Ce dimanche, de grands noms du cyclisme mondial seront au départ du Championnat du monde sur route. Remco Evenepoel, del Toro, Seixas… la liste des vedettes est impressionnante. Mais dans ce type de rendez-vous, il y a aussi de la place pour les bizarreries. Et côté Slovaquie, on passe un cran au-dessus : Vladimir Kovacik, masseur de la sélection, sera le seul représentant slovaque engagé sur l’épreuve en ligne. L’information est confirmée après la publication officielle des dossards.
Le contexte, puis le choix “logistique”
À l’origine, la Slovaquie devait aligner un quatuor… enfin, presque : Matthias Schwarzbacher, Martin Svrcek et Lukas Kubis. Seul Kubis, d’après le dernier classement UCI, semblait réellement capable de se hisser à un niveau correct (il occupe la 51e place sur la période de référence). Problème : son équipe, Unibet Rose Rockets, ne l’a pas libéré pour disputer le Mondial à Montréal.
Quant à Schwarzbacher et Svrcek, ils sont blessés. Résultat : plus de départ possible sur la sélection “principale”. Et, quand il n’y a plus de coureurs disponibles, on ne fait pas comme si de rien n’était…
EDOUARD DESROCHES / EFE
Face à cette situation, la Fédération slovaque a tranché : Vladimir Kovacik (28 ans) fera le déplacement. Ce n’est pas complètement “une première vie” à vélo : il a déjà couru entre 2014 et 2017, plutôt dans des courses locales et en catégories de niveau inférieur, notamment en Pologne et en République tchèque, avec pas mal d’expériences en sub-23.
Les conséquences de ne pas courir
Reste la question logique : pourquoi ne pas simplement renoncer, plutôt que de mettre un masseur sur la ligne de départ ? La réponse tient en une phrase : si personne n’avait couru, la Slovaquie aurait payé. Concrètement, ses championnats nationaux auraient été déclassés, donc moins de points UCI, ce qui complique sérieusement l’obtention d’une place pour l’épreuve sur route aux Jeux olympiques de Los Angeles.
Une décision d’autant plus “pragmatique” qu’on parle d’une période où le cyclisme slovaque connaît moins de réussite qu’avant. On est loin des années où la sélection brillait sur la scène internationale, notamment grâce à Peter Sagan, triple champion du monde (2015, 2016 et 2017).
Alors, qu’attendre du masseur-coureur ? L’idée la plus simple est la plus probable : au fil des kilomètres, il risque de passer au second plan. Mais au départ, et dans les premiers temps de la course, il pourrait bien avoir un rôle plus visible que prévu. En cyclisme, parfois, ça tient à quelques minutes… et à un départ qui ne ressemble à aucun scénario.
Points à retenir
- Vladimir Kovacik, masseur de la sélection slovaque, est le seul représentant engagé sur l’épreuve en ligne.
- Lukas Kubis ne part pas : son équipe ne l’a pas libéré pour le Mondial.
- Schwarzbacher et Svrcek sont blessés, ce qui réduit drastiquement les options.
- Sans coureur, la Slovaquie aurait subi des conséquences en points UCI, compliquant l’accès aux places olympiques.
- On retrouve une logique assez “sport administratif” : dans certains cas, mieux vaut aligner quelqu’un, même si ce quelqu’un n’est pas le profil le plus attendu.
À titre personnel, je trouve ce dossier à la fois révélateur et un peu ironique : le Mondial, c’est censé être la vitrine du cyclisme… et là, on a une histoire de dossards, de blessures et d’opportunités qui transforme un rôle de coulisses en mission de course. En tant que journaliste, je ne peux pas m’empêcher de défendre l’idée que ces décisions méritent d’être regardées avec attention : elles disent quelque chose du sport réel, pas seulement de ce que l’on voit à la télé. Et si le cyclisme reste un terrain d’exploits, c’est aussi celui des contraintes, des coulisses et des choix qui comptent.