Tour de France Femmes : les Bergamasques prêtes à passer à l’attaque
Il y a 56 jours que s’est terminé le Giro d’Italia Women, une édition remportée par Demi Vollering. Et pendant ces neuf étapes, plusieurs coureuses de la province de Bergame ont laissé des traces : de Elisa Balsamo, qui s’est adjugé quatre victoires en sprint, à Silvia Persico, fidèle “bras droit” d’Elisa Longo Borghini, en passant par Chiara Consonni, présente sur le podium à deux reprises. Maintenant, place au Tour de France Femmes, lancé samedi à Lausanne et qui s’achèvera dimanche 9 août à Nice — là où l’on espère que les jambes fraîchement lavées du Giro continueront à faire le spectacle.
Elisa Balsamo (Lidl-Trek) arrive au départ après le Tour de Pologne. En trois étapes, elle a décroché un deuxième et un troisième place, plus une seconde position au classement général. Pour autant, au Tour de France, elle n’a encore jamais vraiment réussi à faire basculer les choses en sa faveur : lors de la course, samedi, pour ses débuts, elle n’a pas réussi à tirer son épingle du jeu dans un sprint remporté par la “toujours là” Lorena Wiebes. Même dynamique pour Chiara Consonni (Canyon/Sram), autre sprinteuse : au Tour de Pologne elle a pris la huitième place. À noter toutefois : il s’agit de sa deuxième apparition en France après un premier rendez-vous en 2023. Une occasion évidente de se rappeler au bon souvenir de l’arène mondiale — et cette fois, pourquoi pas, de finir plus haut que “presque”.
À la veille du Tour, les ambitions bergamasques étaient déjà assez claires. Contrairement au Giro, le parcours français met vite le nez dans le guidon : dès les premières étapes, autour de Lausanne et Genève, on a affaire à des arrivées qui peuvent se jouer sur des groupes relativement compacts. Mais pour aller chercher une vraie chance au sprint, il faut composer avec les saliscendos semés par l’organisation sur l’ensemble des neuf étapes — et particulièrement dans les étapes initiales. Dit autrement : ce n’est pas une simple ligne droite, même si tout le monde a l’air de vouloir y croire.
Dans ce décor, Silvia Persico (UAE l’Imad) pourrait être une surprise intéressante. La coureuse de Cene, âgée de 29 ans, avait déjà prouvé en 2022 qu’elle pouvait faire quelque chose d’inattendu en terminant cinquième du classement général — un résultat qui lui avait donné une certaine crédibilité auprès des courbes et des chronos. Son rôle sera d’abord celui d’une équipière, aux côtés d’Elisa Longo Borghini. Mais sur les fractions plus vallonnées, elle a aussi le profil pour s’échapper quand ça s’allège et, dans le final, faire parler son accélération. Reste la seule inconnue, classique dans le cyclisme : sa forme. Après le championnat disputé à Pordenone le 28 juin, Persico enchaîne avec une période en altitude, ce qui peut jouer en sa faveur… ou en ajouter une couche de fatigue. Dans le doute, les jambes doivent trancher.
Et il n’y a pas que les “jeux de rôle” de l’équipe en France : on retrouvera aussi Arianna Fidanza. La plus grande des filles de l’ex-pro Giovanni, au sein du team basque Laboral Kutxa–Fundación Euskadi. Elle n’avait plus eu l’occasion de courir la Grande Boucle depuis trois ans : un retour donc, après une victoire au début février sur la Pionera Race-Scv. Sur le papier, ses étapes seront plutôt celles où il faut se montrer sans forcément tout prendre sur les épaules. Sauf que sa formation a manifesté une intention assez nette : attaquer “quand c’est possible”, et ne pas se contenter d’être seulement présente à l’écran.
Points à retenir
- Le Giro est terminé, mais les Bergamasques n’ont pas vraiment le luxe de “revenir tranquillement” : le Tour démarre vite et les jambes doivent suivre.
- Elisa Balsamo arrive avec des résultats solides au Tour de Pologne, tout en cherchant encore au Tour de France la manœuvre qui lui manque.
- Chiara Consonni a déjà goûté au Tour en 2023 : maintenant, l’objectif est de transformer l’expérience en place utile (pas seulement en participation).
- Silvia Persico pourrait jouer un rôle double : équipière utile et, si le terrain s’y prête, coureuse qui tente sa chance dans les bonnes échappées.
- Arianna Fidanza revient après trois ans : son style suggère qu’elle n’attendra pas que tout se passe “tout seul”.
Au fond, ce Tour ressemble à ces matchs où tout peut basculer au premier virage : on a des sprinteuses, des rôles d’équipe bien dessinés… et des routes qui obligent à réfléchir en même temps qu’à pédaler. De mon côté, je regarde surtout un point : est-ce que les coureuses bergamasques sauront transformer la vitesse et le sens collectif en actions décisives, plutôt qu’en simples tentatives. Et si Lesnews peut être utile, ce sera justement pour garder les yeux ouverts : le cyclisme féminin mérite qu’on ne le réduise pas à une arrivée au sprint, mais qu’on raconte les attaques, les choix et le courage qui vont avec.