Le joueur de tennis italien Nicola Pietrangeli, décédé à l’âge de 92 ans, détient le record du plus grand nombre de matchs disputés en Coupe Davis, une compétition emblématique datant de 1900. À une époque où les grandes nations du tennis s’affrontaient plus souvent qu’aujourd’hui, Pietrangeli a participé à 66 rencontres en 18 ans, avec un palmarès impressionnant de 120 victoires contre seulement 44 défaites. Parmi ces succès, 78 ont été remportés en simple, et il a eu 42 victoires en double, souvent avec son fidèle partenaire Orlando Sirola.
Malgré les récentes performances remarquables des joueurs italiens, notamment celle de Jannik Sinner, Pietrangeli restera gravé dans les mémoires comme l’un des sportifs les plus élégants et respectés de son pays.
Son jeu, magnifié par un coup droit élégant, est souvent cité parmi les plus aboutis de l’histoire. Bien qu’il ait dominé sur terre battue, il avait également le talent pour atteindre les demi-finales à Wimbledon en 1960, où il a perdu contre Rod Laver, après avoir mené deux sets à un.
Trois semaines auparavant, il avait brillé en conservant son titre à Roland-Garros, en battant le talentueux Luis Ayala. La mémoire collective se rappelle aussi comment, en 1961, il a perdu son titre face à un jeune Manuel Santana, lors d’un match captivant qui tenait le public en haleine.
Pietrangeli, alors en tête deux sets à un, n’a pas réussi à maintenir son avance face à l’agressivité croissante de Santana, qui l’a finalement emporté avec aplomb. Touchant par sa capacité à consoler son adversaire après avoir perdu son titre, Pietrangeli a montré une grande classe.
Né à Tunis, Pietrangeli a déménagé à Rome où il a commencé sa carrière au Circolo Canottieri. Il s’est rapidement imposé comme une figure centrale de l’équipe italienne de Coupe Davis dans les années 50.
En duo avec Sirola, il a souvent assuré le point crucial en double, menant l’Italie à sa première finale de Coupe Davis en 1960, et à une autre en 1961, bien que l’équipe ait rencontré des difficultés sur gazon face à l’Australie.
Nommer Pietrangeli comme capitaine dans les années 70 a permis à l’Italie de remporter enfin le titre, en 1976, sur terre battue face au Chili, mettant ainsi une belle conclusion à sa carrière d’entraîneur.
Évoquant sa carrière, il n’était pas étranger à la controverse. En plein tournant professionnel du tennis, il a révélé des pratiques peu claires relevant de l’amateurisme, facilitant ainsi l’émergence d’une nouvelle ère dans le sport.
Un homme de charme, polyglotte et spirituel, Pietrangeli a laissé une empreinte indélébile sur le tennis européen. En 2006, le complexe sportif du Foro Italico à Rome a honoré sa mémoire en renommant un court en son nom.
Il a épousé Susanna Artero en 1960, avec qui il a eu trois fils. Suite à un divorce dans les années 70, il a partagé sa vie avec la présentatrice Licia Colò pendant sept ans. Il laisse derrière lui deux fils, Marco et Filippo, tandis que Giorgio est décédé récemment.
Points à retenir
- Pietrangeli a participé à 66 rencontres de Coupe Davis, un exploit impressionnant.
- Bien qu’il ait eu un palmarès sensationnel, il a dû faire face à la rudesse des surfaces herbeuses.
- Son match contre Santana en 1961 reste dans les mémoires pour son intensité.
- Sa carrière a traversé des bouleversements professionnels, témoignant des tensions entre amateurisme et professionnalisme.
- Oui, un court en son honneur à Rome… il n’a pas volé son statut d’icône.
En tant que passionné de tennis, je ne peux m’empêcher de réfléchir à l’impact qu’un joueur comme Pietrangeli a eu sur son époque et sur les générations suivantes. Avec des moments de gloire et de controverse, il représente bien cette dualité nécessaire dans le sport, où la passion et la compétition se mêlent à une volonté de changement. Son héritage nous pousse à reconsidérer le sport au-delà des simples résultats. Qu’en pensez-vous ?