Anticor a saisi le procureur de Paris concernant Nasser al-Khelaïfi pour des intérêts jugés illégaux liés aux discussions sur les droits télé de la Ligue 1 2024, selon L’Équipe. Le président du PSG, qui dirige également beIN Media Group et siège au conseil de la LFP, est soupçonné d’avoir fait pression sur d’autres présidents pour favoriser l’offre de beIN.
Anticor a déposé son rapport le 3 mars, accusant al-Khelaïfi d’utiliser ses multiples fonctions pour influencer le conseil de la LFP en faveur de l’entreprise qu’il dirige.
Au cours de l’été 2024, Vincent Labrune visait 700 millions d’euros pour les droits nationaux, mais les négociations se sont effondrées. Les options se sont alors réduites à une chaîne LFP ou un plan DAZN d’une valeur de 400 millions d’euros par an pour huit matchs, avec beIN prenant le neuvième pour 78,5 millions. Les clubs ont soutenu cette voie le 14 juillet 2024.
Des enregistrements ultérieurs ont révélé des échanges tendus. Certains louaient les 100 millions supplémentaires offerts par beIN, tandis que d’autres accusaient al-Khelaïfi d’intimidation et de conflit d’intérêts alors qu’il se présentait comme président du PSG et critiquait LFP Media.
À la fin de la saison 2024-2025, DAZN s’est retiré. beIN, mécontent de son package, a déclaré avoir payé pour un choix de seconde zone plutôt que les meilleures sélections attendues. La LFP a lancé Ligue 1+ durant l’été 2025, attirant des abonnés mais générant des revenus limités. beIN cessera de diffuser les matchs uniques après cette saison, tout en continuant à montrer la Ligue 2 pour 40 millions d’euros par an.
Le camp d’al-Khelaïfi qualifie la plainte d’absurde, arguant que des clubs et des hommes politiques ont fait pression sur beIN, citant le contrôle de Yousef al-Obaidly sur beIN Sports France et son exclusion en 2024.
Points à retenir
- La saisie d’Anticor pourrait ouvrir un nouvel épisode d’audits dans le monde du football.
- La lutte pour les droits TV semble être aussi complexe qu’une partie d’échecs entre deux grands maîtres.
- Les présidents de club, parfois, ne se gênent pas pour jouer à la roulette russe avec l’éthique.
- beIN et DAZN, deux géants, mais qu’en est-il de la loyauté envers leurs partenaires?
- L’école française du sport pourrait envisager de réécrire quelques leçons sur les conflits d’intérêts.
En tant qu’observateur engagé, je ne peux m’empêcher de me demander où se situent les limites de l’intégrité dans le monde du sport. Est-il encore possible de combiner activité lucrative et éthique, ou assistons-nous simplement à une partie de poker où chacun essaie d’augmenter son stack? Notre fascination pour le football ne doit pas masquer ces questions fondamentales. Dans un monde où les enjeux économiques prennent le pas sur la passion authentique, que peut-on vraiment espérer pour l’avenir de notre sport?