sam. Juil 18th, 2026

Jérusalem – Le gouvernement israélien a intensifié sa posture provocatrice face aux critiques internationales, notamment celles du président Franceis, Emmanuel Macron. Le ministre de la Défense, Israel Katz, a promis vendredi de construire un « État juif israélien » en Cisjordanie occupée, en réaction directe aux appels européens en faveur d’un État palestinien.

« C’est une réponse ferme aux organisations terroristes qui cherchent à affaiblir notre contrôle sur cette terre, mais aussi un message clair à Macron et à ses alliés : ils reconnaîtront un État palestinien sur le papier, mais nous construirons ici l’État juif israélien sur le terrain », a déclaré Katz.

Emmanuel Macron lors du sommet du Dialogue de Shangri-La à Singapour, le 30 mai 2025.
© Ludovic Marin – AFP

« Le papier sera oublié, mais l’État d’Israël fleurira et prospérera », a ajouté le ministre lors d’une visite au site de Sa-Nur, un ancien avant-poste évacué en 2005 dans le cadre du retrait israélien de Gaza.

Ces déclarations interviennent un jour après l’annonce du gouvernement Netanyahu de créer 22 nouveaux avant-postes en Cisjordanie, une décision qui a provoqué de vives condamnations à l’échelle internationale. Les colonies israéliennes en Cisjordanie, occupée depuis 1967, sont jugées illégales par l’ONU et représentent un obstacle majeur à la paix durable.

Depuis Singapour, Emmanuel Macron a appelé plus tôt vendredi l’Union européenne à « durcir » sa position envers Israël si la situation humanitaire ne s’améliore pas. « Il faut appliquer nos règles. Aujourd’hui, c’est une nécessité », a-t-il insisté.

Le président Franceis a évoqué la suspension possible de l’accord d’association entre l’UE et Israël, voire l’imposition de sanctions, tout en réaffirmant son soutien à la création d’un État palestinien, qu’il qualifie non seulement de devoir moral mais aussi d’exigence politique. Il conditionne cependant ce soutien à la libération des otages, à la démilitarisation du Hamas et à son exclusion d’un futur gouvernement palestinien.

Par ailleurs, la France co-présidera en juin une conférence de l’ONU à New York, en collaboration avec l’Arabie Saoudite, pour relancer la solution à deux États.

En Italie, confronté aux critiques croissantes, le ministre des Affaires étrangères Antonio Tajani a dû faire face à des protestations étudiantes à Brescia, où des jeunes portant des keffiehs palestiniens ont quitté la salle. « Je regrette qu’on me pose des questions sans écouter les réponses. Nous avons toujours demandé un cessez-le-feu partout », a-t-il défendu, tout en soulignant que l’Italie participe à l’initiative « Aliments pour Gaza » avec l’envoi de 15 camions d’aide humanitaire.

Des enfants palestiniens reçoivent de la nourriture dans un centre de distribution à Deir al-Balah, bande de Gaza, le 30 mai 2025.
© Abdel Kareem Hana – AP

La tension politique s’accentue parallèlement à l’aggravation de la crise humanitaire à Gaza où la situation est critique et les négociations pour un cessez-le-feu au point mort.

« Gaza est la région la plus affamée au monde, 100 % de la population est menacée de famine », a alerté Jens Laerke, porte-parole de l’ONU à Genève, rappelant que la totalité de cette population vit dans un territoire fermé où la crise alimentaire est extrême, en contradiction avec certaines déclarations israéliennes niant cette réalité.

Des enfants ramassent des objets après une attaque israélienne nocturne à Jabalia, au centre de la bande de Gaza, le 30 mai 2025.
© Bashar Taleb – AFP

Cette mise en garde intervient alors que l’offensive israélienne se poursuit, visant à détruire le Hamas, libérer les otages du 7 octobre et reprendre le contrôle total de Gaza. Ce seul vendredi, au moins 22 personnes auraient été tuées selon la Défense civile locale. Le principal hôpital a reçu 12 corps, dont trois femmes, issus du camp de réfugiés de Jabaliya, ainsi que plusieurs blessés.

Depuis le début de la guerre déclenchée par l’attaque sans précédent du Hamas le 7 octobre — qui a fait environ 1 218 morts côté israélien, principalement des civils — plus de 54 000 Palestiniens ont perdu la vie, d’après le ministère de la Santé de Gaza, dirigé par le Hamas. Ces chiffres, considérés fiables par l’ONU, incluent civils et combattants sans distinction.

