Mercredi 17 juin — Velenje (11 h 23) → Rogaška Slatina (14 h 30) — 141,6 km
Red Bull lance le Tour de Slovénie avec autorité. Dès la première journée, l’équipe allemande a posé ses marques :
maîtrise de bout en bout, et surtout un doublé à l’arrivée de Rogaška Slatina grâce à Laurence Pithie et
Arne Marit.
L’étape inaugurale, 142 km entre Velenje et Rogaška Slatina, proposait un profil cassant, mais sans véritables
montagnes capables de casser la course. À ce titre, tout semblait orienté vers un sprint.
Pourtant, l’échappée du jour a tenu son rôle : Axel van der Tuuk (Euskaltel), accompagné de
Tomáš Přidal, Sam Brand et Diego Uriarte.
Le Néerlandais a été le plus combatif du groupe, allant jusqu’à placer une grosse partie de l’effort en tête, avec une sélection
qui a laissé quelques compagnons un peu trop loin.
Mais le peloton ne s’est jamais montré inquiet. Red Bull a pris ses responsabilités en poursuite et a fait monter
le rythme progressivement jusqu’à réduire nettement l’écart, pour ne laisser qu’un peu moins d’une trentaine de coureurs à l’avant,
en position de jouer la victoire. Les derniers fuyards ont été repris assez tôt, et l’équipe a gardé la main dans la dernière ligne.
Le scénario final a raconté la journée en une phrase : Florian Lipowitz a d’abord fait le travail de
“lancement”, puis Arne Marit a placé Laurence Pithie idéalement vers la ligne d’arrivée.
Marit a sans doute été plus rapide sur un sprint pur, mais ici il a volontairement “sacrifié” ses chances pour offrir la victoire
à son leader. Résultat : Pithie gagne, Marit termine second, et Edoardo Zambanini (Bahrain)
complète le podium.
Prochaine étape
2e étape — Jeudi 18 juin : Radlje ob Dravi (10 h 39) → Ormož (14 h 38) — 177,6 km

Profil 2e étape
Déclaration
Stefano Oldani (Caja Rural) :
« La première moitié de l’étape a été plutôt tranquille. L’échappée est partie, puis les équipes WT ont commencé à contrôler.
Nous avons roulé ensemble, bien unis, surtout à partir de la moitié de course, quand les nerfs se sont mis à parler dans le peloton,
pour se placer au mieux dans une zone de bosses très explosives.
Au final, c’était plus dur que ce que je pensais. Mais tout le monde, ou presque, a fini avec de bonnes jambes.
On a bien profité de l’attaque de Red Bull, même si j’ai souffert pour rester devant — peut-être à cause de l’altitude.
Le côté positif, c’est que j’ai tenu. Pour le sprint, je me suis positionné devant, peut-être un peu trop : je ne voulais pas me retrouver
coincé. J’ai tenté le coup, et je me suis retrouvé découvert à 300 mètres de l’arrivée. Une quatrième place, ce n’est pas si mal :
ça permet d’enlever un peu de “carbone” du corps pour ces premiers jours. »
Classement — 1re étape
| Rang | Coureur | Équipe | Temps / Écart |
|---|---|---|---|
| 1 | Laurence Pithie | Red Bull-BORA-hansgrohe | 03:14:10 |
| 2 | Arne Marit | Red Bull-BORA-hansgrohe | + 00 |
| 3 | Edoardo Zambanini | Bahrain Victorious | + 00 |
| 4 | Stefano Oldani | Caja Rural-Seguros RGA | + 00 |
Classement général (après la 1re étape) :
Laurence Pithie prend la tête devant Axel van der Tuuk et Arne Marit, avec des écarts qui restent raisonnables pour le moment.
Vidéo
Points à retenir
- Le contrôle collectif de Red Bull a transformé une course “probable sprint” en exercice parfaitement orchestré.
- L’échappée a existé (van der Tuuk et compagnie), mais le peloton n’a pas donné trop d’oxygène.
- Le sprint a été préparé : Lipowitz lance, Marit place, Pithie termine… bref, ça roule comme il faut.
- Oldani raconte une chose universelle : on pense “être bien”, puis on se retrouve “découvert” à 300 m. Le classique.
- La course reste ouverte : après une étape, on peut applaudir… mais pas encore promettre.
À ce stade, je vois deux signaux très clairs : d’un côté, Red Bull sait faire (la façon de verrouiller la fin d’étape est propre) ; de l’autre,
la course a encore des cartes à jouer, parce que le peloton n’a pas été totalement laminé. Donc oui, la tête de classement est déjà occupée,
mais le suspense, lui, n’a pas pris sa retraite. Pour moi, c’est typiquement le genre de première journée qui donne envie de suivre la suite
avec un regard critique… et engagé : quand une équipe s’organise bien, le cyclisme devient aussi une histoire de méthode, pas seulement de jambes.
