très inventifs, qui contribuent à faire du Tour un spectacle complet — pas uniquement une succession d’étapes.

Le Tour, c’est aussi une caravane qui en met plein les yeux

La caravane du Tour est devenue si populaire qu’on a même fini par organiser des concours pour récompenser les créations les plus originales. Les spectateurs ne venaient pas seulement pour regarder les coureurs passer : ils avaient aussi les yeux rivés sur ces véhicules capables, dans de nombreuses occasions, de distribuer des cadeaux aux chanceux.

Et la présence des véhicules ne s’arrête pas là. Entre l’organisation et les équipes engagées, une flotte conséquente de voitures, camions et autocars est mobilisée chaque jour pour assurer la logistique, transporter le personnel et garantir que la course se déroule dans les meilleures conditions possibles.

Des véhicules emblématiques au fil des éditions

1. Citroën Type H (1947)

Citroën Type H (1947)
Citroën Type H (1947)

Grâce à son look immédiatement reconnaissable, la sympathique fourgonnette Type H de la marque française a été très utilisée dans la caravane à partir de son lancement en 1948. L’image montre une restauration complète d’un exemplaire, transformé en “atelier vélo” mobile. Avec ses 4,28 mètres de long, ce modèle a été produit à près de 500 000 exemplaires.

2. Peugeot D3 A (1951)

Peugeot D3 A
Peugeot D3 A

Cette fourgonnette a fait partie de la caravane dans les années 1950. Pour l’intégrer à l’événement, elle a été transformée par le carrossier Paul di Bordeaux pour l’entreprise de chocolats Poulain. Le résultat a tellement convaincu qu’elle a remporté le “Concours de publicité qui roule”, organisé à Bordeaux en 1951. Côté mécanique : un moteur de 1,3 litre pour 32 ch.

3. Peugeot 404 Break (1964)

Peugeot 404 Break
Peugeot 404 Break

La base de ce modèle, motorisé en essence 1,6 litre (72 ch), a été très sollicitée dans les années 1960 pour rejoindre la caravane publicitaire. D’autres gabarits plus modestes étaient aussi utilisés, comme les 203 et 403. Sur l’image, on retrouve un véhicule annonçant une marque bien connue d’insecticides : Catch.

4. Peugeot J7 (1965)

Peugeot J7
Peugeot J7

Sur de nombreuses éditions, le J7 a figuré parmi les véhicules préférés du public. Un fourgon associé à une entreprise de fromages et de charcuteries a notamment marqué les esprits. Le hic de l’époque : cette marque a aussi connu un ralentissement, avant d’être rattachée à un groupe plus puissant. Côté technique, il s’agissait d’un utilitaire léger à traction avant, avec des moteurs quatre cylindres.

5. Peugeot 504 (1970)

Peugeot 504
Peugeot 504

Sur la photo, le directeur de l’épreuve à bord d’une Peugeot 504 lance l’une des étapes de l’édition 1970. Dessinée par Pininfarina, cette berline de 4,5 mètres environ, à propulsion, cherchait le confort et proposait aussi un moteur 1,6 litre développant 87 ch. Autrement dit : le Tour n’a pas seulement déplacé des coureurs, il a aussi popularisé des styles.

6. Volvo 9700 (2012)

Volvo 9700
Volvo 9700

Pour les déplacements, les équipes utilisent des camions aménagés en ateliers mobiles, capables d’accueillir tout le matériel nécessaire à l’entretien des vélos. Et il faut aussi des autocars confortables : ici, le Volvo 9700 du Team Sky joue un rôle clé, puisqu’il permet de souffler et d’accompagner les coureurs pendant les trois semaines de course.

7. Ford Mustang (2017)

Ford Mustang
Ford Mustang

Cette Mustang Ford spectaculaire, habillée d’une livrée “maillot jaune” et dotée d’un pack d’options, a été mise en avant par l’équipe Team Sky en 2017. L’objectif : célébrer la victoire de Chris Froome lors de cette édition, où le coureur espagnol Mikel Landa a terminé une très belle quatrième place au classement général.

8. Skoda Enyaq iV (2025)

Skoda Enyaq iV
Skoda Enyaq iV

Le constructeur tchèque est partenaire du Tour de France depuis plus de deux décennies. Pour l’édition 2025, il a fourni jusqu’à 225 véhicules de soutien à l’organisation. Le parc mêle des modèles 100% électriques et des hybrides rechargeables. Ici, on voit la direction de la course ouvrir le peloton avec un Enyaq iV.

Points à retenir

  • La caravane n’est pas qu’un décor : elle a aussi longtemps fonctionné comme un “terrain de jeu” pour des véhicules conçus pour être repérés et, parfois, pour distribuer des surprises.
  • Les choix de marques et de carrosseries racontent chaque époque : de l’utilitaire des années d’après-guerre aux modèles plus récents pensés pour les contraintes d’aujourd’hui.
  • Même quand le spectacle est sur la route, la course repose sur des moyens logistiques très concrets (ateliers, transports, repos). La performance n’attend pas le lendemain matin.
  • L’électrification arrive aussi dans l’ambiance : proposer des véhicules de soutien capables de réduire l’empreinte, c’est désormais un argument aussi “visible” que les livrées.

Au final, ce qui m’intéresse le plus dans cette histoire, c’est que le Tour de France n’a jamais été seulement une affaire de jambes : c’est aussi une affaire d’objets. Des voitures qui passent, des camionnettes qui affichent, des bus qui protègent l’énergie… Et aujourd’hui, la question devient plus sérieuse : comment faire continuer le spectacle tout en tenant compte des réalités du présent ? En tant que journaliste, je pense que le cyclisme a tout intérêt à ouvrir ce débat — sans perdre le sens de la route, ni celui du mouvement.


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