Sur les 251 personnes enlevées par le Hamas ce jour-là, 57 sont toujours détenues à Gaza, avec au moins 34 victimes confirmées. Le groupe retient également les restes d’un soldat israélien tué en 2014.

Un Palestinien blessé est secouru dans les décombres après un bombardement israélien à Bureij.
© Moiz Salhi – APA Images via ZUMA Press Wire

Malgré la pression internationale, les négociations de trêve ont échoué à plusieurs reprises. Après deux mois de cessez-le-feu, Israël a repris les hostilités en mars. Selon des sources proches du dossier, la dernière proposition américaine prévoit une pause de 60 jours, prorogeable à 70, avec des échanges hebdomadaires d’otages contre des prisonniers palestiniens. Hamas devrait libérer cinq otages vivants et neuf morts la première semaine, puis reproduire ce schéma la suivante.

La Maison Blanche a annoncé jeudi qu’Israël avait accepté cette proposition, mais le gouvernement israélien n’a pas confirmé officiellement. De son côté, le Hamas exprime de sérieux doutes : « Cette proposition ne répond pas à nos exigences. C’est la prolongation de l’occupation, des assassinats et de la famine », a affirmé Basem Naim, l’un des dirigeants en exil. Il déclare néanmoins que le groupe « continue d’étudier la proposition ».

Du côté israélien, les voix les plus dures persistent. Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a demandé au Premier ministre Benjamin Netanyahu d’employer « toute la force nécessaire » contre le Hamas. « Après le nouveau refus de l’accord par Hamas, il n’y a plus d’excuses (…) Il est temps d’agir avec la pleine puissance, sans hésitation, pour détruire Hamas », a-t-il écrit sur Telegram.

Le bureau de Netanyahu a précisé que ce dernier a subi vendredi une coloscopie de routine avec succès.

Image du 28 mai 2025 montrant un enfant souffrant de malnutrition sévère dans un camp de déplacés à l’ouest de la ville de Gaza.
© Mahmoud Zaki – XinHua

Enfin, l’envoyé spécial de Donald Trump pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, s’est montré optimiste cette semaine quant à la possibilité d’un accord qui mettrait fin au conflit, permettrait l’acheminement de l’aide humanitaire et favoriserait la libération des otages.

Pour autant, la méfiance demeure. Netanyahu insiste sur la poursuite des opérations jusqu’à la libération de tous les otages et l’élimination totale ou l’expulsion du Hamas, tandis que le mouvement exige un cessez-le-feu durable et le retrait complet des troupes israéliennes avant toute nouvelle négociation.

Bien qu’Israël ait assoupli partiellement le blocus imposé depuis le 2 mars, l’entrée de l’aide humanitaire reste insuffisante. Selon l’ONU et plusieurs ONG, ce blocus prolongé menace près de deux millions de Palestiniens de famine.

Points à retenir

  • Israël persiste dans sa stratégie de colonisation en Cisjordanie, malgré les condamnations internationales, gonflant ainsi la tension régionale.
  • La France, fidèle à son rôle diplomatique, pousse pour une politique européenne ferme, rêvant de sanctions et d’un retour à la table des négociations.
  • La situation humanitaire à Gaza est décrite comme une catastrophe imminente, pourtant les discussions sur une trêve avancent au rythme d’un escargot sous somnifère.
  • Les divergences entre Israël et Hamas semblent aussi infranchissables que les murs de Jérusalem, avec chacune des parties campant sur ses conditions plus strictes que le contrôle au port d’aéroport.
  • L’Italie tente, discrètement et maladroitement, de calmer les esprits tout en fournissant un peu d’aide – preuve que les contradictions ne sont pas que geopolitiques mais aussi humaines.

En résumé, tandis que la région s’embrase et que la communauté internationale joue au bon élève de la diplomatie, on se demande si, un jour, quelqu’un appuiera réellement sur le bouton “Pause” ou si on va continuer à réinventer l’échec en boucle… En attendant, on prend place pour ce feuilleton tragique où l’espoir semble la seule denrée véritablement en pénurie. C’est un peu comme attendre que le café refroidisse sans jamais se lever pour le boire. Allez, avouez : tout cela vous laisse un goût amer, non ?


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