Javier Clemente, figure emblématique de l’Athletic Club avec 289 matchs à son actif, juste derrière Ernesto Valverde dans le classement des entraîneurs, a récemment fait des déclarations controversées concernant la philosophie centenaire de son club. Le natif de Barakaldo a remis en question le recrutement de certains joueurs par les dirigeants de Lezama.
L’entraîneur de l’Athletic Champion de la Liga, profitant du retour de la journée Retro, a été l’un des intervenants principaux du Carrusel Deportivo de la chaîne SER. Clemente a fait état de ses réflexions : « De nos jours, on se concentre davantage sur les résultats, les dirigeants ont moins d’influence sur les supporters et les joueurs. Je pense que l’Athletic a commencé à suivre la tendance des autres équipes, alors qu’avant, tout le monde venait de la maison, de la cantera, nous nous connaissions depuis l’âge de treize ans. Cela a pratiquement disparu. Maintenant, on recrute énormément de l’extérieur, il y a des ‘subterfuges’ : on prend un joueur, on le met deux mois dans une équipe locale, et ensuite on dit qu’il fait partie de notre cantera ! »
« Quand on utilise des subterfuges, l’atmosphère n’est plus la même. Bien sûr, je suis ravi qu’ils viennent, mais ce n’est pas le même Athletic qu’auparavant. Nous étions une autre entité, mais la vie a aussi changé », a-t-il ajouté. À 76 ans, Clemente a entraîné pour la dernière fois la Libye en 2022.
Points à retenir
- Clemente évoque une époque où l’Athletic se concentrait sur les talents locaux.
- La tendance actuelle semble favoriser les recrutements externes, modifiant la culture du club.
- Il semble que les dirigeants aient moins de contact avec les passionnés du club.
- La notion de cantera apparaît remise en question dans le club basque.
Certainement, nous assistons à un changement dans le football, mais cela soulève des interrogations sur l’identité des clubs. Est-ce que le fait de s’ouvrir aux talents d’ailleurs dénature leur essence, ou est-ce simplement une adaptation nécessaire à l’évolution du sport ? C’est un débat passionnant qui mérite d’être approfondi, et, en tant que journaliste, je me demande jusqu’où nous sommes prêts à aller pour préserver la tradition tout en embrassant l’innovation.