mar. Juil 28th, 2026
Pogacar a mis Pantani et Armstrong à la même hauteur : ça serait fini en une ligne

La Tour de France 2026 a très vite pris des allures de scénario déjà vu… mais en version encore plus spectaculaire : presque chaque étape ressemblait à un événement, les coureurs ont accumulé les records, et Tadej Pogacar a signé une victoire aussi dominante qu’assez rare dans le peloton, avec en prime une image qui tranche par sa simplicité.

Dans son podcast « Ullle & Rick », la légende du cyclisme Jan Ullrich s’est montré particulièrement enthousiaste. Et ce n’est pas seulement pour les performances : il livre aussi un regard intéressant sur l’évolution du cyclisme depuis ses années de coureur. Selon lui, il aurait même pu être beaucoup plus rapide à l’époque actuelle, grâce aux méthodes modernes — sans avoir besoin de s’attarder sur d’autres sujets que ceux de la préparation et de l’optimisation.

Ullrich sur Pogacar : « La meilleure performance sur le Tour »

« Cette Tour était une Tour à superlatifs », résume Ullrich. Son partenaire de podcast, Rick Zabel, a été encore plus direct à propos de Pogacar : « Je pense qu’il aurait pu gagner huit étapes. »

Les deux hommes ont aussi été marqués par une ascension qui a fait parler d’elle : la montée record vers l’Alpe-d’Huez. Pogacar y a largement effacé un ancien temps de référence associé à Marco Pantani (37 h 35 min contre 35 h 27 min, pour être précis sur le temps annoncé dans les échanges).

Ullrich insiste : « Là, il a montré ce qu’il avait vraiment dans les jambes. C’était la meilleure performance du Tour de France. Il part, il appuie jusqu’au sommet… et c’est exactement ce que Pogacar sait faire. »

Pogacar, le « GOAT » du cyclisme selon Ullrich

Le vainqueur du Tour 1997 va plus loin : pour lui, Pogacar a encore de la marge. « Il pourrait gagner le Tour avec dix minutes d’avance sur le deuxième s’il décidait de le faire », estime Ullrich.

Et si on demande qui est le meilleur de tous les temps, sa réponse est claire : « Les spécialistes sont d’accord : Pogacar a transformé le cyclisme et c’est le meilleur de tous les temps. C’est aussi mon avis. »

Ullrich se dit même presque soulagé de ne pas avoir eu, dans sa carrière, à affronter un duel direct au sommet contre le coureur slovène : « Un Pogacar moderne nous aurait tous “roulés” à l’époque… Pantani, Armstrong et moi. »

Ullrich sourit : « Pourquoi on n’y a pas pensé avant ? »

Pour Ullrich, le changement le plus marquant touche la logique quotidienne d’une équipe. Sur la durée, « le cyclisme a énormément évolué ». Certaines choses paraissent aujourd’hui évidentes, mais auraient été impensables dans ses années de coureur.

Il enchaîne avec un exemple à la fois sérieux… et hilarant : « Je me demande pourquoi on n’a pas eu l’idée de mettre des glaçons dans le maillot pour se refroidir. » Puis il ajoute, non sans ironie : « Et je roulais environ un tiers de mes kilomètres… pour rien. Autant dire que je pouvais m’économiser ça. »

La différence, selon lui : aujourd’hui, les équipes optimisent tout — la gestion de la température pendant l’étape, l’alimentation, et surtout la récupération. Quand lui s’entraînait, c’était davantage une question de sensation. Désormais, chaque séance est pensée à partir de données. Et Ullrich en conclut que les coureurs peuvent tirer plus de performance à potentiel équivalent.

« Je suis sûr que dans la version actuelle, j’aurais été beaucoup, beaucoup mieux que dans le passé », affirme-t-il. « Celui d’avant, sans aucun doute, aurait pu être bien plus performant avec les mesures et les moyens d’aujourd’hui. »

« Un des plus beaux arrivés de Paris »

Les compliments se sont aussi portés sur la dernière ligne droite, vécue de près par Rick Zabel à Paris. « C’était hier le moment le plus incroyable que j’aie vécu en tant que fan de cyclisme. Je dois vraiment dire ce qui s’est passé sur les 500 derniers mètres : c’était tout simplement… la folie », raconte-t-il.

Il poursuit : « On entendait un niveau sonore comme quand une vague passe. J’ai vraiment eu des frissons. C’était un des meilleurs fins de Tour de France de tous les temps. »

Ullrich a eu une réaction similaire, même depuis son canapé : « On ne pouvait pas faire plus excitant. J’ai crié devant la télé. Le scénario était parfait. Cette arrivée collait exactement à cette Tour “à superlatifs”. »

Points à retenir

  • Pogacar est décrit comme un coureur capable d’actions qui changent la course, pas seulement de gagner : quand il accélère, tout le reste suit difficilement.
  • Le moment marquant cité par Ullrich : une montée où le niveau de performance écrase une référence ancienne, et met tout le monde d’accord sur “l’intensité” du jour.
  • Le cyclisme d’aujourd’hui est présenté comme plus finement piloté : refroidissement, nutrition, récupération… même les petits détails deviennent des leviers.
  • La “blague” des glaçons dans le maillot dit finalement une chose simple : on a remplacé une partie du feeling par des outils, des protocoles et des données.
  • Et l’arrivée à Paris, dans les témoignages, renvoie à une idée : quand une Tour est déjà exceptionnelle, le final peut sembler “écrire tout seul” — ce qui arrive rarement… donc on remarque.

À mes yeux, ce que raconte Ullrich dépasse Pogacar : c’est l’image d’un sport qui a changé de rythme, de méthode et d’attente. Et moi, en journaliste, je trouve intéressant que la discussion se tienne à la fois sur la performance et sur l’évolution des pratiques — parce que le cyclisme n’avance pas uniquement avec des jambes, il avance aussi avec une façon de penser. Bref : la question n’est pas seulement “qui a gagné”, mais “comment on gagne aujourd’hui” — et ce que ça dit du futur du sport, avec un regard de citoyen exigeant.


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