dim. Sep 27th, 2026
La plus belle course ? Sans oreillettes — Mathieu van der Poel décroche le bronze dans un sprint chaotique aux Mondiaux à Montréal

Mathieu van der Poel n’a peut-être pas dû dire “non” juste avant le départ, mais l’idée était là : la course des Championnats du monde UCI sur route 2026, à Montréal, ne semblait pas être le terrain de prédilection. Pourtant, le Néerlandais a parfaitement su tirer son épingle du jeu ce dimanche, en décrochant la médaille de bronze sur une course élite masculine franchement chaotique, derrière le vainqueur en solitaire Brandon McNulty (États-Unis) et à quelques secondes de l’argent, emporté par l’Australien Michael Matthews.

Le scénario a commencé de façon… imprudente, pour ne pas dire “carrément risqué”. À 87 km de l’arrivée, Van der Poel a placé une attaque au sein d’un groupe de 12 coureurs, avec notamment le Belge Wout van Aert. Puis il a continué d’enflammer la course : il s’est détaché avec Van Aert, Quinn Simmons (États-Unis), Primož Roglič (Slovénie), Oscar Onley (Grande-Bretagne) et Athon Charmig (Danemark). Ensuite, à 52 km du but, il a de nouveau relancé l’opération, comme si les jambes n’avaient pas déjà signé un contrat en bonne et due forme.

Points à retenir

  • Van der Poel a transformé une course potentiellement “pas pour lui” en terrain d’offensive permanente, avec des relances à répétition.
  • La Voie Camillien-Houde (1,8 km à 7,5%) a fait le tri : quand ça attaque tous les tours, les jambes n’ont pas le temps d’inventer une stratégie.
  • Le manque de radios aux Mondiaux change le rapport de force : on gagne en instinct… et on perd un peu en contrôle (ce qui, paradoxalement, aide certaines grandes bagarres).
  • Le choix d’attaquer très loin n’a pas “tué” la course : il a surtout créé une sélection nerveuse, où les grimpeurs ont dû souffrir sous une pression constante.
  • Le bronze reste un résultat solide quand la course est verrouillée par une dynamique folle — et ça, même avec le scénario le plus “agité”, ça compte.

À mes yeux, ce Mondial montre surtout une chose : quand Van der Poel joue l’offensive, il ne se contente pas de “tenter”, il redessine la course. Je ne peux pas m’empêcher de me demander si on aura encore longtemps des championnats où l’instinct et l’audace sont aussi déterminants. Bref, on peut parler de tactique, mais au final, c’est aussi une belle leçon : le cyclisme mérite des épreuves qui laissent de la place au risque… et pas seulement aux plans parfaits. En tant que journaliste, je trouve ça important de le défendre.


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