Mirra Andreeva s’est attirée un moment de gêne avec les spectateurs de Roland-Garros suite à un commentaire un peu trop direct sur le soutien anti-PSG pendant la finale de la Ligue des Champions, avant de rapidement recadrer ses propos. Tête de série numéro 6, la jeune joueuse russe a facilement dominé Yulia Putintseva sur le court Suzanne-Lenglen (6-3, 6-1), lui laissant largement le temps de suivre la rencontre de football en soirée.
Au point que certains joueurs avaient, avec humour, suggéré aux organisateurs de décaler les matchs du samedi à cause du match de foot. Gaël Monfils avait d’ailleurs quitté le tournoi plus tôt cette semaine, laissant entendre qu’il pourrait ainsi assister à la finale.
Le clan Andreeva s’était paré de maillots du PSG pour profiter de l’ambiance d’avant-match, mais la joueuse, peu passionnée par le football, a suscité un moment de flottement en annonçant soutenir plutôt l’Inter Milan. L’ancienne championne de Wimbledon, Marion Bartoli, qui menait l’interview sur le court, n’a pas manqué de relever ce petit accroc.
« Est-ce un message ? Tu soutiens un club ce soir ? Tu regardes le match, tout simplement ? » a demandé Bartoli. Avec une pointe de malice, Andreeva a répondu, déconcertant la foule parisienne : « Pour être honnête, je ne suis pas une grande fan de foot. Mais étant donné que je porte un maillot du PSG, peut-être que ce soir, je vais encourager contre Paris ! »
Comme la gêne se faisait sentir sur le court Lenglen et que Bartoli la taquinait gentiment, Andreeva a vite rectifié le tir, cherchant à éteindre la polémique naissante.
Dans la suite de l’interview, elle est revenue sur son match : « J’ai déjà fait une séance d’entraînement avec elle, donc je savais un peu à quoi m’attendre. Mais l’entraînement n’a rien à voir avec un match, il fallait que je donne tout, me batte sur chaque balle et tente d’obtenir des amorties. »
Après cette victoire, Andreeva se qualifie pour le 3e tour, avec la possibilité d’assister à la finale de Ligue des Champions si le cœur lui en dit. De son côté, Novak Djokovic ne pourra pas suivre le match PSG-Inter Milan, programmé en session de nuit sur le court Philippe-Chatrier, alors qu’il avait exprimé son envie de regarder la rencontre.
Deux jours auparavant, il confiait : « Ce sera le PSG que je vais soutenir. Je regarderai certainement si je ne joue pas en soirée. Ce serait bien. » Mais Djokovic doit affronter le qualifié Filip Misolic environ 45 minutes avant le coup d’envoi.
Points à retenir
- Mirra Andreeva, tête de série 6, a su rapidement se concentrer sur son match malgré un contexte footballistique tendu dans les tribunes.
- Les joueurs de Roland-Garros semblent prendre avec humour la finalité des matchs de football programmés simultanément, certains jouant même la carte de l’ironie.
- Les tensions entre supporters de clubs de foot peuvent s’infiltrer dans l’univers parfois calme et sérieux du tennis, pour le plus grand amusement… ou embarras.
- Novak Djokovic, pourtant très intéressé par la finale PSG-Inter, se trouvera dans une situation digne d’une mauvaise programmation télévisuelle : devoir choisir entre jouer ou regarder le match.
- Au final, même à Roland-Garros, les véritables supporters semblent être ceux qui savent allier l’amour du sport à une bonne dose d’autodérision.
Au fond, n’est-ce pas là une belle illustration de notre époque ? Sport élitiste contre football populaire, tension des supporters, et des joueurs qui essaient de naviguer entre deux mondes parfois incompatibles. Entre la quête de performance pure sur le court et l’appel désespéré du ballon rond, il semblerait que même les sportifs de haut niveau ne sachent plus très bien où donner de la tête. Et pendant ce temps-là, nous, simples observateurs, pouvons profiter du spectacle — ou simplement plisser les yeux en nous demandant si l’herbe des courts est plus verte que celle des terrains de foot. Mais bon, chacun ses passions, moi je retourne à mon écran, pas sûr de gagner un jour le match du décodage sportif.