PÉKIN — Le début de parcours de Coco Gauff sur le China Open a été mis à l’épreuve ce samedi. La tenante du titre 2024 a toutefois décroché une qualification difficile pour le 3e tour, en venant à bout de Camila Osorio : 7-6(4), 4-6, 6-2.
Rien n’a vraiment été “facile”. Osorio a breaké cinq fois le service de Gauff, et a même grappillé quatre points de moins au total. Le match a eu ce petit goût de nerfs : Gauff a semblé visiblement contrariée à plusieurs moments, y compris dans le 1er set, pourtant gagné. Menant 5 jeux à 2, elle a ensuite vu l’avance fondre jusqu’au tie-break.
Jusqu’alors, lors de ses trois premiers matches à Pékin, Gauff avait remporté sans perdre un set. Cette fois, après un test plus exigeant, elle sait déjà qu’elle a franchi une étape, et maintenant elle se tournera vers la suite : au prochain tour, elle affrontera le vainqueur du duel entre Cristina Bucsa et la jeune Sun Xinran (n°1 chinoise junior).
Ce succès porte aussi Gauff à 7 victoires sur ses 8 premiers matches sur le circuit WTA 1000 cette saison, avec comme seul accroc une défaite contre Elisabetta Cocciaretto à Doha. De quoi dire que quand elle lance la machine, elle a l’habitude de progresser vite — même si samedi, la route passait par des zones un peu plus accidentées.
“Je pense que c’est surtout le reset au 3e set”, a expliqué Gauff en se concentrant sur ce qu’elle retiendra après coup. “Honnêtement, il y a eu un moment où je me suis vraiment frustrée. Je pense que Camila est ce genre de joueuse capable de te mettre dans l’inconfort. J’ai pu reposer mon jeu au 3e, et surtout oublier le 2e set.”
C’était son premier match depuis un parcours en demi-finales à l’US Open, et son premier duel face à Osorio sur le WTA Tour. Comme c’était aussi son retour après près de trois semaines, l’objectif était clair : retrouver le “mode match”. Et, malgré quelques doutes en cours de route, elle estime que l’enchaînement a bien fonctionné pour aborder la fin de saison.
“En cette période de l’année, c’est vraiment une phase finale”, a-t-elle ajouté. “Et je pense que c’était un bon match pour lancer la tournée asiatique.”
Dans le même temps, Pékin n’a jamais été un mauvais souvenir pour Gauff. Avec ce succès, elle signe sa 23e victoire dans un tournoi WTA en Chine. Son bilan y atteint 88,4% (23-3), le meilleur total d’un point de vue historique pour une joueuse au cours de ce siècle (avec au moins 10 matches). Et après Pékin, il y a aussi Wuhan 2025, qu’elle avait remporté.
Avant le tournoi, Gauff disait se sentir un peu plus posée qu’à d’autres moments de l’année. Les Grand Chelems étant terminés, elle évoque moins de “chaos” et une fin de saison plus lisible. “Je rentre toujours dans cette tournée en cherchant à pousser”, a-t-elle précisé. “C’est le dernier effort avant les Finales. Chaque match compte… et encore plus maintenant.”
“Je pense qu’avoir de bons résultats en Chine me donne aussi plus de confiance”, conclut-elle, surtout quand les matchs deviennent plus durs — ce qui, pour le coup, a déjà été le cas ce samedi.
Points à retenir
- Le 3e set a servi de “plan de secours” : après une seconde manche difficile, Gauff a su repartir sur de meilleurs rails (et ça se voit quand on la regarde vraiment jouer).
- Osorio a posé des problèmes concrets en breakant cinq fois : un rappel que la confiance ne suffit pas, même quand tout va “en théorie”.
- Pékin reste un terrain favorable : son ratio de victoires en Chine est impressionnant, et elle y performe régulièrement.
- Gauff vise la fin de saison avec une logique simple : enchaîner sans s’éparpiller, surtout avant les Finales.
Au final, ce match contre Osorio ressemble à ce que la fin d’année réserve souvent : moins de cinéma, plus de constance à aller chercher dans les moments compliqués. Pour ma part, je retiens surtout la capacité de Gauff à ne pas se briser quand elle sent que ça dérape — et ça, ce n’est pas “juste” une victoire, c’est une manière de gagner qui construit la suite. Et quand je vois des joueuses capables de transformer un match nerveux en rampe de lancement, je me dis que le tennis mérite qu’on regarde davantage le travail mental… et qu’on le protège, car c’est souvent là que se joue la vraie différence.