mer. Juin 17th, 2026
Serena Williams de retour à Wimbledon : une wild card en double avec Venus

Serena et Venus Williams vont bien retrouver le chemin du double à Wimbledon, avec une invitation spéciale (wild card) pour entrer directement au tableau des doubles. Le All England Club a dévoilé, mardi matin, la liste des joueuses et joueurs concernés, dans une annonce très attendue—d’autant plus que Serena effectue son retour sur les courts après quatre ans d’arrêt.

Serena, sept fois championne en simple à Wimbledon, n’a pas demandé de wild card en simple. À 44 ans, elle reste volontairement floue sur ses intentions pour cette discipline. Venus, elle aussi, n’a pas reçu d’invitation en simple : cinq titres à SW19, et une carrière sur le circuit qui a commencé en 1994, interrompue seulement pour des raisons liées à la santé. Elle fêtera ses 46 ans mercredi.

Wimbledon a aussi dû composer avec des décisions plus “surprise”. Maja Chwalinska, passée par les qualifications et arrivée en finale du simple féminin à Roland-Garros, obtient également une wild card. Malgré une sortie des radars en termes de classement pour Wimbledon (la date limite est tombée juste avant le tournoi parisien), la joueuse polonaise de 24 ans arrive avec un statut assez rare : à la fois wildcard et tête de série à un Grand Chelem. Elle pointe au numéro 21.

Côté invitations en simple, le tournoi a aussi choisi d’offrir des wild cards à deux vétérans : Stan Wawrinka, qui devrait prendre sa retraite cette année, et Grigor Dimitrov. Ce dernier revient dans les conversations après un scénario marquant l’an passé : il menait Jannik Sinner deux sets à zéro avant de devoir abandonner à cause d’une blessure à l’épaule.

Chez les Britanniques, Dan Evans, annoncé à la retraite après les championnats, n’apparaît pas sur la liste initiale en simple. En revanche, il a reçu une wild card en double, avec son compatriote Henry Searle.

Du côté du retour en compétition, Serena et Venus ne partent pas sur une rampe “tout va bien”. À l’Open d’Allemagne à Berlin, mardi, Serena a vécu une deuxième rencontre de reprise décevante : associée à la Tchèque Karolina Muchova, la paire s’est inclinée 6-4, 6-4 face à Erin Routliffe et Giuliana Olmos. La semaine précédente, lors du Queen’s Club, Williams et Mboko avaient signé une première victoire au retour—avant que Mboko ne se retire de la suite du tournoi et de la saison sur gazon, touchée aux ligaments du genou.

Les sœurs Williams, c’est aussi un morceau d’histoire du double : 14 titres du Grand Chelem ensemble, soit le deuxième total le plus élevé de l’ère Open, ainsi que six couronnes à Wimbledon—encore le meilleur bilan en double femmes sur l’ère Open. Elles ont aussi remporté trois médailles d’or olympiques dans la discipline et ont atteint le numéro 1 du classement WTA.

En parallèle, sur le circuit masculin au Queen’s Club, Arthur Fery continue sa progression : le Britannique numéro 5 a remporté son tout premier match sur le circuit ATP en carrière, en dominant Toby Samuel 6-0, 6-2, dans une rencontre entre deux wild cards anglaises. Cameron Norrie, numéro 1 britannique, a en revanche chuté : battu 7-6 (6), 6-2 par la quatrième tête de série, Alejandro Davidovich Fokina.

Toujours au Queen’s, Alex de Minaur a lancé sa quête d’un premier titre avec une victoire solide au premier tour. Tête de série numéro 1, il s’est imposé 7-6 (8), 6-3 contre le Canadien Gabriel Diallo, après avoir dû revenir d’un break dans la première manche.

Le tournoi fait aussi dans le “désert” côté stars : de Minaur est le seul joueur du top cinq à avoir fait le déplacement. Wimbledon, traditionnellement, aime se nourrir de la forme du Queen’s Club, mais ces dernières années, Halle a pris l’avantage : cette semaine, six des dix meilleures têtes ont préféré y jouer. Parmi le top 10 actuel, seuls Jannik Sinner et Novak Djokovic sont absents—et Carlos Alcaraz aussi, mais pour cause de blessure.

Plus loin dans les courts, Corentin Moutet a aussi marqué les esprits, cette fois hors du jeu. Après une victoire très serrée 6-7 (5), 6-4, 7-6 (5) contre Giovanni Mpetshi Perricard, le comportement du Français a été qualifié d’“inadmissible” par la présentatrice de la BBC Annabel Croft, évoquant les nombreux jurons lors de l’interview.

Tout a commencé sur une question de Jenny Drummond au sujet d’un service non retourné à 142 miles par heure au moment clé (un deuxième service, face à un deuxième point de match). Moutet a répondu sur le ton de la frustration… et a multiplié les interruptions, le tout avec un vocabulaire assez peu diplomatique. La présentatrice l’a interpellé à deux reprises pour lui demander d’être prudent, et Moutet a fini par répondre deux fois, “Fuck. Fuck. Fuck.” Comme quoi, même la tension d’un match peut trouver un autre langage.

Points à retenir

  • Serena et Venus Williams sont bien en doubles à Wimbledon : la wild card tombe au bon moment pour retrouver une dynamique commune.
  • Serena et Venus n’ont pas reçu d’invitations en simple : retour “dosé” pour l’une, continuité “à leur rythme” pour l’autre.
  • Maja Chwalinska cumule un statut rare (wildcard + tête de série) grâce à son bond au classement… et au fait que Wimbledon aime parfois les histoires qui surprennent.
  • Chez les hommes, Dan Evans n’est pas en simple mais atterrit en double avec Henry Searle : une façon assez concrète de prolonger la tournée même quand le calendrier en décide autrement.
  • Le Queen’s Club affiche un top cinq au compte-gouttes : de Minaur est le seul, ce qui change forcément la lecture du niveau général.
  • Corentin Moutet, lui, a pris le risque de transformer une interview en tribune : quand le serveur arrive à 142 mph, l’expression arrive aussi… mais pas toujours au bon endroit.

À mes yeux, ce qui ressort vraiment, c’est la combinaison “retours + décisions au cordeau”. Wimbledon cherche le spectacle, mais aussi la continuité : donner une chance aux vétérans, ouvrir la porte à des trajectoires qui montent, et composer avec des forfaits et des choix de carrière. Et dans un sport où tout va très vite—sur le court comme dans les coulisses—il est presque normal que les annonces fassent parler. En tant que journaliste, je trouve intéressant de rester attentif à ces retours et à la manière dont les tournois décident de la place qu’ils accordent aux joueurs, pas seulement quand la balle est au-dessus du filet, mais aussi quand il s’agit de respect, de règles… et de responsabilité.


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