Ben Griffin et Nick Taylor arrivaient au troisième tour du Memorial Tournament 2025 samedi, ex æquo en tête, avec deux coups d’avance sur le reste du peloton et trois sur le champion en titre, Scottie Scheffler, qui n’était jamais loin dans la course. Dix-huit trous plus tard, Scheffler n’est plus dans l’ombre : il prend désormais seul la tête après un troisième tour sans bogey en 68 coups, portant son score à -8 sur ce parcours exigeant de Muirfield Village, à Dublin, Ohio.
À mi-parcours du « Moving Day », Griffin semblait pouvoir creuser un écart significatif. Des birdies aux trous 6, 7 et 8 le plaçaient à -10, soit cinq coups devant Taylor et six devant Scheffler, ce dernier accumulant neuves pars sur la première moitié du parcours.
Mais le tournoi bascule ensuite. La dynamique de Griffin s’effrite brutalement avec quatre bogeys consécutifs, le ramenant à -6 au total. Scheffler, patient, enchaîne 13 pars, puis s’offre deux birdies aux trous 14 et 15 pour rejoindre Griffin à -6.
Griffin réplique en réussissant les mêmes birdies sur les trous 14 et 15, reprenant deux coups d’avance à -8. Toutefois, Scheffler n’a pas dit son dernier mot : il conclut brillamment en birdie aux 17e et 18e trous, terminant son parcours avec un superbe putt parfaitement centré.
Cette carte de 68 sans bogey est une première pour Scheffler en 19 tours joués à Muirfield Village, un exploit remarquable compte tenu des conditions difficiles.
« Aujourd’hui, c’était un combat », confiait Scheffler. « Les conditions étaient rudes, avec beaucoup de vent. J’ai beaucoup bien joué en début de parcours mais sans grand résultat direct, beaucoup de balles frôlant les bords des trous. J’ai juste essayé de rester concentré et de tirer le meilleur de cette journée compliquée. La fin a bien tourné pour moi, ce qui a fait une belle carte. »
Griffin, de son côté, n’a pas su conclure sur une note positive, concédant un bogey au 18 après avoir raté un putt de par court sous la pression, ce qui le ramène à -7 avec une carte en montagnes russes à 72 coups. Dimanche, il devra donc poursuivre la chasse au numéro un mondial s’il veut espérer un doublé.
Le leader
1. Scottie Scheffler (-8) : Samedi a illustré ce qui fait la force de Scheffler ces dernières années : sur un parcours et des conditions dures, il n’a jamais paniqué ni perdu sa stratégie. Malgré un début sans birdie, il a maintenu le cap, créant des occasions jusqu’à un retour en force au putting en fin de journée.
Cet état d’esprit le place solidement en tête, sur un parcours où il est compliqué de scorer. Pour ses poursuivants, battre Scheffler exigera un effort hors norme car le champion ne perd pas souvent ses moyens.
Autres prétendants
2. Ben Griffin (-7)
3. Nick Taylor (-5)
T4. Jordan Spieth, Sepp Straka, Keegan Bradley (-3)
T7. Rickie Fowler, Patrick Cantlay, Shane Lowry (-2)
Griffin peut regretter son dernier trou, mais il reste un candidat sérieux malgré les hauts et les bas du jour. Sa capacité à scorer à Muirfield sera clé dimanche, à condition d’éviter de replonger dans une série de bogeys comme au milieu de son troisième tour. Car Scheffler, même avec un ou deux bogeys, sait garder une carte propre.
Taylor, auteur d’une solide carte à 74, a évité la débâcle grâce à un eagle au 15e trou, réussissant à revenir à trois coups du leader. Pour espérer, il faudra qu’il descende dans les 60 dimanche.
Sepp Straka a signé la meilleure carte du jour avec 66, grimpant de 27 places au classement, tandis que Bradley a progressé de 14 places avec un 68. Ces deux joueurs visent un top 5 et une belle récompense financière.
Enfin, Spieth, un temps en lice à -5, a connu un finish en dents de scie avec deux bogeys consécutifs aux 17 et 18, terminant à -3 et illustrant bien son style imprévisible avec six birdies, six bogeys et six pars sur ce troisième tour.
Points à retenir
- Scottie Scheffler démontre une nouvelle fois son calme légendaire face aux défis de Muirfield Village, où la précision et la patience priment plus que la puissance.
- Ben Griffin, bien que brillant, a payé cher ses quatre bogeys d’affilée, rappelant que le golf peut parfois être un sport cruel et imprévisible.
- Nick Taylor a fait preuve d’une étonnante résilience : un double bogey au 12 suivi d’un eagle au 15, la montagne russe émotionnelle du golf en un seul parcours.
- Le parcours ne pardonne pas, comme en témoigne Jordan Spieth, dont la carte ressemble à un terrain de jeu pour montagnes russes avec autant de hauts que de bas.
- Sur ce tournoi, il ne suffit pas d’avoir du talent, il faut surtout savoir ne pas perdre la tête. Precision et régularité sont les maîtres-mots, mais parfois un bon coup de chance n’est pas refusé non plus.
Au final, voilà une compétition qui tient la promesse d’un dernier tour palpitant. Mais entre nous, si Scheffler continue son sans-faute, il va bien falloir sortir le grand jeu (et peut-être un peu de théâtre) pour l’empêcher de ramener le trophée chez lui une fois de plus. Allez, dimanche, rendez-vous sur le green, ça promet d’être épique… ou soporifique, mais bon, on aime ça quand même, non ?