Nairo Quintana, icône colombienne du cyclisme, a disputé samedi en Italie sa dernière course chez les professionnels. À 36 ans, il a été ovationné par ses coéquipiers comme par ses concurrents.
Le champion a officiellement mis fin à sa grande carrière. Au Giro dell’Emilia, samedi, il a livré ce qui restera comme sa dernière apparition sur la route : après quinze années au plus haut niveau, l’aventure s’achève.
En Italie, l’ambiance était particulière. Ses équipiers ont réservé un accueil chaleureux au peloton, formant un passage pour lui rendre hommage une dernière fois. Visiblement ému, Quintana a savouré ce moment au milieu du groupe.
« Ça a été un plaisir de te compter parmi nous toutes ces années, et une fierté d’avoir accompli autant de choses ensemble », a écrit son équipe Movistar sur X samedi.
« On pouvait voir venir le ralentissement »
Tout au long de sa carrière, Quintana a remporté deux Grands Tours. En 2014, il s’impose sur le Giro d’Italia, puis deux ans plus tard, il signe la victoire sur la Vuelta a España.
Cette année, il avait aussi choisi l’option de célébrer son au revoir au départ de la Vuelta, mais son équipe n’a pas retenu sa participation à l’équipe pour le Giro.
Son palmarès comprend également trois étapes gagnées au Tour de France, ainsi que des victoires sur le Tour de Pays basque (2013), Tirreno–Adriatico (2015 et 2017), le Tour de Catalogne (2016) ou encore la course de Romandie (2016).
Le départ n’était toutefois pas une surprise totale : Quintana l’avait déjà annoncé en mars dernier. « On pouvait voir venir le ralentissement. Mes watts sont toujours les mêmes, je performe encore très bien, mais il y a une fatigue mentale », a-t-il expliqué à Fuera del Límite. « Je suis quelqu’un qui planifie avec soin, y compris pour lancer d’autres projets. Avec ma famille, on a décidé que je continue encore deux ans, puis que je commence de nouveaux chapitres. C’est ma manière de faire. On a pris cette décision et elle était la bonne. »
Points à retenir
- Quintana conclut sa carrière sur un terrain symbolique : un dernier chapitre au Giro dell’Emilia, en Italie.
- Son hommage collectif n’est pas un détail : le peloton se met en scène, et ça dit beaucoup sur l’image qu’il a laissée.
- Si la forme physique restait solide, c’est surtout la fatigue psychologique qui a pesé dans la balance.
- Son retrait a aussi un côté “logistique” : certaines absences du calendrier peuvent changer le scénario d’une fin de carrière.
- Et surtout, il garde le contrôle : il annonce une transition organisée, avec l’idée de passer à d’autres projets sans brusquer le tempo.
À mes yeux, la carrière de Quintana raconte une histoire assez simple : faire ce qu’il faut quand les jambes suivent… et s’arrêter quand la tête commence à dire stop. En tant que journaliste, je trouve important qu’on parle autant de la fatigue mentale que des watts, parce que c’est aussi ça, la vraie performance. Et si on arrêtait, une bonne fois pour toutes, de réduire les fins de carrière à un simple “déclin” ?