sam. Sep 26th, 2026
Demi Vollering décroche le titre mondial de course sur route à Montréal dans un duel époustouflant

Demi Vollering a remporté l’édition la plus longue de l’histoire du championnat du monde féminin sur route (UCI) lors d’une finale de sprint aussi violente que spectaculaire à Montréal.

À 29 ans, la coureuse néerlandaise a confirmé une saison exceptionnelle. Elle s’impose notamment sur le (deuxième titre), ainsi que sur le Giro chez les femmes, Liège-Bastogne-Liège et le Tour des Flandres.

Sur un parcours canadien ponctué de plusieurs montées, les grandes favorites ont livré bataille jusqu’aux derniers kilomètres. Puis, dans l’ascension finale, Vollering a porté le coup décisif.

« C’était une course incroyable, et je suis très fière d’y avoir pris part », a déclaré Vollering. « J’ai tellement travaillé pour cet objectif. Il faut du courage pour vraiment y croire. Je suis fière de tout le travail de l’équipe : elles ont roulé toute la course en tête. »

Le circuit de 13,4 km, disputé à huit tours, a usé les organismes. Les pentes raides de la Voie Camillien-Houde ont fait le tri, et le peloton s’est progressivement morcelé.

La course a aussi basculé après plusieurs incidents. Parmi les coureuses de premier plan, Paula Blasi (Espagne) a été victime d’une nouvelle chute à mi-course et a dû abandonner alors qu’il restait encore 90 km. Autre moment compliqué : Magdeleine Vallieres, championne en titre et grande favorite à domicile, a également chuté dans la descente, à 95 km de l’arrivée, dans un groupe de 15 coureuses. Dans cette même séquence, plusieurs coureuses britanniques ont été concernées, dont Flora Perkins, ainsi que Kim Le Court et Blasi.

Vallieres a finalement quitté la course un peu plus de 60 km avant l’arrivée, ce qui a ouvert la porte à une bataille encore plus imprévisible — le genre de dramaturgie qui colle décidément très bien au cyclisme féminin.

Et la dynamique a continué de changer. À l’entame du dernier tour, trois coureuses tenaient le haut du tableau : Vollering, Kasia Niewiadoma (Pologne) et la championne italienne Elisa Longo Borghini. Elles se sont répondu coup pour coup, enchaînant les accélérations sur le final vallonné.

À moins de 200 mètres, Vollering et Niewiadoma étaient côte à côte. Mais la relance tardive de la Néerlandaise a finalement fait la différence. Niewiadoma a franchi la ligne visiblement au bout, gênée par des crampes.

Vollering avait tenté quelque chose de très tôt, avec environ 40 km à disputer sur le circuit montréalais — et même à ce stade, dans la portion la plus dure, elle avait presque réussi… avant d’être reprise moins de 20 km plus tard.

« Il y a eu tellement de moments où je me suis dit que j’étais partie trop tôt », a-t-elle expliqué. « C’était tout près. Quand elles sont revenues, je me suis dit : “Oh merde, ce n’est pas fini”. Mais il ne faut jamais lâcher jusqu’à la ligne d’arrivée. »

Demi Vollering célèbre sa victoire sur le podium, dans la tension d’une fin de course qui n’a laissé personne respirer.

Au début, l’attaque de Vollering donnait l’impression qu’on allait retomber sur un scénario “classique” : une escapade maîtrisée, puis une trajectoire qui se referme vers la victoire. Derrière, un groupe resserré de huit coureuses s’est organisé, avec notamment Kasia Niewiadoma, Marlen Reusser (championne du monde du contre-la-montre) et Elisa Longo Borghini.

À 20 km de l’arrivée, le groupe a éclaté sous l’impulsion de Niewiadoma et Longo Borghini. Vollering, elle, a surpris son monde en “s’affaiblissant” après avoir passé environ 20 km en tête.

Puis, à la veille du dernier tour, le chaos a repris ses droits : les favorites se sont regroupées au début de la dernière boucle, et Longo Borghini a lancé sa propre tentative, histoire de rappeler que la course n’attend personne.

Mais Vollering n’a pas lâché. Elle a trouvé l’énergie pour une nouvelle attaque, cette fois au bon moment, et avec l’efficacité d’une équipe qui sait exactement quoi faire quand ça s’enflamme.

Au terme d’un mano a mano, Longo Borghini a tenu bon et décroché la médaille de bronze, devant Reusser. Côté britannique, Pfeiffer Georgi a été la mieux classée, en onzième position.

Points à retenir

  • Un parcours long et exigeant : 8 tours sur 13,4 km, avec des passages très raides qui brisent les automatismes.
  • Les chutes ont pesé lourd : certaines favorites ont été sorties du jeu, et ça a changé la physionomie de la course.
  • Le “timing” a fait la loi : la relance décisive de Vollering arrive sur la fin, au moment où tout le monde commence à négocier avec ses jambes.
  • Regroupements et contre-attaques en rafale : entre les fractions de groupe et les retours, la course n’a jamais vraiment choisi un seul scénario.
  • Le cyclisme féminin, version Montréal : dramatique, imprévisible… et franchement, ça évite de s’ennuyer.

À mes yeux, cette victoire ressemble moins à une “fin de course” qu’à une démonstration : on n’a pas attendu que la chance arrive, on l’a construite — puis on l’a assumée quand le terrain s’est mis à compliquer la tâche. Et si on veut vraiment débattre, la vraie question est simple : pourquoi autant de suspense ne devrait pas être la norme, y compris dans les moments où tout le monde s’attend à un déroulé “logique” ? En tant que journaliste, je garde une conviction : ce spectacle, il mérite d’être regardé comme il doit l’être — avec attention, exigence… et un peu de colère quand on minimise ce niveau.


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