mar. Juil 28th, 2026
Le petit-fils boxeur d'Idi Amin vise à devenir le nouveau Roi d'Écosse lors des Jeux du Commonwealth

Aziz Abdul n’a jamais rencontré son grand-père. Dictateur militaire, il est mort en exil alors que le jeune Aziz n’était qu’un tout petit enfant. Son nom: Idi Amin.

Dans le monde, on le connaissait aussi sous un autre sobriquet: le Boucher de l’Ouganda.

Prenant les rênes du pays après un coup d’État en 1971, Amin devient le troisième président de l’Ouganda et dirige un régime brutal pendant huit années. On estime qu’environ un demi-million de personnes ont été tuées et que la population asiatique du pays a été expulsée.

Il a été marié six fois et a eu environ 60 enfants – ou du moins autant qu’il en a reconnu. Parmi eux figure Abdul.

Cette semaine, le boxeur de 25 ans se trouve parmi les quelque 3 000 athlètes présents à Glasgow, une silhouette parmi d’autres survêtements lors des Jeux du Commonwealth. Mais rares sont ceux qui héritent d’une telle lignée, surtout pour un champion du poids super-lourds.

Abdul affrontera mercredi Damar Thomas, de l’Angleterre, en quart de finale de la catégorie >90 kg, sachant qu’une victoire lui garantira au moins le bronze et ferait de lui le premier médaillé de boxe de l’Ouganda aux Jeux du Commonwealth depuis Auckland en 1990.

Le fait que cela se passe à Glasgow prend une résonance particulière.

Le despote Amin nourrissait une fascination pour l’Écosse après avoir servi dans les King’s African Rifles dans sa vingtaine. Au sommet de son régime, il aimait porter un kilt et jouer du cornemuse — et s’était même autoproclamé « Roi d’Écosse » en 1976.

Quelques années plus tard, ces penchants ont même donné naissance à un film oscarisé, The Last King of Scotland, avec Forest Whitaker et James McAvoy.

Alors, que signifierait pour Abdul — surnommé Ringo — remporter l’or à Glasgow ?

« Dans tout ce que nous faisons, Dieu sait ce que demain nous réserve », a-t-il confié à BBC Sport Scotland. « C’est le plan de Dieu. Je pourrais être le nouveau Roi d’Écosse. C’est possible. »

« À mon arrivée, j’ai hissé le drapeau, parce que j’aime tellement l’Écosse », a-t-il ajouté.

Points à retenir

– Un athlète de 25 ans porte dans son sang une histoire familiale lourde et complexe, avec des répercussions qui dépassent le seul sport.
– Une éventuelle médaille de bronze offrirait à l’Ouganda son premier podium en boxe aux Jeux du Commonwealth depuis 1990.
– Le contexte de Glasgow rappelle l’alliage entre performance sportive et mémoire historique, avec les échos d’un passé controversé.
– Les liens avec l’imaginaire écossais, nourris par Amin, donnent à ce récit une dimension culturelle et symbolique.
– Le parcours de Ringo illustre comment le sport peut servir de passerelle entre héritages personnels et ambitions nationales.
– Le récit invite à réfléchir sur les responsabilités qui accompagnent la célébrité sportive lorsque celle-ci s’appuie sur des héritages difficiles.

Pour ma part, ce qui frappe, c’est que le ring devient aussi un lieu de mémoire. Le sport n’est pas seulement une question de technique et de victoire, mais aussi de contexte et de récit transmis. Je suivrai avec attention les évolutions de ce combat et les résonances qu’il peut avoir, tant sur le plan individuel que collectif. En tant que journaliste, je m’engage à continuer d’examiner comment les héritages du passé influencent les trajectoires présentes, et comment le public peut lire ces histoires au-delà du simple résultat.


Partager : X Facebook WhatsApp LinkedIn Reddit

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *