Le tennis connaît un véritable essor aux États-Unis, avec un nombre record de 27,3 millions de personnes ayant joué au moins une fois l’année dernière. Cela représente une augmentation de 1,6 million par rapport à 2024 et un impressionnant accroissement de 54 % depuis 2019. Selon un communiqué de la United States Tennis Association (USTA), près de 10 millions de nouveaux joueurs se sont ajoutés au fil des six dernières années. Les « joueurs réguliers », définis comme ceux ayant joué dix fois ou plus au cours de l’année, ont également augmenté, atteignant 14,5 millions en 2025.
Avec cette montée en popularité, les données affluent. De nombreuses entreprises souhaitent devenir le Strava du tennis, offrant aux amateurs la possibilité de partager leurs performances et vidéos, à l’instar de ce que fait Strava pour les coureurs et cyclistes depuis 2009.
Bien que Strava propose une version tennis qui permet de suivre les performances cardio, elle n’offre pas l’analyse approfondie des coups comme le font d’autres applications spécifiques aux sports de raquette. Des projets sont en cours pour améliorer cette offre avec un suivi des matchs, ce qui viendra s’ajouter aux données GPS existantes, explique un représentant à The Athletic.
Chaque mois semble voir l’arrivée d’un nouvel acteur, promettant de maximiser le potentiel des joueurs de tennis. En novembre, le huit fois champion du Grand Chelem Andre Agassi a annoncé un partenariat avec IBM pour une nouvelle plateforme digitale dédiée au tennis, au pickleball et au padel, utilisant l’intelligence artificielle pour analyser les vidéos et offrir un coaching de qualité professionnelle directement sur les téléphones des joueurs, selon un porte-parole de l’entreprise.
Parmi les poids lourds du marché, SwingVision est souvent cité comme le leader, comptant environ 500 000 utilisateurs, dont 90 % ont utilisé la fonctionnalité tennis. Fondée par des experts en IA provenant d’Apple et Tesla, l’application a été lancée en 2019 dans le but d’offrir une véritable expérience de Centre Court à Wimbledon à tous les athlètes, directement via leur téléphone. Les utilisateurs ont accès à 30 heures de films par mois et des statistiques avancées sur leurs performances.
Une dynamique sociale est également au cœur du succès, avec des classements qui permettent de se mesurer à ses amis ou à la communauté SwingVision, comme qui a frappé le plus de coups dans un mois donné. Cette interaction est essentielle pour fidéliser les utilisateurs.
En revanche, une autre innovation est SportAI, dont le produit, bien que majoritairement destiné aux entreprises, est utilisé par des entraîneurs de renom. La technologie permet d’analyser les performances des joueurs amateurs avec des recommandations précises pour améliorer leur jeu.
Cependant, comme le souligne un autre acteur du secteur, l’importance du soutien émotionnel et psychologique apporté par les coachs reste indispensable, même avec l’essor de la technologie.
Enfin, le monde de l’arbitrage dans le tennis amateur est en pleine transformation. De nombreuses entreprises travaillent à établir des standards pour les appels de lignes, souvent problématiques dans le jeu amateur. Leur objectif est d’obtenir le label de la Fédération Internationale de Tennis (IFT) pour garantir leur efficacité lors des événements.
La montée en puissance du tennis amateur et l’émergence de technologies innovantes ouvrent un nouveau chapitre pour ce sport. Les joueurs, plus nombreux que jamais, peuvent enfin se rapprocher de l’expérience professionnelle. L’avenir pourrait bien réserver encore plus d’évolution dans la manière dont nous pratiquons le tennis.
Points à retenir
- Les chiffres du tennis amateur explosent aux États-Unis.
- Des entreprises surfent sur la vague des données sportives.
- Le nouveau partenariat entre Agassi et IBM laisse augurer un coaching digital révolutionnaire.
- Des applications se concurrencent pour offrir des analyses de performances détaillées.
- Les enjeux émotionnels de l’entraînement restent précieux malgré les avancées technologiques.
En tant qu’observateur engagé, je ne peux m’empêcher de me demander jusqu’où irons-nous dans la quête des données ? Le tennis deviendra-t-il l’équivalent du « Strava » des terrains, ou cette technologie servira-t-elle simplement à enrichir une passion sans pour autant en altérer la quintessence ?