Natalia Silva : Les coulisses de son jour de presse avant l'UFC 324 !

Mercredi, une frappe aérienne israélienne a coûté la vie à un freelance d’AFP et à deux autres journalistes à Gaza, selon l’agence de défense civile du territoire. De son côté, l’armée israélienne a affirmé avoir touché des « suspects » liés à l’utilisation d’un drone.

Depuis le 10 octobre, un cessez-le-feu fragile, soutenu par les États-Unis, a largement mis un terme aux combats entre les forces israéliennes et le Hamas, bien que les deux parties se soient mutuellement accusées de violations fréquentes.

L’agence de défense civile a indiqué que les trois journalistes avaient été tués dans le secteur d’Al-Zahra, au sud-ouest de Gaza. Ils ont été identifiés comme Mohammed Salah Qashta, Abdul Raouf Shaat et Anas Ghneim. Bien que Shaat ait régulièrement collaboré avec l’AFP en tant que photojournaliste, il n’était pas en mission à ce moment-là.

L’AFP a exprimé son chagrin face à la perte de Shaat, qu’elle a décrit comme un « collègue au grand cœur, avec un sens de l’humour délicat et un journaliste profondément engagé ». Dans son communiqué, l’agence a demandé une enquête complète et transparente sur sa mort, tout en ajoutant : « Trop de journalistes locaux ont été tués à Gaza ces deux dernières années, pendant que les journalistes étrangers peinent à entrer librement dans la région. »

De son côté, l’armée israélienne a soutenu avoir « identifié plusieurs suspects ayant activé un drone affilié au Hamas ». Toutefois, elle n’a pas précisé ce que cela impliquait concrètement.

Un témoin a rapporté que les journalistes utilisaient un drone pour filmer la distribution d’aide par le Comité de Secours Égyptien dans la bande de Gaza lorsqu’une frappe a touché un véhicule les accompagnant. Le groupe égyptien a confirmé qu’un de ses véhicules avait été ciblé par Israël, entraînant la mort de trois personnes. « Un véhicule appartenant au Comité égyptien a été touché pendant une mission humanitaire », a déclaré Mohammed Mansour, porte-parole du Comité. Il a précisé que tous les véhicules du groupe affichent son logo, accusant l’armée israélienne d’avoir « ciblé criminellement ce véhicule » alors qu’ils filmaient le camp de Netzarim.

Un reportage de l’AFP a montré le véhicule carbonisé, avec des débris éparpillés dans une zone ouverte. Le mouvement islamiste Hamas a qualifié cette frappe d’ »escalade dangereuse des violations flagrantes du cessez-le-feu ». Le Syndicat des journalistes palestiniens a également condamné cette action en l’assimilant à une « politique systématique et délibérée de l’occupation israélienne visant à cibler intentionnellement les journalistes palestiniens ».

Selon le ministère de la santé de Gaza, qui agit sous l’autorité du Hamas, au moins 466 Palestiniens ont été tués dans la région depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu. L’armée israélienne a déclaré que trois de ses soldats avaient également été tués durant la même période. Le ministère de la santé de Gaza a ajouté que huit Palestiniens supplémentaires avaient perdu la vie à la suite d’attaques israéliennes mercredi.

L’ONG Reporters sans frontières (RSF) a exprimé sa « profonde colère » face à la frappe ayant tué Shaat et ses collègues, tandis que le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) a déclaré être « consterné ». Martin Roux, responsable de la cellule de crise de RSF, a souligné que cette frappe isolée sur des journalistes clairement identifiables pourrait indiquer un ciblage délibéré, constituant ainsi une possible violation du droit international. Quant à Sara Qudah, responsable du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord pour le CPJ, elle a confié que les technologies israéliennes de surveillance rendent « improbables toutes les allégations de méprise ». RSF a affirmé qu’au moins 29 journalistes palestiniens avaient été tués à Gaza entre décembre 2024 et décembre 2025. L’attaque la plus meurtrière a eu lieu lors d’une frappe « double-tap » sur un hôpital dans le sud de Gaza le 25 août, faisant cinq journalistes, dont deux collaborateurs d’agences de presse internationales.

Depuis l’attaque du Hamas contre Israël en octobre 2023, près de 220 journalistes ont été tués par les forces israéliennes, selon RSF, faisant de Gaza l’endroit le plus dangereux pour les journalistes. L’armée israélienne affirme que plusieurs journalistes qu’elle a ciblés à Gaza étaient des « terroristes » liés à des groupes militants palestiniens.

La semaine dernière, l’envoyé américain au Moyen-Orient, Steve Witkoff, a annoncé le début de la phase deux du cessez-le-feu à Gaza. Cette frappe de mercredi a eu lieu quelques heures après que le bureau du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a annoncé qu’il avait accepté une invitation à rejoindre le « Conseil de la paix » dirigé par le président des États-Unis, Donald Trump, visant à résoudre des conflits.

Points à retenir

  • Les journalistes, en situation de conflit, deviennent souvent des cibles en raison de leur rôle d’informateurs.
  • Le cessez-le-feu reste précaire, avec des violations rapportées des deux côtés.
  • Les technologies modernes de surveillance peuvent complices de frappes sur des cibles identifiables.
  • Les groupes humanitaires opérant sur le terrain sont souvent pris dans les hostilités.
  • Le décès de journalistes suscite des appels à la transparence et à des enquêtes.

Ce tragique événement ouvre un vrai débat sur la sécurité des journalistes dans les zones de conflit. En tant qu’observateur, je me questionne sur les conséquences d’une telle violence systématique. Au-delà des chiffres, il est crucial d’interroger comment protéger ceux qui risquent leur vie pour nous tenir informés, dans une société où l’information devient un enjeu crucial. En tant que journaliste engagé, il est de notre devoir d’élever la voix contre ces injustices et de soutenir la liberté d’informer.


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