Le président de la FIFA, Gianni Infantino, a dévoilé mardi un projet visant à créer une société de 20 milliards de dollars pour gérer la Coupe du Monde avec des investisseurs privés, dont la famille Kushner. Le tout a été accueilli par une puissante réplique de l’UEFA, qui affirme que « le football n’appartient à personne à vendre ».
Selon The Times, ce plan passerait par une filiale commerciale baptisée FIFA Forward Enterprise (FFE), chargée d’organiser des compétitions comme la Coupe du Monde et la Coupe du Monde des clubs. FIFA précise que FFE pourrait lever jusqu’à 4,2 milliards de dollars en fin d’année pour financer des programmes de développement, en s’appuyant sur une valorisation initiale estimée à 20 milliards et sur des investisseurs qui achèteraient des participations minoritaires et non majoritaires.
Le projet est présenté comme une démocratisation potentielle du football à l’échelle mondiale, avec une mention d’un processus de concertation en cours. En revanche, l’UEFA a insisté sur le fait que l’essence du football ne peut pas être traitée comme un actif à vendre, et a dénoncé le transfert potentiel de pouvoirs financiers et décisionnels.
Pour les fédérations nationales, FIFA promet un accès à des fonds via le « FIFA Fast-Forward Program ». Plutôt que les 8 millions de dollars par fédération prévus dans le cycle 2027-2030, le programme viserait à proposer 20 millions, puis 22 et 24 millions lors des cycles suivants. Le tout s’inscrirait dans une gestion où FIFA conserverait le contrôle exclusif sur FFE ainsi que sur le calendrier des compétitions et les décisions réglementaires.
Ce sujet s’ajoute à des questionnements sur l’intégrité des compétitions, déjà évoqués lors du Mondial et par certaines fédérations européennes et instances internationales.
Par ailleurs, Infantino n’en est pas à son premier effort dans ce registre: une tentative similaire, en 2018, avait été envisagée avec SoftBank pour mettre en place de nouvelles compétitions mondiales, dont une version élargie de la Coupe du Monde des clubs. Cette proposition avait été fortement contestée par l’UEFA et n’avait pas abouti. Des liens plus proches avec certains États ont toutefois persisté, notamment avec l’Arabie saoudite, qui doit accueillir la Coupe du Monde masculine en 2034 et a soutenu le Club World Cup renouvelé.
Quant à l’avenir d’Infantino, l’analyse autour des résultats financiers du Mondial récent laisse entrevoir une réélection probable pour un quatrième et dernier mandat jusqu’en 2031. Des spéculations évoquent aussi un rôle similaire à celui de « commissaire » pour diriger la nouvelle entité FFE, suggestion ni confirmée ni officialisée par la FIFA, qui précise que, si ce projet est retenu, le président de la FIFA et l’administration y joueraient des rôles de premier plan. Aucune échéance précise n’a été annoncée pour les décisions, et une séance du Congrès en ligne est programmée le 23 novembre pour confirmer les hôtes des futures éditions féminines du Mondial (2031 et 2035).
Bon à savoir
– Le cadre proposé prévoit une gouvernance où FIFA conserve le contrôle de FFE et les décisions stratégiques, tout en ouvrant une part de financement à des investisseurs privés non majoritaires.
– Le financement envisagé passe par des levées pouvant atteindre plusieurs milliards, avec des montants spécifiques destinés à aider les fédérations via le programme dédié jusqu’en 2038.
– UEFA et d’autres acteurs du football européen mettent en avant les risques potentiels pour l’intégrité et la transparence du sport si le football devenait largement dépendant de capitaux privés.
– Le montant des revenus générés par le Mondial 2026 est mentionné comme contexte, mais l’équilibre financier pour les futurs projets reste incertain et sujet à de multiples variables, y compris les coûts et les cohôtes envisagés pour 2030.
– L’évolution du projet dépendra des votes des fédérations nationales et de l’issue des consultations publiques menées par la FIFA.
– L’orientation future du leadership de la FIFA et le rôle de son président dans cette initiative restent des points à clarifier lors des discussions et des assemblées à venir.