sam. Août 22nd, 2026
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Ces dernières années, on a pris l’habitude de voir l’Espagne s’imposer face à la France, et la rivalité avec nos voisins est devenue l’une des plus vives sur le vieux continent. Un témoignage qui revient souvent, c’est celui du cycliste Perico Delgado. D’après ses souvenirs, quand il a couru à l’époque, il lui est arrivé de subir des propos blessants de la part de Français, et même de se voir refuser de quoi manger.

À l’antenne, le commentateur a expliqué que l’incident se serait produit lors d’une course autour de Pau, dans le sud de la France. Et ironie du calendrier : Delgado a fini par gagner le Tour.

Perico Delgado se souvient d’un mauvais traitement envers des cyclistes espagnols en France

Quand Pedro Delgado évoque ses mauvaises expériences en France, il ne s’agit pas seulement d’une anecdote de coureur. Il décrit surtout un vécu partagé par beaucoup de sportifs espagnols.

Pour l’ancien cycliste de Ségovie, l’ambiance ressemblait à un mélange de doute et de pression : les coureurs espagnols arrivaient avec la sensation d’être moins légitimes, et l’impression d’avance qu’ils n’auraient pas droit à un accueil bienveillant.

Par exemple, jusqu’en 1983, année où Ángel Arroyo finit deuxième du Tour de France, beaucoup de cyclistes espagnols se rendaient aux épreuves françaises avec un “complexe” bien installé. Ils ne se voyaient pas comme des candidats naturels à la victoire, mais plutôt comme des coureurs censés encaisser un contexte hostile.

Et dans certains cas, cela allait plus loin que le sportif. Il se rappelle ainsi : « À mon époque, on refusait la nourriture aux Espagnols dans les courses françaises ». Autrement dit, le problème ne s’arrêtait pas à la stratégie ni à la compétition.

À noter toutefois : cet épisode particulièrement dur ne se serait pas produit sur le Tour de France lui-même, mais pendant sa période amateur. Le contexte : il partageait l’hôtel avec d’autres équipes.

L’insulte aux cyclistes qui a marqué Pedro Delgado

Refuser de la nourriture, ce n’est pas rien… mais ce n’était pas le seul manque de respect évoqué. Perico Delgado se souvient aussi d’une phrase qu’il juge clairement xénophobe : « L’Afrique commence en dessous des Pyrénées ».

Dans cette formule, l’idée est simple : pour certains Français, les Espagnols ne seraient pas vraiment “européens”, et ce serait un raccourci pour conclure qu’ils seraient, forcément, inférieurs.

Ce qui a surtout pesé à Pedro Delgado, c’est la différence de traitement observée, même au sein d’une course amateur : l’équipe espagnole était traitée autrement que les équipes françaises. Et la raison, dit-il, tenait à quelque chose de très concret : le fait d’être né en Espagne.

Ce n’était donc pas la rivalité classique, ni une tension “de course”. C’était la sensation que des cyclistes espagnols recevaient un traitement plus dur simplement parce qu’ils étaient espagnols.

Qui est Perico Delgado, légende du cyclisme et vainqueur du Tour de France

Pedro Delgado Robledo, connu comme Perico Delgado, est né à Ségovie le 15 avril 1960. Il a été cycliste professionnel entre 1982 et 1994, avec un profil orienté vers la route et un talent particulier pour les ascensions.

Son palmarès le place parmi les figures majeures du cyclisme espagnol : il a remporté le Tour de France en 1988 et a aussi gagné deux fois le Tour d’Espagne, en 1985 et en 1989. Au total, il a signé 49 victoires à l’échelon professionnel.

Il a également ajouté 9 victoires d’étape sur les grandes courses : 4 au Tour de France et 5 sur la Vuelta. Sans oublier le prix de la combativité sur le Tour en 1987.

Après sa retraite, Delgado a continué à vivre au rythme du cyclisme, en devenant commentateur lors d’émissions radio et télévision autour des grandes courses.

Points à retenir

  • Delgado raconte des épisodes où l’hostilité ne relevait pas seulement de la compétition, mais aussi d’un traitement jugé humiliant.
  • Les souvenirs évoqués incluent des propos dévalorisants et jusqu’à des situations où des coureurs auraient été privés de repas.
  • Le ressenti décrit va dans le même sens : l’équipe espagnole aurait été perçue (et traitée) différemment, pour des raisons liées à l’origine.
  • Ce qui frappe, c’est l’écart entre la réussite sportive et l’ambiance vécue sur place : gagner sur le vélo ne fait pas forcément disparaître les tensions autour.

De mon côté, ce genre de récit me donne surtout envie de poser une question simple : à quel moment le sport se transforme-t-il en prétexte à traiter l’autre comme moins légitime ? En tant que journaliste, je pense qu’il faut continuer à documenter ces vécus, même quand ils sont “anecdotiques” en surface : parce que derrière les vestiaires, il y a des hommes, des équipes, et une responsabilité collective. Et ce genre de débat mérite qu’on le fasse sans détour, avec l’exigence qui va avec.


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