Le 28 juin (Reuters) – L’attente douloureuse de la Corée du Sud pour connaître son sort en phase à élimination directe de la Coupe du Monde s’est terminée par la déception samedi lorsque les résultats sont allés à l’encontre de l’équipe de Hong Myung-bo, son total de trois points dans le Groupe A n’étant pas suffisant pour accéder aux 16es de finale.
Ce fut une fin humiliante pour une campagne marquée par des divisions qui ont conduit le pays à s’éloigner de l’homme autrefois considéré comme capitaine et icône, qui plus de deux décennies plus tôt avait mené la Corée du Sud vers son plus bel exploit.
Hong, qui a démissionné de son poste d’entraîneur dimanche, avait été capitaine de l’équipe qui, contre toute attente, avait atteint les demi-finales de la Coupe du Monde sur son sol en 2002, emportée par une vague de patriotisme qui avait vu les Taeguk Warriors battre le Portugal, la Pologne, l’Italie et l’Espagne sur leur chemin vers le dernier carré.
Cette épopée avait déclenché une réaction d’euphorie croissante dans les rues de Séoul et au-delà, mais l’humeur du pays s’est depuis écornée envers l’ancien défenseur et se trouve aujourd’hui à son plus bas niveau.
Lors de sa première expérience comme entraîneur, Hong avait reçu des bonbons — perçus comme une insulte profondément offensante — à son retour en Corée du Sud après la Coupe du Monde de 2014 lorsque son jeune et prometteur groupe était éliminé dès la phase de groupes.
Il peut s’attendre à des réactions similaires, voire pires, après cette performance, les Coréens ayant gâché un départ victorieux contre la République tchèque alors que leur campagne s’est heurtée à des défaites contre le Mexique et l’Afrique du Sud.
Le président Lee Jae-myung a déjà lancé une charge contre Hong et la Fédération coréenne de football, tandis que les supporters ont de nouveau exprimé leur colère envers ceux qui dirigent le football dans le pays.
Le retour de Hong dans ce rôle en tant que successeur à long terme de Juergen Klinsmann en juillet 2024 avait suscité des débats, malgré que le coach de 57 ans ait rebondi sa réputation d’entraîneur en remportant deux titres consécutifs de la K-League avec Ulsan Hyundai.
Son équipe avait peiné lors des qualifications, mais avec un effectif comprenant Son Heung-min, Lee Kang-in et Kim Min-jae, les attentes étaient élevées quant à une bonne performance au Mondial.
La décision de ne pas titulariser Son pour le match crucial contre l’Afrique du Sud — après l’avoir retiré lors de la défaite contre le Mexique — associée à une prestation globalement terne de Lee, a intensifié l’examen des méthodes de Hong.
En conséquence, Hong et le premier groupe de joueurs devraient rentrer au pays mardi sans cérémonie d’accueil prévue à l’aéroport d’Incheon, une première dans les mémoires récentes pour l’équipe nationale.
Hong reviendra en Corée du Sud en tant qu’ancien patron de l’équipe nationale après avoir annoncé avoir quitté son poste et peu de supporters des Taeguk Warriors pleureront son départ.
(Rédaction par Michael Church, Mise en forme par Toby Davis)
Bon à savoir
- Le sélectionneur Hong Myung-bo avait dirigé la Corée du Sud jusqu’aux demi-finales de la Coupe du Monde 2002, organisée sur le sol coréen et japonais.
- La Coupe du Monde 2022-2024 a été présentée comme l’opportunité de renouveler l’équipe autour de joueurs tels que Son Heung-min, Lee Kang-in et Kim Min-jae; les résultats ont cependant été décevants.
- La réaction des supporters et des autorités politiques a été marquée par une critique accrue de la gestion du football national et de la fédération.
- Le retour sans cérémonie d’accueil à Incheon reflète une tension persistante entre le staff technique et l’opinion publique sur l’avenir de l’équipe nationale.
- Des discussions sur un éventuel changement de leadership et sur le processus de nomination du prochain sélectionneur pourraient s’accélérer dans les semaines à venir.