Il est difficile de ne pas éprouver de la compassion pour Stéphane Gilli, désormais remplacé par Antoine Kombouaré à la tête du Paris FC. Depuis la prise de contrôle du club par la famille Arnault, Gilli s’était senti comme un homme de trop, mais la montée en Ligue 1 avait temporairement sauvé sa position. Toutefois, avec la menace de relégation grandissante, Kombouaré, un ancien entraîneur en difficulté devenu pompier, a pris les rênes.
De la même manière que Gilli, Kombouaré n’a pas réussi à répondre aux attentes des nouveaux propriétaires. On se souvient de la manière brutale avec laquelle QSI avait renvoyé Kombouaré quelques mois après avoir acquis le PSG, alors qu’il était en tête du championnat. L’ère supposément « bling bling » à PSG avait débuté, apportant une certaine direction, ce qui fait cruellement défaut au Paris FC aujourd’hui.
Lors de l’annonce de sa nomination, Paris FC a salué le “parcours et l’expérience solide en Ligue 1” de Kombouaré, considérés comme des atouts précieux pour atteindre les résultats souhaités. Cette nomination témoigne d’un objectif clair : la survie en Ligue 1. Sa réputation de pompier est en effet bien ancrée, ayant enchaîné les sauvetages à Nantes ces dernières saisons. L’arrivée de Kombouaré prouve que les propriétaires du club sentent le danger, même avec six points d’avance sur la zone de relégation.
Cette saison était censée être celle de la consolidation, même si la richesse nouvellement acquise et la relation avec Red Bull laissaient entrevoir de plus grandes ambitions. Paris FC était en milieu de tableau à la mi-octobre, mais il est désormais 15e après n’avoir remporté qu’un seul de ses 11 derniers matches.
Les joueurs ont appris la nouvelle du départ de Gilli dans le vestiaire, après leur pâle match nul 1-1 contre Toulouse. Kombouaré était clairement déjà prévu. Les nouvelles recrues ont déçu. Tandis qu’Ilan Kebbal a bien depuis son arrivée, ce n’est pas le cas d’autres joueurs comme Moses Simon, Hamari Traoré ou Pierre Lees-Melou, censés garantir un maintien tranquille. Otávio et Willem Geubbels, 24 ans, recrutés pour une vision à long terme, ont également rencontré des difficultés.
Les remèdes préconisés en janvier ont davantage reflété du court-termisme. Le club a signé Ciro Immobile (36 ans et n’ayant pas encore marqué en quatre apparitions) ainsi que Marshall Munetsi, Diego Coppola et Luca Koleosho en prêt. Si Paris FC entretient une vision à long terme, celle-ci est pour l’instant en suspens. Ce court-termisme, bien que compréhensible, risque d’entraver la vision globale du club. Leur projet repose pourtant sur le développement des joueurs et l’exploitation du réservoir de talents en Île-de-France.
Pour cela, le soutien et l’expertise de Red Bull seront précieux, même si leur implication reste pour l’instant limitée. Bien qu’ils aient été informés du changement d’entraîneur, on ne sent pas que Jürgen Klopp ait vraiment participé au choix de Kombouaré. Le directeur sportif du club, Marco Neppe, issu de Red Bull, incarne à sa manière la présence de cette marque. Cependant, Kombouaré, bien qu’il ait été sélectionné dans le cadre des entraîneurs en circulation, ne renvoie pas l’image d’un projet audacieux.
Cependant, quelques signes d’espoir apparaissent. Neppe a été vu visitant des matches de jeunes à travers la France cette saison et le club a recruté le prometteur milieu Rudy Matondo en janvier, bientôt suivi par Patrick Zabi cet été. Cela reflète la stratégie du PSG, mais un chemin que QSI a mis plus d’une décennie à réaliser. Paris FC semble enfin conscient de son énorme potentiel, ce qui explique l’intérêt de Red Bull pour acquérir une part minoritaire qui atteindra 15 % à l’issue de la prochaine saison.
Mais la mise en œuvre de cette vision reste incertaine. Lorsque Carlo Ancelotti est arrivé au PSG, une dynamique s’est mise en place. Avec Kombouaré, on a cependant l’impression que le futur est reporté, que les besoins immédiats nuisent aux ambitions à long terme – le club est pour l’instant en suspension. Les décideurs ont choisi de jongler avec les urgences, espérant qu’avec le temps, le club pourra renaître de ses cendres.
Points à retenir
- Gilli a été remercié après un match nul, ce qui montre que la patience n’est pas une vertu des dirigeants du Paris FC.
- Kombouaré a l’étiquette de pompier ; on espère simplement qu’il soit en mesure d’éteindre les incendies.
- Le court-termisme pourrait bien être le handicap principal du Paris FC dans ses ambitions de renouveau.
- Le partenariat avec Red Bull promet d’être intéressant à suivre, mais son impact reste à définir.
- La saison est encore longue, mais chaque match compte pour le maintien et la réputation du club.
En conclusion, je ne peux m’empêcher de me demander combien de temps un club peut naviguer sans une vision claire et cohérente. La gestion des urgences et la volonté de couler des fondations solides sont, me semble-t-il, deux éléments antithétiques dans le monde moderne du football. À nous de rester vigilant sur l’évolution de cette situation, car la passion et les enjeux sportifs méritent d’être accompagnés d’un véritable projet de développement.