“Mon nom a pris une dimension internationale. C’est comme signer pour le Real Madrid du cyclisme. Il faut savoir gérer cela. Je reste un gars simple — je suis fidèle à ma famille, ma partenaire et mes amis. Je ne veux pas changer et je n’y penserai pas.”
Avec Red Bull, une connexion spéciale dès le premier échange
Etxeberria explique que son transfert a pris de l’élan après une série de résultats impressionnants, suscitant l’intérêt de plusieurs équipes du WorldTour. “Après ma victoire en Castilla y Leon et un mois ponctué de bonnes performances, mon manager et Benat Intxausti ont commencé à envisager sérieusement la possibilité d’un passage au WorldTour. Plusieurs équipes étaient intéressées. Jayco semblait être le choix évident, mais lors d’une conversation avec Red Bull, j’ai ressenti une connexion dès le début. Ils ont compris mes objectifs. Je n’avais aucun doute quand il a fallu signer.”
Ce qui l’a attiré ne se limite pas seulement à la structure de l’équipe. Le roster de Red Bull pour 2026 inclut Evenepoel — l’un des coureurs qu’Etxeberria admire le plus — ainsi que Roglic, dont la présence a renforcé sa décision. “J’ai suivi Red Bull depuis l’époque de Peter Sagan. C’est à ce moment-là que je me suis passionné pour le cyclisme, quand il a révolutionné ce sport. Et il se trouve qu’Evenepoel, mon modèle, arrive dans l’équipe. Tout était réuni.”
Kern Pharma, l’équipe qui a accompagné ses débuts professionnels, a soutenu ce mouvement avec compréhension. “Kern Pharma n’a pas mis d’obstacles. Juanjo est une personne formidable en qui j’ai toujours confiance. Ces liens ne se brisent pas.”
Des ambitions façonnées par les rêves d’Ardennes — et une soif d’apprendre
Les objectifs à long terme d’Etxeberria se dirigent vers les Ardennes, où il espère un jour concourir pour les plus grands prix d’un jour. “J’adore les Ardennes. Je rêve de gagner Liège–Bastogne–Liège ou la Flèche Wallonne un jour. Également la Classique de Saint-Sébastien, parce que je suis Basque et cela commence presque devant ma porte.”
Il s’inspire de Sagan pour son style, de Valverde pour sa domination, et considère Alex Aranburu comme un point de référence réaliste. Pour l’instant, sa priorité n’est pas de viser des résultats immédiats, mais d’absorber tout ce que le WorldTour — soutenu par Red Bull — peut lui apprendre. “Une fois que je me serai adapté, je verrai comment je peux évoluer. Chaque conseil ira directement dans mon carnet.”
Origines ancrées — sans intention de changer
Malgré son ascension fulgurante, Etxeberria reste celui qui se présentait aux sorties de groupe sur un vieux vélo blanc. “J’ai commencé par le VTT. Puis mes amis m’ont entraîné dans les sorties cyclistes du village. J’avais un vélo blanc sans marque, avec les vitesses sur le cadre. Je mesurais 1,70 m pour 82 kg. J’étais sprinteur. Ma vie a énormément changé.”
Certaines habitudes restent inchangées : passer du temps avec la famille, des célébrations discrètes, et des sorties avec un groupe d’amis, principalement composé de passionnés de cyclisme d’une quarantaine ou cinquantaine d’années. “Je reste un enfant du village et je veux le demeurer.”
Sa grand-mère, qui fuyait autrefois les courses à cause du trac, a été là lors de son tournant — le jour où il a gagné la Vuelta a Bidasoa. Aujourd’hui, en le voyant signer avec Red Bull, elle partage son incrédulité. “Nous prenons tout cela ensemble.”
Un galactique dans l’esprit — mais toujours affamé, humble et en apprentissage
L’arrivée d’Etxeberria chez Red Bull – BORA – hansgrohe apporte une dynamique juvénile, un potentiel évident et une personnalité qui s’inscrit parfaitement dans la vision à long terme de l’équipe. Il est conscient de l’ampleur de sa chance, tout en sachant qu’il entre dans l’un des environnements les plus scrutés du cyclisme.
Cependant, il préfère garder une approche simple. “Être cycliste professionnel, c’est profiter et travailler dur, sans perdre son essence.”
Red Bull pourrait avoir son prochain galactique – mais il reste les pieds bien ancrés sur terre.
Points à retenir
- Un transfert marqué par un bon feeling et des résultats éclatants.
- Des ambitions claires pour réaliser ses rêves en Ardennes.
- Une bonne dose d’humilité malgré la montée en puissance.
- Un soutien indéfectible de son ancienne équipe dans un moment charnière.
- La richesse des conseils pris en note, pour un apprentissage constant.
En observant le parcours d’Etxeberria, je me demande où se situe la frontière entre l’ambition personnelle et la volonté de rester authentique. Est-ce que cet équilibre délicat lui permettra de naviguer dans un univers aussi compétitif que celui du cyclisme professionnel ? Une question qui soulève des réflexions passionnantes sur ce que signifie véritablement réussir dans un tel environnement.